« Retour au blog de aprt

Le mot « cowan » revisité - Partie 1: Burgus et Paganus par Francine B.(APRT Québec-Canada)

 Le mot « cowan »  revisité - Partie 1: Burgus et Paganus  par  Francine B.(APRT Québec-Canada)

à partir de l'article de

Renaissance Traditionnelle N°9
Tome III Janvier 1972. p13

et

des divers échanges dans le courrier des lecteurs entre
Joannis Corneloup et René Guily,
parus dans la revue.




« Ce ne sont pas les voyelles qui créent des traditions,
mais l'attachement à des pratiques. »
- Joël Jacques



Pour bien des gens et de nombreux de Maçons, il est futile de chercher à comprendre l'origine socio/logique d'un symbole puisque le sens primordial est considéré a priori comme immuable, intemporel et universel et que, de ce fait, sa dénaturation est inconcevable. La valeur agissante du symbole résiderait donc dans la faculté de chaque Maçon de l'actualiser – de lui donner vie - de telle manière qu'il devienne cohérent, voire compatible, par rapport à sa propre nature. Ainsi, dès son initiation, l'apprenti entre dans un lieu hors du temps et de l'espace, là où « tout est symbole » ; dès lors, il est amené à s'approprier le sens des signes qui s'offrent à lui pour en faire les outils de sa transformation, sondant la vérité intime de sa propre nature sans jamais remettre en question celle du symbole.

Dans le domaine juridique, la dénaturation relève d'un pouvoir souverain d'interpréter et de modifier le sens d'une loi ou d'un principe afin de le rendre compatible avec les principes d'une convention. Force est de constater que - l'esprit du siècle l'emportant parfois sur la Tradition - il en fut de même en Franc-maçonnerie : soumis, lui aussi, au pouvoir souverain de la Loge, le sens donné à certains mots anciens, jugés incohérents ou incompatibles avec la modernité, a souffert d'une dénaturation portée par les m½urs et les philosophies. C'est ainsi que, privés de leur essence originelle et féconde, quelques signes et mots du terroir écossais, comme l'ancienne désignation cowan, ont fini par mourir dans une Chaîne d'Union qui se voulait de plus en plus universelle.


Francine Bernier
Pour les Amis Provençaux de Renaissance Traditionnelle
Montréal, 13 février 2008


*******

Le mot cowan revisité


Partie I : Burgus et Paganus


L'origine et la signification de ce mot ont suscité bon nombre de discussions, mais tous les historiens, maçons ou non, ont admis qu'il était propre à la Franc-maçonnerie et employé uniquement en Écosse et ce, depuis au moins le XVIe siècle. Ce que l'on sait, cependant, c'est que ce terme, tombé en désuétude depuis plus d'une centaine d'années, désigna d'abord le maçon qui construisait des murs de pierres sèches, sans joints ni mortier, puis celui qui n'avait pas complété un apprentissage selon les règles établies et enfin, celui qui n'avait pas « reçu le mot de Maçon ».

Le débat sur le sens et l'origine de ce mot fut relancé dès le premier numéro de la revue Renaissance Traditionnelle, paru en janvier 1970. Le fondateur et rédacteur en chef de la revue, René (Guilly) Désaguliers, publia un article, intitulé Notes sur le serment maçonnique du 1er grade, dans lequel il écrivit que « le maçon sans le mot [n'était] qu'un cowan, » précisant, dans une note en bas de page, que « la meilleure traduction en français de ce mot difficile nous paraît être man½uvre. » Dans le numéro suivant (avril 1970, p 165-7), le Frère Joannis Corneloup (1888-1978), auteur (1) de nombreux essais publiés dans le bulletin du Grand Collège des Rites dont il fut Grand Commandeur ad vitam, répliqua qu'il « serait une grave erreur » de traduire par man½uvre le mot cowan, « pour la raison majeure que le mot cowan a un sens essentiellement péjoratif, alors que le mot manoeuvre ne préjuge nullement, ni de la valeur morale de l'ouvrier, ni de l'exécution bonne ou mauvaise du travail à lui confié. »

Le mot cowan, tel qu'employé en Franc-maçonnerie, a effectivement une connotation péjorative, mais cela ne signifie pas qu'il en fut toujours ainsi. En fait, Corneloup posa lui-même la pierre angulaire du problème, mais sans l'approfondir : « la sémantique tient compte des analogies, des associations d'idées qui peuvent naître de certaines similitudes de sons ». Ainsi, se demandait-il, « n'est-il pas remarquable que la prononciation du mot français couenne [terme péjoratif du compagnonnage] soit très proche, sinon identique, de celle de l'anglais cowan ? ». Et de là, Corneloup en vint à proposer une possible « importation en Écosse, par d'anciens archers, du mot couenne dont la graphie serait devenue tout naturellement cowan pour se conformer à la phonétique anglo-saxonne. »

Une histoire de convention et de convenance

Bien qu'elle soit logique, l'hypothèse de Corneloup évacue tout de même une réalité sociologique à la base même du problème sémantique : le phénomène d'adaptation par consonnance par lequel le sens initial d'un mot étranger, dans un contexte d'acculturation, peut être perdu, modifié ou même dénaturé.

Il est pour le moins surprenant qu'un historien du calibre de Corneloup ait gardé sous silence l'existence du mot anglais covin, phonétiquement identique à cowan. En effet, ce mot apparaît en Angleterre dans un amendement de 1360 apporté au Statute of Labourers (loi sur le travail) de 1351 : cette nouvelle disposition annulait tout covin, c'est-à-dire les assemblées annuelles (l'équivalent des convents aujourd'hui) et, par extention, les serments et les conventions secrètes liant des maçons ou des charpentiers. Ce mot que certains croient d'origine française - de couvine, covine (2) - vient en fait du latin convenire (convenir, accepter), qui a aussi donné convention et convent. Mais il a suffi de cette brusque interdiction pour donner au terme covin la connotation négative de combine, tromperie, faux travail ou fraude parce qu'une telle convention, bonne ou mauvaise, se faisait sub rosa. D'ailleurs, le mot covin susbiste encore aujourd'hui dans le jardon juridique anglais, pour désigner un contrat frauduleux.

Cependant il est essentiel de tenir compte du contexte entourant l'emploi de ce mot en Angleterre : la grande peste (1348-50) ayant fait de nombreuses victimes parmi les ouvriers qualifiés, deux lois, la Ordinance of Labourers de 1349 et le Statute of Labourers de 1351, avaient interdit aux paysans de quitter leur village tout en imposant un gel des salaires (3). Or, devant un besoin criant d'ouvriers, certains employeurs de Londres n'hésitaient pas à défier la loi en offrant de généreux salaires aux paysans qui, devant la nécessité d'assurer leur propre subsistance, accepteraient, à titre de freemen, de venir exercer dans la capitale leur métier de maçon ou de charpentier. Bien que l'employeur était l'instigateur du délit, seul le paysan qui acceptait de désobéir à la loi était menacé d'emprisonnement. On comprend donc qu'il ait dû garder un tel covin sous le sceau du secret, de connivence avec l'employeur, et c'est précisément ce que visait à interdire l'amendement de 1360. Quant à l'employeur, n'étant pas ciblé spécifiquement dans cet amendement, il n'avait pas rien à craindre, d'autant plus que la décision d'engager qui que ce soit lui appartenait.

Il faut savoir aussi que, jusqu'en 1351, tous les maçons anglais, sans distinction de rang, étaient appelés caementarii - ce qui signifie qu'ils utilisaient du ciment ou du mortier et, de ce fait, tous gagnaient le même salaire. Mais le Statute of Labourers de 1351 changea cela, en reconnaissant désormais deux classes de maçons : le « master free-stone mason » (4) , le mieux payé de tous les artisans, et l'autre que l'on considérait dès lors égal au maître charpentier et au tuileur, tous touchant le même salaire inféreur. (5)

Comme nous l'avons expliqué, le terme covin employé dans l'amendement de 1360 faisait référence aux conventions et assemblées secrètes, principalement celles impliquant des maçons ou des charpentiers. Cet amendement fut sans doute exigé par les compagnies de Londres qui n'avaient aucun pouvoir pour empêcher l'embauchage frauduleux (covinus) d'artisans 'étangers' de classe inférieure à des salaires plus élevés que les leurs. Mais il reste que cet amendement s'appliquait à tous les maçons et charpentiers, peu importe leur origine. Nous pouvons donc penser que la notion implicite de fraude présumée, associée à tout covin, visait d'abord et avant tout les maçons et charpentiers qui, incapables d'assurer leur subsistance dans leur village, venaient travailler au noir dans une grande ville et ce, au péril de leur propre liberté. Cela ne signifie pas pour autant que ces paysans étaient incompétents, inférieurs ou indiscrets (« eavesdropper »).

Nous serions tentés de conclure que cowan était une adaptation scot gaélique du mot anglais covin, comme le croyait George Kenning (6), puisque l'emploi de cowan n'est attesté qu'en 1598, dans les premiers Statuts de Schaw, et qu'il fut employé en Angleterre dès 1738, dans la deuxième version des Constitutions d'Anderson. Mais cela ne signifie toujours pas qu'il n'y avait pas eu en Écosse des cowans, avec un sens différent, avant 1360.

Le contexte historique entourant l'introduction du terme covin en Angleterre nous permet au moins de comprendre comment aurait pu débuter une guerre de droits et privilèges entre deux classes d'ouvriers, l'une urbaine, l'autre paysanne : d'un côté, le fier gardien d'une forteresse (burgus), d'un savoir avancé, le maçon honnête, régulé et fiable, élevé au statut de maître par l'instruction, mieux payé que les autres, et le seul digne d'½uvrer au progrès de la Cité ; et de l'autre, le païen (paganus), primitif et autodidacte, issu d'une contrée sauvage, sans élévation morale, capable de mentir ou de voler, ne sachant ni lire ni écrire, ignorant et inférieur car sa tradition était orale et sa technique, rudimentaire. En somme, l'élite savante versus le vulgaire - ou plutôt le coen, terme phonétiquement identique à cowan, couramment employé à Londres durant le XVIIe siècle, particulièrement au sein des corporations des métiers du bois, pour désigner le commun des hommes. (7)

À ce stade-ci, rien ne nous permet de déterminer lequel des trois pays – la France, l'Écosse ou l'Angleterre – emprunta à la langue de l'autre, mais sachant les liens historiques franco-écossais, il est à peu près certain que le mot cowan résulte d'un transfert par consonnance d'une langue ou culture à une autre. Cependant, il est loin d'être établi que cowan soit une adaptation phonétique du mot couenne ou d'un autre mot français, comme couvine, ou covin en anglais, ou encore du mot grec kuon (chien), tous à connotation négative. Une exportation écossaise en France est tout aussi possible, et même probable, puisque le mot cowan, dans cette graphie du moins, ne fut employé qu'en Écosse jusqu'au XVIIIe siècle et, pour reprendre l'argument de Corneloup, des milliers d'archers écossais sont venus en France durant la première moitié du XVe siècle, et par la suite, bon nombre d'entre eux ont été recrutés pour former la Garde d'élite du roi de France, basée à Saint-Germain-en-Laye. Jusqu'en 1560, année où l'Écosse, devenue protestante, se retira par le Traité d'Edimbourg de la Vieille Alliance - Auld Alliance en scot-gaélique, ou plutôt en gàidhlig) – les Français et les Écossais avaient bénéficié de la double citoyenneté, ce qui favorisa de nombreux emprunts de l'une et l'autre culture, particulièrement au niveau de la langue. Autrement dit, le mot couenne, par exemple, aurait pu résulter de la francisation du mot cowan et celui-ci, n'être que la forme anglicisée d'un mot gaélique plus ancien, sans péjoration, qui aurait été exporté en France par des archers écossais. (8)

Le particularisme insulaire

Dans une lettre publiée dans le numéro 5 de Renaissance Traditonnelle, paru en janvier 1971, Roger du Mesnil-Rault rapporta des éléments non négligeables, en réponse au commentaire de Corneloup. Se basant sur une minute de 1707 de la loge de Kilwinning, laquelle définissait le cowan comme un « maçon sans le mot », en d'autres termes un profane, Mesnil-Rault souligne la possibilité d'une origine gaélique, issue de la région de l'Abbaye (et de la loge-mère) de Kilwinning :

« L'Abbaye de Kilwinning se trouve dans le Nord du comté d'Ayr, à 5 km au N.-N.-O. d'Irvine. En ce début du XVIIIe siècle, elle est située dans une région où l'on n'emploie que le dialecte angle (qui a d'ailleurs fait de nombreux emprunts au gaélique), mais elle est proche de régions où l'on parlait alors le gaélique : le Carrick (tiers méridional du comté d'Ayr, et le Galloway (comtés de Kirkcudbright et de Wigtown) au Sud ; les monts Glenkiln, au Sud-Est; les High lands au Nord ; et les îles à l'Ouest. »

Mesnil-Rault devient plus précis : il souligne l'existence de l'ancien mot gaélique cumhann, phonétiquement identique au mot cowan, de même que les variantes cumhang, en gaélique irlandais, et coon et coe, en dialecte mannois, tous, dit-il, signifiant détroit, étroit, resseré, contracté.

« Parmi toutes les formes des langues celtiques, seule la forme cumhan du gaélique d'Écosse peut se transcrire phonétiquement par cowan, selon la graphie anglaise. Parmi tous les sens pris par cette racine dans les diverses langues néo-celtiques, tant gaéliques que brittoniques, seul le gaélique d'Écosse a la valeur narrow-minded qui correspond bien à notre conception du profane. Ainsi, phonétique et sémantique paraissent bien postuler l'origine écossaise et gaélique de ce mot attesté depuis 1707. »

Mesnil-Rault relève bien la notion d'étroitesse d'esprit qui était associée au cowan en Franc-maçonnerie, mais il ne tient pas compte du sens premier, non-figuratif, attribué à cumhan : détroit, passage étroit et contracté, dont l'un des dérivés est cumhant, signifiant contrat, convention - c'est-à-dire « un engagement entre deux ou plusieurs personnes », « une convention par laquelle des parties s'engagent, s'obligent à respecter certaines choses » ou un « accord de volonté entre deux ou plusieurs personnes physiques ou morales, par lequel elles s'engagent à faire ou à ne pas faire quelque chose » (9). Cela correspond à la définition donné au mot anglais covin dans l'amendement de 1360 du Statute of Labourers, ce qui ne peut être un simple hasard. Par contre, la notion de fraude, de convention secrète, associée aux termes covin et cowan étant la même, il est probable qu'elle provient d'une confusion entre deux mots irlandais ou gaéliques similaires. En effet, on ne peut ignorer les proches variantes camhan et cabhan en irlandais, signifiant creux, cave ; cùmhnant, mot gaélique signifiant convention, contrat et entente, que les Anglais ont traduit par covenant ; et cumha qui signifiait à la fois deuil et condition, cadeau, pot de vin, marquant la corruption. En anglais, plusieurs de ces variantes ont été traduites par hollow (creux), terme qui a toujours eu le second sens péjoratif de parole vide ou creuse, de fausse promesse. N'est-ce pas similaire à l'interprétation biaisée qu'on a pu donner aux mots convin et cowan alors que le sens initial ne faisait référence qu'à un contrat ou une convention, sans péjoration ?

Mesnil-Rault avait consulté le MacAlpine's Pronouncing Gaelic Dictionary (1942), l'un de plusieurs ouvrages qui font autorité en la matière (10), mais le nouveau dictionnaire scot gaélique de Colin Mark (2003) (11) apporte une précision sur l'emploi vernaculaire du mot cumhang, issu de la même souche irlandaise que cumhann : en plus de signifier détroit, étroit, étouffer, tel que le rapportent MacBain (1982) et MacFarlane (1912), la forme adjective est synonyme de « insulaire, illibéral (idées)» alors que le nom désigne un passage, une gorge étroite ; il n'existe aucun verbe dérivé. En d'autres termes, le cumhang est l'insulaire qui, en étant coupé du monde, éloigné de la modernité ou des grands centres, se distingue par ses idées conservatrices et ses valeurs traditionnelles. En anglais, cumhang se traduit par defile, gorge ou passage étroit. Or, en anglais, defile est aussi un verbe signifiant corrompre, maculer, salir, ternir (réputation), violer, débaucher - sens inexistant en gaélique. On peut donc penser que de toutes les variantes gaéliques relevées, cumhang est la source originelle du mot cowan, mais que le sens fut dénaturé de façon négative par l'anglicisation dans les grandes villes.

Le cowan d'origine était probablement un maçon insulaire, un freeman travaillant sans mortier pour des raisons pratiques, dont la tradition était orale et transmise de père en fils. Nous prenons pour argument le fait qu'en 1790, alors que le mot cowan préjugeait de la valeur morale de l'ouvrier dans les loges d'Edimbourg et de Londres, il était encore employé, sans péjoration aucune, dans les îles et la région côtière d'Argyll, au nord du Ayshire (Ouest de l'Écosse), pour désigner le « builder of stone without mortar » (le maçon de la pierre sans mortier) (12). Ce maçon païen (paysan) qui vivait éloigné des grands centres n'était pas considéré inférieur ou incompétent, pas plus que ses collègues, le « boat carpenter » (constructeur de bateaux) et le « joiner » (menuisier). D'ailleurs, les trois touchaient le même salaire et cette équivalence entre des métiers du bois et de la pierre était culturellement logique, comme nous le verrons plus loin.

Il est utile de souligner que, contrairement à ce qu'a écrit Mesnil-Rault, le mot cowan est attesté non pas depuis 1707, mais depuis 1598. En effet, les premiers statuts de William Schaw mentionnent spécifiquement l'interdiction d'embaucher des cowanis. En fait, elle se compare facilement à celle promulguée deux siècles plus tôt dans le Statute of Labourers. En outre, le fait que les critères du statut de cowan n'y soient pas précisés laisse croire que cette désignation était déjà d'usage courant en 1598, dans les loges écossaises. Par contre, une première précision apparaît en 1705 dans une minute de la Loge de Kilwinning qui décrit le cowan comme l'ouvrier n'ayant pas reçu « le mot du Maçon ». Mais ce n'est qu'en 1707 - l'année même où fut ratifié l'Acte d'Union entre l'Écosse et l'Angleterre – que cette loge emboîta le pas : « no maeson shall employ no cowan which is to say [a mason] without the word to work. » Le fait que le prétendu "berceau la Franc-maçonnerie" ait mis plus d'un siècle à se conformer à l'interdiction promulguée par Schaw en 1598 est sans doute relié à la controverse entourant la primauté accordée à la loge Mary's Chapel no 1 à Edimbourg en vertu des deuxièmes statuts de Schaw de 1599. Mais, cela postule également que la Loge de Kilwinning aurait pu, dans un esprit de souveraineté morale et territoriale, embaucher des cowans jusqu'en 1707.

C'est en 1600 que les premiers maçons écossais opératifs se sont conformés à l'interdiction de Schaw, mais ils n'étaient pas nécessairement membres d'une Loge. Ainsi, The Incorporation of Masons of Glasgow (13) , qui fonctionnait comme une loge, adopta cette résolution en 1600. Depuis sa fondation qu'elle fait remonter à 1057 (aucune preuve manuscrite n'existe), cette corporation avait regroupé les maçons, les charpentiers et les tonneliers de Glasgow. En 1569, les tonneliers se séparèrent pour former leur propre corporation et, en 1600, les deux autres corps de métiers se séparèrent à leur tour. Selon David Stevenson, cette ultime séparation aurait consolidé le lien entre la Corporation, désormais uniquement "maçonnique", et la Loge de Glasgow (14), mais il serait logique de penser que l'acceptation des Maçons de la Corporation au sein de la Loge ne pouvait être consentie sans leur adhésion formelle à l'interdiction d'engager des cowanis, promulguée par Schaw.

C'est aussi durant XVIIe siècle que le gaélique (15) devint la langue minoritaire en Écosse, recul devenu pratiquement irréversible cent ans plus tard, lorsque l'anglais devint la langue du libre échange, du progrès, et de la modernité au sein de l'intelligentsia de la capitale :

« Le gaélique était la première langue d'usage de la moitié des Écossais durant le XVe siècle, du tiers en 1689, puis seulement du cinquième en 1806. La diversité linguistique ne s'est pas arrêtée là, car l'Écosse entière s'anglicisait. Pour sa part, le scot-gaélique a évolué pour devenir un medium littéraire durant la période du XIV au XVIe siècle (environ 1480–1520), mais recula nettement lorsque le scot employé à la Cour, considéré comme la norme, se fragmenta en dialectes régionaux après le départ de Jacques VI, en 1603. L'anglicisation de la langue et de la culture s'est poursuivie durant le XVIIIe siècle. Les intellectuels d'Edimbourg du siècle des Lumières préféraient une prononciation et une orthographe fidèles aux meilleures pratiques londoniennes et ce fut l'anglais, aux dépens du scot gaélique, qui devint la langue de l'arisocratie terrienne, des cercles professionnels et des affaires. » (16)

La mémoire de la pierre

Dans son article sur le mot cowan, reproduit en janvier 1972 dans la revue Renaissance Traditionnelle (17), Amy Bothwell-Gosse, membre du Droit Humain et éditrice des revues Co-Mason et Speculative Mason, expliqua que le cowan était un freeman ou journeyman, c'est-à-dire un ouvrier itinérant et contractuel qui ne pouvait exercer son droit de travail que dans la région placée sous la juridiction de la loge où il avait été « reçu ». En effet, même si le cowan n'avait pas été « instruit correctement », il pouvait devenir un « compagnon libre » en étant « placé en apprentissage auprès d'un Maître Cowan », puis être « admis pour travailler à titre de cowan » (1636), « admis comme cowaner » (1650), « cowaner reçu en loge » (1653) ou encore « reçu cowan dans les formes habituelles » (1661), tel que stipulé dans des minutes de la Loge Canongate Kilwinning, à Edinbourg. Autrement dit, le cowan pouvait être admis dans une loge de maçons s'il acceptait, probablement sous serment, de respecter la convention établie, ce qui nous renvoie non seulement au sens primitif de « contracté » attribué au mot cowan, mais aussi au terme convin employé en anglais dans le Statute of Labourers. Tout cela suggère que le cowan n'était pas un ouvrier aussi négligent et inférieur qu'on pourrait le croire, mais un maçon qui, moyennant certaines conditions, pouvait être accepté au sein d'une loge.

Nous avons vu comment, en Angleterre, le mot covin a pu, dès le début, être porteur d'un préjugement généralisé, puis évoluer pour devenir un terme juridique synonyme de convention frauduleuse, et même d'arnarque. Mais comment le maçon de la pierre sans mortier a-t-il pu mériter un jour la réputation d'un indiscret (« eavesdropper ») ou d'un intrus (« intruder ») parmi ses homologues de la ville ?
Nous sommes tentés d'y voir la même querelle « entre chiens et loups » qui, en Angleterre, avait profondément divisé les ouvriers de la campagne et ceux de la ville, deux classes ouvrières de m½urs et de traditions différentes.

Pour comprendre cette séparation, nous devons remonter dans l'espace-temps jusqu'à la source – cumhang. En termes d'espace, nous savons déjà qu'il faut centrer notre regard vers les îles et la région côtière de l'Ouest de l'Écosse, là où, en 1791, le cowan était encore considéré simplement comme un « maçon de la pierre sans mortier ». En termes de temps, nous pensons qu'il faut remonter jusqu'à la fin du XIe siècle, lorsque Malcolm III (Máel Coluim mac Donnchada), roi d'Écosse, épousa la très catholique Margaret, s½ur d'Edgar Ætheling, roi d'Angleterre.

C'est Malcolm qui, sous l'influence de son épouse, imposa l'anglais à la Cour ; c'est également lui qui aurait créé en 1057 la guilde ou corporation des maçons, charpentiers et tonneliers de Glasgow. Quant à son épouse, éventuellement béatifiée, c'est elle qui entreprit dès 1069 de romaniser l'Écosse avec un zèle peu commun, digne des premières croisades. Pour mener à bien son projet, elle devait d'abord mettre fin au pouvoir et à l'indépendance des chanoines culdéens dont le siège principal était sur l'île d'Iona (I-Colm-Kill), laquelle n'est séparée de la grande Île de Mull que par un étroit canal d'un mille (1,5 km) - et qu'elle tenait pour de mauvais Chrétiens, barbares et hérétiques, parce qu'ils osaient présenter l'Eucharistie sans grandeur ni decorum, dans de vulgaires coupes, sur de simples autels de bois, réunis dans de petites chapelles faites de troncs d'arbres. (18)

Dans un siècle où la glorification de Dieu se mesurait à l'élévation des ½uvres de l'architecture romane, les Culdéens faisaient figure d'ignorants aux méthodes archaïques. Pourtant, ces hommes que les Scots considéraient comme les apôtres du Christianisme des origines, étaient issus de la même tradition irlandaise que celles leurs prédécesseurs, Patrick (Ve s.), Columba d'Iona (VIe s.) et le breton Fillan ou Ninian (IVe s.), l'instigateur du christianisme en Écosse, qui, avec des maçons originaires de Tours (France), construisit la première église de pierre « d'après l'usage de Rome » (19), à Whithorn (candida casa, maison blanche) dans le Galloway, sur la côte ouest de l'Écosse.

Bien que les Culdéens, arrivés d'Irlande durant le IXe siècle, soient aujourd'hui disparus, la perception négative qui a causé leur perte perdure encore de nos jours. Plusieurs historiens et Franc-maçons, incluant Jacques Brengues et Paul Naudon, ont prétendu, que les Culdéens ne maîtrisaient que le travail du bois, que leur technique traduisait une « science incomplète », qu'ils exprimaient une « résistance par le bois à la pierre d'importation considérée romaine ou gauloise, et que « ce mépris de la pierre n'avait peut-être pas d'autre cause que leur incompétence ». (20)

Par contre, d'après plusieurs historiens dont Mackey (Encyclopedia, 1946), Lenning (Encyclopedic der Freimaurerei, 1828) et Gädicke (Freimaurer Lexicon, 1831), les Culdéens, auraient créé des loges et des corporations de maçons, et pratiqué l'art de l'architecture sacrée dans de nombreux endroits en Écosse, en Irlande, au Pays de Galles et ailleurs dans le Nord de l'Europe. D'après Gädicke, ils auraient même inspiré les Constitutions de York, issues du légendaire covin de 926 exigé par le roi Aethelstane (« noble pierre »).

Ce que l'on sait avec certitude, c'est que les moines de la tradition irlandaise (21) de saint Columba d'Iona construisaient habituellement des églises en bois, souvent en chêne, et ce, jusqu'au XIIe siècle. Ils étaient d'excellents charpentiers, et cette tradition provenait sans doute du célèbre collège et monastère de Clonmacnoise, en Irlande, fondé au VIe siècle par saint Kiéran, le premier mac an t'sair (ou mac n t'saor), signifiant fils du charpentier ou de l'artificer libre. (22) C'est précisément de ce monastère irlandais qu'étaient issus les Culdéens qui sont arrivés en Écosse durant le IXe siècle. (23) Ce sont aussi ces moines irlandais qui, entre le Ve et VIIIe siècle, ont construit les nombreuses maisons en pierre, sans joint ni mortier, dont on peut encore observer les ruines à Saint-Kilda (Inverness) et dans les Hébrides et sur la côte voisine, dans l'Argyll.

En Irlande, dans certaines régions sur la côte occidentale et dans les îles où le bois était rare, les mêmes moines construisirent de nombreux bâtiments et églises en pierres, et ils avaient même développé plusieurs méthodes de construction, jugées uniques et même novatrices. L'une d'elles donnait pour résultat un dôme, une « cellule en ruche d'abeille ». Il s'agit d'une structure ronde érigée sans mortier, dont les rangées successives de pierres se chevauchaient graduellement vers le centre, au fur et à mesure que les parois s'élevaient, formant ainsi un dôme que l'on fermait d'une seule pierre. (24) (Les Inuit utilisent la même technique pour construire leurs igloos avec des blocs de neige durcie.) Dotées d'une ou plusieurs fenêtres, ces « ruches d'abeilles » servaient à la fois d'oratoires et d'abris. Un exemple éloquent de cette technique, mais légèrement différent par sa base oblonge mesurant 22 pieds par 18,5 pieds (6,7 m x 5,6 m) est l'oratoire de Gallerus, dans le comté de Kerry ; il présente la forme d'un arc en ogive, à l'intérieur comme à l'extérieur, grâce aux murs qui se recourbent progressivement pour se rencontrer au sommet.

Bien que les Irlandais excellaient dans la construction sans mortier, ils ont éventuellement découvert et utilisé ce mélange pour construire de petites chapelles de pierres rectangulaires aux murs plus minces et verticaux, dont les pierres étaient remarquablement « well squared » (bien équarries) ; leur toiture était généralement faite en bois, recouvert de chaume, mais aussi parfois en pierres, comme ce fut le cas pour l'ancien oratoire de saint Flannan, à Killaloe, près de Limerick. (25)

Par contre, leurs successeurs culdéens, originaires de Clonmacnoise, ont laissé en Écosse et en Irlande de nombreuses traces qui démontrent une technique de maçonnerie particulière et novatrice de même qu'un raffinement certain dans le travail de la pierre. Ce sont eux qui ont construit les grandes tours rondes (cloichtheach, maison de cloche) à Egilshay (Orkney), Brechin, et Abernethy, les trois seules encore existantes aujourd'hui en Écosse ; à Iona, les deux grandes croix de pierre, d'un seul bloc, de 12 à 14 pieds de haut (3,6 m et 4,2 m), plantées dans un piédestal de granit rouge et scupltées d'ornements raffinés, les deux seules qui restent des 360 croix de pierre qui ont existé sur l'île. Ces ½uvres témoignent d'une tradition purement irlandaise, mais aussi d'une science dont on n'a pas encore percé ni l'origine ni les secrets - pour reprendre Montalbert, « on se demande comment, avec les moyens en usage à une époque si reculée, l'on a pu équarrir, scuplter, transporter et dresser des blocs de granit d'une telle dimension ». (26)

En Irlande, on trouve les mêmes grandes tours rondes, allant jusqu'à 130 pieds (40 m), avec entrées arc-boutées, toujours sur d'anciens sites monastiques colombanistes, tout comme en Écosse. (27) Par exemple, la tour du monastère de l'île de Tory et une autre, à Sord (aujourd'hui Swords) ; à Monasterboyce (VIe s.), dans la Vallée de la Boyne, une formidable tour de 110 pieds (34 m) ainsi que plusieurs croix en pierre, dont l'une fait 27 pieds (8 m) ; la tour ronde de 70 pieds (22 m) au monastère de Kells, devenu le refuge des moines d'Iona, menacés en 807 par les Vikings ; la grande tour de Glendalough ; et les deux tours de Clonmacnoise.

Toutes ces tours rondes ont été construites en Écosse et en Irlande durant ou suite aux invasions scandinaves, au VIIIe ou IX sièle, d'autres plus tard. Toujours érigées à proximité d'une église, mais séparément, elles servaient souvent de clocher, mais leur but premier était la protection de la communauté : leur forme ronde les rendait totalement imprenables. Le colonnel Montmorency qui avait étudié ces structures, confirma que les Culdéens avaient fait preuve d'innovation technique en matière d'architecture militaire :

« Compte tenu de la période durant laquelle elle a été conçue, la tour-pillier, en tant que structure défensive, peut être considérée comme l'une des inventions les plus perfectionnées que l'on peut imaginer. Imprenable d'aucune manière, elle ne pouvait jamais tomber aux mains de l'assaillant. Même si l'abbaye et ses dépendances brûlaient, la tour demeurait insensible aux flammes ; sa hauteur extraordinaire, sa position isolée des autres bâtiments et sa porte étroite située à des dizaines de pieds en hauteur la rendaient totalement inaccessible à l'envahisseur. » (28)

Autre invention ingénieuse des architectes irlandais : la technique du double toit, telle qu'utilisée dans la chapelle de Killaloe, la maison de Columba à Kells et la chapelle de Cormac à Cashel. Une fois les murs élevés, on construisait un cintrage de bois formant une voûte, puis une deuxième voûte en pierres reposant sur le cintrage. On versait du mortier liquide dans les joints entre les pierres et une fois le mortier bien sec, on retirait le cintrage de bois. On obtenait ainsi un premier toit en pierres, plat sur le dessus et voûté vers l'intérieur, sur lequel on élevait le deuxième toit qui pouvait ainsi atteindre une hauteur bien plus importante, sans en faire porter tout le poids sur les murs latéraux. (29)

Tous ces vestiges et lieux de mémoire témoignent d'un art original et d'une tradition bien plus évoluée que Brengues et Naudon l'ont prétendu. Il ne fait aucun doute que la technique de ces audacieux insulaires, à l'esprit inventif, était loin de traduire une « science incomplète » ou un « mépris de la pierre ». Ils ont maîtrisé le bois et la pierre, la hache, le marteau et le ciseau ; ils savaient élever des arches et des dômes, travailler la pierre avec ou sans mortier. Mais ils utilisaient la technique la plus appropriée selon la forme de la structure et les ressources disponibles dans le milieu environnant. Il est à parier que le cowan de l'Argyll et du Ayshire incarnait cette tradition et qu'il n'avait l'esprit étroit qu'aux yeux des protagonistes de la modernité.

Mon ami Joël Jacques a raison : « Ce ne sont pas les voyelles qui créent des traditions, mais l'attachement à des pratiques. » Il nous reste encore à mieux connaître la nature première du cowan qui demeurait attaché à une tradition ancestrale, ce dry stane dyker des îles qui, autrefois, construisait des murs, et peut-être aussi des digues et des canaux (dig, en gaélique). Dans la partie II de notre étude, nous partirons à sa recherche, sur la côte ouest de l'Écosse et dans les Hébrides, là où 61 % de la population locale parlait encore le gàidhlig en 2001. (30)

*******
Notes:
1. Parmi les livres et essais de Corneloup, mentionnons D'alpha à Omega, la Vie (1957), Schibboleth (1965) et La chair quitte les os (1969),
2. Covine, couvine et covigne, signifiant dessein, projet, pratique, conduite, intrigue, préméditation, disposition, arrangement; manière de se gouverner, d'agir, querelle, dispute ; convenientia. Réf Glossaire de la langue romane, Jean-Baptiste Bonaventure de Roquefort, B. Warée, Paris 1808.
3. Extrait en anglais du Statute of Labourers (1351) : « No peasants could be paid more than the wages paid in 1346. No lord or master should offer more wages than paid in 1346. No peasants could leave the village they belonged to. »
4. Extrait en anglais du Statute of Labourers (1351) : « Item, that carpenters, masons, and tilers, and other workmen of houses, shall not take by teh dayu for their work, but in manner as they were wont, that is to say: a master carpenter 3 d. and another 2 d.; and master free-stone mason 4 d. and other masons 3 d. and their servants 1 d. ob.; tilers 3 d. and their knaves 1 d. ob. », source : Internet History Sourcebooks Project, Fordham University, New York, http://www.fordham.edu/halsall/seth/statute-labourers.html
5. Extrait en anglais du Statute of Labourers de 1351 : « Item, that carpenters, masons, and tilers, and other workmen of houses, shall not take by teh dayu for their work, but in manner as they were wont, that is to say: a master carpenter 3 d. and another 2 d.; and master free-stone mason 4 d. and other masons 3 d. and their servants 1 d. ob.; tilers 3 d. and their knaves 1 d. ob.; and other coverers of fern and straw 3 d. and their knaves 1 d. ob.; plasterers and other workers of mudwalls, and their knaves, by the same manner, without meat or drink, 1 s. from Easter to Saint Michael; and from that time less, according to the rate and discretion of the justices, which should be thereto assigned: and that they that make carriage by land or by water, shall take no more for such carriage to be made, than they were wont the said twentieth year, and four years before.» - Réf. : Source Problems in English History, White Albert Beebe & Wallace Notestein, eds. Harper and Brother Publishers, New York 1915 – sur Internet History Sourcebooks Project, Fordham University, New York http://www.fordham.edu/halsall/seth/statute-labourers.html
6. Kenning's Masonic Encyclopedia and Handbook of Masonic Archeology, History and Biography, George Kenning, éd. A.F.A. Woodford, London 1878; Kessinger Publishing, 2003, p. 138
7. Historical Account of the Worshipful Company of Carpenters of the City of London, Edward Basil Jupp, W. Pickering, London 1848, p. xvii
8. On ne peut négliger les échanges continus entre la France et l'Écosse dans le cadre de la Vieille Alliance qui, depuis 1165, rallia ces deux nations, avec la Norvège, contre l'Angleterre, alliance remontant à la Orkneyinga Saga, la saga des jarls des Orcades qui prit fin en 1220.
9. Dictionnaire Mediadico, Dictionnaire de la Langue Française (Benchmark Group), Grand dictionnaire terminologique (Office québécois de la langue française)
10. MacAlpine's Pronouncing Gaelic Dictionary, Neil MacAlpine, Glasgow 1942, Gairm Publications 1971; An Etymological Dictionary of the Gaelic Language, par Alexander MacBain, Gairm Publications, 1982; et The School Gaelic Dictionary, par Malcolm
MacFarlane, Eneas MacKay, Stirling 1912
11. The Gaelic-English Dictionary, Colin Mark, Buckie, Scotland : Routledge 2003, pages 192, 203, 659
12. The Statistical Account of Scotland Drawn up From the Communications of the Ministers of the Different Parishes, Sir John Sinclair, Bart., Vol Tenth, Edinburgh, 1791, Number XXI: Parish of Morven, p. 267 – note.
13. La même année (1600), la Incorporation of Masons & Wrights de Glasgow s'était séparée en deux corps indépendants et cette division aurait permis le rapprochement, voire l'installation d'une loge dans les locaux de la Corporation. La Corporation aurait été créée en 1057 par le roi Malcolm III. Voir http://www.tradeshouse.org.uk/associated_trades/masons/Masons.asp
14. Les origines de la franc-maçonnerie, David Stevenson, Cambridge, 1988, p. 193-4
15. Note : extrait de A Dictionary of Celtic Mythology, James MacKillop, Oxford University Press, 1998-2004 : « Although Scottish Gaelic passages, linguistically distinguishable from their Old Irish parent, appear in the 12th-century Gaelic notes to the 9th-century Book of Deer, the first extensive record of Scottish Gaelic tradition is found in the Book of the Dean of Lismore (1512–26), in which the spellings are rendered as they would sound phonetically in English, much as Manx is. »
16. History 1450-1789. Encyclopedia of the Early Modern World, The Gale Group 2004 – version originale en anglais :« Gaelic was the first language of half of Scotland in the fifteenth century, a third in 1689, but just a fifth in 1806. Linguistic variety did not end there, for all of Scotland was becoming more Anglicized. Scots [le scot-gaélique] itself had flourished as a literary medium in the late Middle Ages (c. 1480–1520) but was in retreat thereafter as standard court Scots fragmented into regional dialects after the departure of James VI in 1603. Anglicization of language and culture proceeded in the eighteenth century. The literati of Enlightenment Edinburgh aspired to pronunciation and orthography that conformed to the best London practice, and it was English rather than Scots that became the tongue of Scotland's landed, professional, and aspirant mercantile classes. »
17. The Cowan Word, A. Bothwell-Gosse, The Speculative Mason, Vol. XXVI, juillet 1934; cet article devait faire partie de son Encyclopérie maçonnique du XXe siècle, demeurée inachevée.
18. MacKillop (1998-2004) ; et History of the Scottish Nation, Vol. III, From Union of Scots and Picts, A.D. 843, to Death of Alexander III. A.D. 1286, Rev. J. A. Wylie LL.D, 1886, chap. XIII: Queen Margaret – Conference with the Culdee pastors, in 1069.
19. Les moines d'Occident depuis saint Benoît jusqu'à saint Bernard, par le comte Charles Forbes de Montalembert (Académie française), Jacques Lecoffre et Cie, Paris-Lyon 1866, Tome troisième, p. 20-21
20. La Franc-Maçonnerie du bois, Jacques Brengues, Rennes, 1973 p. 144
21. Note : Les moines de tradition irlandaise ont fondé, entre le IVe s. et le VIIe siècle, 13 monastères en Écosse, 12 en Angleterre, 36 en France (dont le tiers en Armorique), 6 en Italie et plus d'une trentaine en territoire rhénan/germanique.
22. Selon MacBain (1982), saor est déviré du latin sapio, sapientia, sagesse, et désignait le charpentier (libre); mais selon MacFarlane (1912), le même mot signifie aussi pierre franche ou bois franc, au sens de libre : « saor: ad. free, unrestrained, gratuitous, cheap, frank, easily split or broken as wood or stone; va. free, deliver, rescue, save, redeem, set at liberty, cheapen; nm. g.v. saoir; pl. saoir, wright, carpenter. »
23. Montalembert (1866), p. 127, note, et p. 311, note. N.B : Les premiers « culdees » étaient à l'origine une commaunauté de moines laïques hospitaliers, « ou plutôt chanoines », une « espèce de tiers ordre agrégé aux monastères réguliers », fondé non pas vers 800 par l'abbé de Clomnacnoise Conn-na-mbocht (d. 1059), « Chef des pauvres », comme l'a écrit Montalbert, mais durant le VIIe siècle. Par contre, saint Maelruain de Tallaght ou Tamlacht (d. 792) aurait régigé pour eux une règle particulière de stricte observance, surnommée la « Règle des Culdees » , incluant le Stowe Missal. – Réf. : Dictionary of National Biography, vol XII, Sir Sidney Lee, ed. Leslie Stephen, Oxford University Press, 1901; 1996, p. 19.
24. The Cathedrals of the Church of Ireland, J. Godfrey F. Day, Dubin : The APCK, 1932 p. 12
25. Idib p. 12-13
26. Montalembert (1866), p. 483 – appendice.
27. Classic Encyclopedia/Encyclopaedia Britannica : « [The round towers] are built with walls slightly battering inwards, so that the tower tapers towards the top. The lower part is formed of solid masonry, the one doorway being raised from 6 to 20 ft. above the ground, and so only accessible by means of a ladder. The towers within are divided into several storeys by two or more floors, usually of wood, but in some cases, as at Keneith, of stone slightly arched. The access from floor to floor was by ladders. The windows, which are always high up, are single lights, mostly arched or with a flat stone lintel. In some of the oldest towers they have triangular tops, formed by two stones leaning together. One peculiarity of the door and window openings in the Irish round towers is that the jambs are frequently set sloping, so that the opening grows narrower towards the top, as in the temples of ancient Egypt. The later examples of these towers, dating from the 12th and 13th centuries, are often decorated with chevron, billet and other Norman enrichments round the jambs and arches. The roof is of stone, usually conical in shape, and some of the later towers are crowned by a circle of battlements. The height of the round towers varies from about 60 to 132 ft.; that at Kilcullen was the highest. The masonry differs according to its date, - the oldest examples being built of almost uncut rubble work, and the later ones of neatly jointed ashlar. . . Their circular form was probably for the sake of strength, angles which could be attacked by a battering ram being thus avoided, and also because no quoins or dressed stones were needed, except for the openings - an important point at a time when tools for working stone were scarce and imperfect. »
28. Inquiry into the Origin and Uses of the Round Towers of Ireland, George Petrie, Royal Irish Academy, Transactions vol xx, 1845 – texte original en anglais : « The pillar tower, as a defensive hold, taking into account the period that produced it, may fairly pass for one of the completest inventions that can well be imagined. Impregnable in every way, and proof against fire, it could never be taken by assault. Although the abbey and its dependencies blazed around, the tower disregarded the fury of the flames ; its extreme height, its isolated position, and the diminutive dooway, elevated so many feet above the ground, played it beyond the reach of the besieger. »
29. G. F. Day (1932) – appendix, p. 168
30. United Kingdom Census 2001, and the General Register Office for Scotland.


*******

Références et bibliographie

Beeber, Albert White & Notestein, Wallace, Source Problems in English History, eds. Harper and Brother Publishers, New York 1915 ; Internet History Sourcebooks Project, Fordham University, New York http://www.fordham.edu/halsall/seth/statute-labourers.html
Bothwell-Goss, Amy, The Cowan Word, A. Bothwell-Gosse, The Speculative Mason, Vol. XXVI, juillet 1934
Brengues, Jacques, La Franc-Maçonnerie du bois, Rennes, 1973, p. 144
Classic Encyclopedia/Encyclopaedia Britannica, 1911
Day, J. Godfrey F., The Cathedrals of the Church of Ireland, Dubin : The APCK, 1932
Dictionnaire de la Langue Française (Benchmark Group)
Dictionnaire Mediadico
Grand dictionnaire terminologique (Office québécois de la langue française)
Jupp, Edward Basil, Historical Account of the Worshipful Company of Carpenters of the City of London, W. Pickering, London 1848, introduction p. xvii
Kenning, George, Kenning's Masonic Encyclopedia and Handbook of Masonic Archeology, History and Biography, George Kenning, éd. A.F.A. Woodford, London 1878; Kessinger Publishing, 2003, p. 138
Lee, Sir Sidney, Dictionary of National Biography, vol XII, éd. Leslie Stephen, Oxford University Press, 1901; 1996
MacAlpine, Neil, MacAlpine's Pronouncing Gaelic Dictionary, Glasgow 1942; Gairm Publications 1971
MacBain, Alexander, An Etymological Dictionary of the Gaelic Language, Gairm Publications, 1982
MacFarlane, Malcolm, The School Gaelic Dictionary, Eneas MacKay, Stirling 1912
MacKillop, James, A Dictionary of Celtic Mythology, Oxford University Press, 1998-2004 Encyclopedia of the Early Modern World, History 1450-1789, The Gale Group 2004
Mark, Colin, The Gaelic-English Dictionary, Buckie, Scotland : Routledge 2003
Montalbert, comte Charles Forbes (de), Les moines d'Occident depuis saint Benoît jusqu'à saint Bernard, Jacques Lecoffre et Cie, Paris-Lyon 1866, Tome troisième, p. 20-21
Petrie, George, Inquiry into the Origin and Uses of the Round Towers of Ireland, Royal Irish Academy, Transactions vol xx, 1845
Roquefort, Jean-Baptiste Bonaventure de, Glossaire de la langue romane,, B. Warée, Paris 1808.
Sinclair, Sir John Bart., The Statistical Account of Scotland Drawn up From the Communications of the Ministers of the Different Parishes, Vol Tenth, Edinburgh, 1791, Number XXI: Parish of Morven, p. 267 – note.
Stevenson, David, Les origines de la franc-maçonnerie, David Stevenson, Cambridge, 1988, p. 193-4
Wyllie, J.A., Rev., L.L.D., History of the Scottish Nation, Vol. III, From Union of Scots and Picts, A.D. 843, to Death of Alexander III. A.D. 1286, 1886, chap. XIII: Queen Margaret – Conference with the Culdee pastors, in 1069.

Le mot cowan revisité, partie I © 2008 F. Bernier / APRT, http://aprt.skyrock.com
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]
# Posté le dimanche 11 mai 2008 10:22
Modifié le dimanche 11 mai 2008 11:05

« Article précédent : Le Pouvoir et l'Orgueil (de Robert Delafolie)...

Article suivant : Le mot « cowan » revisité - Partie 2 :... »