The Three Distinct Knocks - Les Trois Coups Distincts (1760) par Dominique S.

The Three Distinct Knocks - Les Trois Coups Distincts (1760) par Dominique S.
Toujours dans le cadre des sources constitutives du Rite Français Traditionnel, tel qu'il fut codifié par René Guilly (René Desaguliers), mais aussi tout simplement dans le cadre de l'étude des textes historiques de la Franc-Maçonnerie, c'est cette fois à la divulgation de 1760 : "Les Trois Coups distincts", "The Three Distinct Knocks", considérée comme l'une des plus grandes divulgations de la tradition maçonnique anglaise (1) que j'ai voulu m'intéresser. Ce texte intervient outre manche, dans la lignée de la révélation princeps d'une maçonnerie en trois grades, à savoir "Masonry dissected", mais également en France, après celles de 1745, et que sont : "L'ordre des Francs-Maçons trahi" de l'abbé Pérault et le "Sceau rompu".

Mais avant toute chose il nous faut remettre cette parution dans son contexte historique. En effet entre 1751 et 1753, va apparaître en parallèle de la Grande Loge de Londres, une deuxième Grande Loge, sans doute en provenance d'Irlande et qui présentait moult différences en matière de rituels, de tradition ou d'usages maçonniques généralisés sous le titre des Anciennes Institutions. Alors, nous avons dit 1751-1753, car en fait elle apparaît en 1751 et ne deviendra officiellement Grande Loge qu'en 1753. La Grande Loge des Anciens luttera pour la suprématie maçonnique jusqu'au XVIIIème siècle et notamment sous l'action de Laurence Dermott (2) . Ainsi, "Les Trois coups distincts", est-elle la première divulgation concernant les Anciens. Et l'on peut même aller plus loin, en avançant que si Masonry dissected, descendait en droite filiation du Groupe Haughfoot (3) , en revanche on ne connaît pas de prédécesseur aux "Trois coups distincts".

Alors commençons tout simplement par ce que nous dit la page de garde : "Trois coups distincts ou la porte de la plus ancienne Franc-Maçonnerie, s'ouvrant à tous les Hommes ni nus ni vêtus, ni pieds nus ni chaussés, etc. et qui est une description complète de toutes ses formes depuis ses origines jusqu'à nos jours telle qu'elle est enseignée dans toutes les loges. Donnant un exposé exact de toutes les façons d'initier un Frère ; avec les Trois Obligations ou Serments relevant du Premier, du Second et du Troisième
Degrés de la Maçonnerie, c'est-à-dire de l'Apprenti Entré, du Compagnon du Métier et du Maître Maçon ; avec l'Obligation concernant la Chaire ainsi que L'attouchement et le mot, et aussi les descriptions complètes du tracé fait sur le plancher de la Loge, avec les trois marches et une Prière faite à l'occasion de l'initiation d'un Frère ; avec les chansons qui doivent être chantées lorsque le travail sérieux est fait, et le tuilage d'un Frère, par lequel il peut être admis dans une Loge sans avoir à prêter les Obligations.
Les motivations de l'auteur d'ouvrir la porte de la Maçonnerie au Monde entier ; Ainsi que la description morale de quelques Maîtres de Loges de ce temps.

C'est signé du nom de l'Auteur W**** O*** V****n toujours membre d'une Loge d'Angleterre.
"

Présenté comme cela, et outre l'aspect sensationnel de l'éventuelle divulgation, on peut s'attendre à lire un ouvrage élogieux sur la Maçonnerie de l'époque, ou tout du moins, se préparer un magnifique ouvrage d'instruction. En fait il n'en est rien, le pamphlet n'aura pour but unique que de se moquer, d'essayer de nuire voire de détruire une Franc-Maçonnerie qui bien que déjà évoluée, n'en avait jamais qu'un petit demi-siècle existence officielle.

Alors l'auteur tout d'abord, on le sait allemand, né vers 1720 près de Berlin, les spécialistes confirment cela au travers de l'usage d'un anglais pas toujours académique. Il se déclare parent d'une famille anglaise, chez laquelle d'ailleurs, il aurait lu, vers l'âge de 27 ans, un autre pamphlet qui attira son attention, à savoir le best-seller de l'époque : "Masonry dissected". A ce sujet notons que l'auteur inconnu, déclare que la maçonnerie actuelle est déjà différente de celle décrite par Prichard, plus précisément que "plus de la moitié, ne correspond plus"... Ce qui une nouvelle fois nous montre bien l'évolution ultra rapide de la maçonnerie de l'époque, puisque qu'entre les deux ne s'est jamais écoulé que 30 ans. Après son séjour dan sa famille anglaise, nôtre auteur va prendre la direction de Paris, et là il découvre que son employeur est Franc-Maçon. Ils se tuilent mutuellement, et grâce aux connaissances acquises dans Masonry dissected il n'a aucun mal à répondre à son patron, qui lui tend alors la main et l'appelle désormais son Frère, et lui ouvre de plus, les portes de sa Loge dont il devient membre pendant trois années. Lorsqu'il rentre en Angleterre, il est porteur d'un certificat de la dite Loge, ce qui lui permet aisément de visiter une Loge de Modernes, où il est reçu avec grand intérêt de la part de ceux-ci pour la maçonnerie étrangère. Ensuite et enfin, c'est à la suite d'une visite dans une Loge Irlandaise dont les Frères se prétendront "les plus anciens maçons" qu'il va publier les divulgations concernant cette forme de maçonnerie et qui deviendront nos fameux "Trois coups distincts".

Que peut-on trouver d'intéressant dans cette première page, tout d'abord que l'auteur emploie les deux termes "Oath" et "Obligation", serment et obligation, comme nous l'avions déjà remarqué dans "Masonry dissected" de Samuel Prichard. Il emploie également le terme de degrés, et ces degrés sont nous l'avons dit Apprenti entré, Compagnon du Métier et Maître Maçon. L'obligation concernant la chaire est bien évidemment le serment concernant la cérémonie d'installation ésotérique du Vénérable Maître. Les notions de mot et d'attouchement sont déjà connues. En ce qui concerne le tracé de la Loge il va apparaître comme nous le savons qu'il est tracé sur le sol pour être ensuite effacé, il comporte trois marches, 3 pas. La notion de prière, confirme ce côté religieux de la maçonnerie d'origine et l'existence des chansons semble liée à la notion de travail bien fait, ce qui pourra encore aujourd'hui lorsque c'est possible, être considéré et pratiqué au titre du travail historique.

Dès le départ l'auteur nous donne du grain à moudre sous la forme du Tracé qui est fait sur le sol de la Loge. Ce tracé est fait à la craie ou au charbon, justifiant de fait qu'un tapis de Loge doit être d'un point de vue historique noir et blanc, et développe la notion de balai et serpillère, qui sont nécessaires aux maçons, pour effacer et nettoyer les marques au sol après une Tenue. Honteux d'être ainsi vu le balai à la main, il semble que les Francs-Maçons de l'époque aient opté un temps pour un marquage au sol se faisant avec des rubans et des petits clous.

Alors que nous précise ce tracé ? Tout d'abord le nom, le positionnement et les attributs de certains officiers. En commençant par le Maître de la Loge, il porte l'équerre et a la Bible placée devant lui. A sa gauche le Passé-Maître, qui porte le compas ouvert à 65°et le soleil en sautoir. A la droite du Maître : le Premier Diacre. Le second Diacre est placé lui, en bout de la colonne du midi. Notons que les deux diacres et le Maître de Cérémonie ont chacun pour l'ouverture et la fermeture des travaux des cannes de plus de 2 mètres de haut. Le Secrétaire pour sa part porte déjà les 2 plumes entrelacées en sautoir. Le bijou du second surveillant est le niveau et le premier porte pour sa part c'est important de le noter le levier. Notons également les deux petites colonnes de 50 cm sur les plateaux des surveillants. On remarquera les trois étoiles, les trois bougies, que l'on peut imaginer sur des colonnettes ou grands chndeliers à l'Ouest, au Sud et à l'Est, cet "eastern passage" rencontré déjà dans le MS des Archives d'Edimbourg (1696). Chez les modernes, ces trois grands chandeliers sont associés au Soleil, à la Lune et au Maître de la Loge comme on va le retrouver au Rite Français Traditionnel, en revanche ici, ils sont associés aux trois positions remarquables du soleil et donc du Vénérable et des surveillants, et donc aux vertus Sagesse, Force et Beauté. Enfin je remarquerai avec vous, ces trois marches au pied du tapis. Trois marches qui sont celles de l'apprenti, du compagnon et du Maître et nous y reviendront plus tard.

Lors de la prise d'obligations d'apprenti, mais aussi pour les suivante c'est le Maître de la Loge qui descend jusqu'à la 1ère marche, sur celle-ci, lors de la réception, l'impétrant a le genou gauche dénudé en terre, formant une équerre avec le genou droit, sa main droite dégantée est posée sur la Bible qui lui est présentée. Nous verrons qu'il n'en sera pas exactement de même dans les grades suivants.

Comment ouvrir la Loge pour commencer les travaux

Cette instruction par demandes et réponses est un échange entre le Maître de la Loge et le second diacre. Notons ici au passage que le titre qui est donné au Maître de la Loge est "Worshipful", et je dirais "worshipful" uniquement, ce que l'on peut traduire par honorable (4) ou vénérable tout court... Dans ce chapitre on apprend que le Maître porte seul le chapeau, et qu'il l'enlève pour l'ouverture au nom de Dieu et de Saint Jean. Cette ouverture est l'occasion de prohiber les jurons et les gros mots, les chuchotements et les discours profanes. La peine encourue est une amende financière. Le vénérable frappe ensuite trois coups distincts.

Et nous enchaînons avec le chapitre de l'instruction de l'apprenti intitulé : "Le Grade de l'Apprenti Entré", même si je vous invite à lire intégralement ce texte, qu'en ressort-il ? Tout d'abord la préparation du candidat « ni nu ni vêtu, ni pieds-nus ni chaussé,... dépouillé de tout métal, la tête recouverte d'un capuchon, une corde autour du cou... ». Alors ce "ni nu ni vêtu" que l'on connaît, présente une particularité, c'est le côté gauche, bras gauche et genou gauche qui sont dénudés, côté le plus faible de l'homme. Et notons que cette corde au cou ne se retrouve que dans deux textes : "Les Francs-Maçons écrasés" en 1747, mais où là, elle sert à guider le candidat, et surtout dans le "MS Dumfries" de 1710, dont l'auteur à l'époque n'a pas connaissance, mais qui atteste du sens retrouvé ici, à savoir la pendaison en cas de parjure.
L'entrée se demande par les trois coups distincts, et lorsqu'elle est obtenue, on place une épée sur le c½ur de l'impétrant, on le fait placer à genou, genou gauche en terre pour y écouter une prière en direction du "Grand et Universel Maçon du monde, premier architecte de l'homme" et de Saint Jean, en l'occurrence le Baptiste. Dans cette prière, on implore de la volonté Divine : le don de la foi, de la vertu, du savoir, de la tempérance, de la prudence, de la patience, de la piété, de l'amour fraternel et enfin de la charité. Nous en profiterons pour remarquer, que la prière est révélée, pour la première fois depuis le "Manuscrit des Archives d'Edimbourg" de 1696. Relevons également que dans la querelle entre les Anciens et les Modernes, il fut reproché à Samuel Prichard dans Masonry dissected, d'avoir oublié la prière, la question légitime que l'on peut tout simplement se poser, c'est : en existait-il une ?

Puis ont lieu les trois voyages, ponctués de trois arrêts : derrière le second puis le premier surveillant, puis le maître, et ont fait retourner l'impétrant vers le 1er surveillant où il va prendre la posture que nous avons vu précédemment, main droite sur la Bible couverte du compas et de l'équerre, la main gauche tient sur le c½ur un compas et une équerre... Le serment est alors prêté et se termine par la formule originale : "Funde Merum Genio" (5), que l'on peut traduire, par répand, ou verse, le vin pur au Génie, et une santé est portée "au c½ur qui cache les secrets et à la langue qui ne les révèle jamais", le tout en passant le verre devant la gorge. Classiquement, le candidat reçoit la lumière, qui lui permet d'apercevoir les trois grandes lumières de la maçonnerie (6) : La Bible, l'Equerre et le Compas, ainsi que les trois petites, à savoir Le Soleil, La Lune et le Maître Maçon. On lui révèle l'attouchement qui se fait sur la première phalange, ainsi que le mot d'apprenti entré commençant par la lettre B et qu'il transmet en l'épelant, ou plutôt en le partageant en deux syllabes, enfin il reçoit le signe. Là, l'auteur ré intervient personnellement, en se moquant du signe et rappelle que n'importe qui possédant ce signe et cet attouchement, sera automatiquement reconnu pour frère comme ce fut le cas pour lui...
Le nouvel apprenti sort récupérer ses métaux, et se présente à la Loge à l'angle Nord-Ouest, salue l'assemblée et y entend un discours de l'orateur. C'est au Nord-Est qu'il reçoit son tablier, et s'assoit ensuite à la Droite du Maître. Notons ici qu'il n'y a pas plus de précisions sur la droite du Maître. On peut en déduire que c'est la tête de la colonne du Nord, donc au Nord-Est, place traditionnelle de la première pierre. On lui montre alors les outils, qui sont la règle à 24 pouces (7) , l'Equerre et le Maillet ou le Marteau Taillant. Là encore l'auteur va tenter de mettre en évidence l'indigence de l'instruction de l'apprenti entré, ridiculisant la situation et insiste sur les aspects qu'il considère déshonorants, et cite en exemple un Mr T., membre du clergé et curé de St Mary Over's à Southwark qui fâché par la cérémonie avait tenté de s'enfuir durant celle-ci, ce qu'il ne put faire qu'après le premier travail ! Notons au passage concernant ce premier travail sur la pierre brute, l'étymologie anglaise qui parle en équivalence de l'épanelage cher à René Desaguliers, de "peel" c'est-à-dire de peler la pierre brute. Enfin l'auteur, continue allégrement de déblatérer, en contant l'histoire d'un Maître de Loge ayant détourné de l'argent, et dénonce l'avidité et la concupiscence existant entre les maçons eux-mêmes.

Instruction au Grade d'Apprenti Entré

Voici quelques éléments intéressants

Là encore la traduction vers le français est à remarquer, et notamment en ce qui concerne le mot darkness, bien évidement il décrit, et est traduit par : ténèbres, mais n'oublions pas qu'en anglais il est aussi synonyme d'ignorance.

En ce qui concerne les métaux, notons la première raison de la privation : car on ne doit rien apporter d'offensif ou de défensif dans la Loge, la seconde étant bien évidement la prise en considération de la Bienfaisance et l'assistance aux pauvres.

Pour les trois coups distincts la signification est classique : "Demandez et vous recevrez, cherchez et vous trouverez, frappez et on vous ouvrira".

Cette divulgation riche, nous prive quand même de pas mal d'informations car hélas l'auteur saute allègrement ce qu'il appelle tout un ensemble de questions absurdes.

A la question qu'est-ce qui fait une Loge ? La réponse évoque un certain nombre de maçons pour travailler, à savoir : 3, 5, 7, 9 ou 11. Reprenons donc l'explication détaillée :

• 3 car ils furent trois grands maçons d'une part, à la construction du monde, à savoir Yahvé : le Père, Elohim : le Fils et Rouah : l'Esprit, et trois grands maçons à la construction du Temple de Salomon d'autre part : Salomon lui-même, Hiram Abif et Hiram de Tyr.

• 5 comme les cinq sens dont trois sont utiles.
- l'ouïe pour entendre le mot
- la vue pour voir le signe
- le toucher pour connaître l'attouchement

• 7 comme les arts libéraux : grammaire, rhétorique, logique, arithmétique, géométrie, musique, et astronomie. Notons encore que la géométrie est en référence aux Egyptiens et à Euclide, notion dont la présence est elle aussi attestée, dans les Anciens Devoirs comme le "Regius" et le "Cooke", le "MS Watson" de1687, et encore une fois le MS Dumfries.

• Et 11, car il y avait 11 patriarches quand joseph fut vendu en Egypte et qu'on le supposa perdu, et car il ne restait que 11 apôtres quand Judas eu trahi le Christ.

Enfin en ce qui concerne les trois grands piliers soutenant la Loge, Sagesse, Force et Beauté, on les voit réapparaître dans les divulgations, pour la première fois depuis le "MS Wilkinson" de 1730.

Chanson de l'Apprenti Entré

Elle doit être chantée à table, la table étant disposée selon le même plan que celui de la Loge. Lors de la chanson, les mains sont croisées et à la fin au lieu de rompre la chaîne ainsi formée, les maçons sautent pour enfoncer la pierre. Ce sont les Diacres qui remplissent les verres pour les santés. 3 santés sont portées, au Grade d'Apprenti : au Roi et au métier. Le verre est passé trois fois en travers de la gorge, à la troisième, ils reposent les verres, et font feu, c'est-à-dire applaudissent en portant la main gauche devant la poitrine par 9 fois et en tapant du pied en même temps.

Comment ils appellent les ouvriers du travail à la récréation

Ce chapitre nous montre un peu plus les différentes étapes cérémonielles, et notamment l'ouverture, la mise en récréation par les deux surveillants, le maniement de leurs deux colonnettes, dont les correspondances sont Force pour Boaz et Etablir pour Jachin (8) . Enfin est décrite la fermeture par le 1er Surveillant, et ce jusqu'à la prochaine tenue suivante sauf en cas de Loge d'urgence.

Revenons un peu sur ce fameux ordre des Lettres J et B, ou B et J... Sans chercher à débrouiller qui de la poule ou de l'½uf...etc... Rappelons simplement qu'il semble que primitivement les mots aient été donnés ensemble, que l'un faisait réponse à l'autre, c'est d'ailleurs ce que nous montre Prichard, les uns les modernes choisiront J en premier, les anciens B, et j'aurai eu tendance à dire tout simplement, si pendant plus d'un demi-siècle et parfois encore aujourd'hui, la querelle n'avait alimenté les chroniques maçonniques...

Et bien voilà, tout en ayant voulu nous en tenir à l'étude du premier grade de cette divulgation que constitue "The Three Distinct Knocks", cela nous a entrainé fort loin dans le temps, l'histoire et la symbolique tant maçonnique que Judéo-Chrétienne. Bien sur cela avait déjà été traité avant nous et par de plus illustres : René Desaguliers, Roger Dachez, Bernard Dat (9), Gilles Pasquier (10) , ou Gilbert Cédot (11) ... alors terminons cette partie en disant qu'elle n'est que la première, que l'étude de l'histoire de la maçonnerie est une perpétuelle redite en attendant les nouvelles découvertes, et qu'ainsi c'est tout... pour le moment...

Notes:

(1): Roger Dachez : le mystère des « Trois coups distincts » : Les inconnues d'une divulgation anglaise. Loge d'Etudes et de Recherche William Preston, Loge Nationale Française. 1997

(2): Laurence Dermott (Dublin,1720 - Londres,1791) fut le Grand Secrétaire de la Grande Loge des Anciens et joua un rôle majeur dans la constitution de la franc-maçonnerie par son ½uvre l'Ahiman Rezon. Irlandais catholique, né dans un milieu modeste, il immigre en Angleterre en 1746 où il exerce plusieurs petits métiers comme peintre en bâtiment payé à la journée, marchand de vin ou courtier. Initié à 20 ans dans la loge n°26 à Dublin dont il deviendra Vénérable, c'est en rejoignant l'Angleterre, qu'il s'attire le mépris de l'aristocratie et de la Grande Loge des Modernes par sa condition sociale et ses origines irlandaises. Sa "carrière" maçonnique est remarquable : Grand Secrétaire de la Grande Loge des Anciens de 1752 à 1771, puis Grand Maître Adjoint de 1771 à 1777 et de 1783 à 1787. Il présentera son livre : Ahiman Rezon en 1751, livre qui connaîtra de nombreuses éditions dont la première en 1756.

(3): MS des Archives d'Edimbourg (1696), MS Chetwode Crawley (1700) et MS Kevan (1714)

(4): Dictionnaire Boyer 1792. Tome second. p 716

(5): Satire II, 3 du poète latin Perse.

(6): Three Great Ligths par opposition aux Three Leeser Ligths (Trois lumières moindres) que sont le Soleil, la Lune et le Maître de la Loge (qui, je ne crois pas me tromper, en disant qu'il n'est pas le Vénérable...)

(7): Les 24 pouces correspondent ici au 24 heures du jour employées telles : 6 heures travailler, 6 heurespour servir Dieu, 6 heures pour servir un ami ou un Frère autant qu'il est possible, sauf à son détriment ou à celui de sa famille. Ce qui déjà marque les limites de l'entraide...

(8): 1 Rois, Ch. 7

(9): Cahier d'Histoire n°14. Fédération Internationale du Droit Humain

(10): Travaux de la Loge nationale de Recherches Villard de Honnecourt n°13, 14, 15 et 16

(11): "La curieuse note des Three Distinct Knocks : Les Tribulations d'un illustre cadavre. Renaissance Traditionnelle n°142
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# Posté le jeudi 25 octobre 2007 08:13
Modifié le vendredi 07 décembre 2007 07:28

The Three Distinct Knocks - Les Trois Coups Distincts (1760)- 2ème partie par Dominique S.

The Three Distinct Knocks - Les Trois Coups Distincts (1760)- 2ème partie par Dominique S.
Dans le cadre de cette recherche sur la divulgation intitulée "Les Trois Coups Distincts" traduction originale de "The Three Distinct Knocks" de 1760, cette deuxième partie volontairement séparée de la première, envisagera brièvement les deux grades de Compagnon du métier et de Maître. En effet, même si depuis le XVIIIème siècle, le secret maçonnique est "en vente dans toutes les bonnes librairies", ce qui est d'autant plus vrai à l'heure de l'internet roi, nous préférons continuer de protéger autant que faire ce peut, ceux qui n'ont pas encore atteint certains grades et ce afin que leur vécu, le moment venu, soit le plus intense possible, et nous verrons en conclusion que même frustrés nous nous appliquerons la règle...

Le grade de Compagnon du Métier

Ainsi, voyons donc quelques spécificités de ce pamphlet au second grade. Le mot du grade est Schibboleth (1) , jusque là rien que de très classique dans la maçonnerie, à quelques exceptions près. Mais de la même manière que nous avions soulevé ce point au premier grade, la notion du "ni nu ni vêtu" présente une particularité au deuxième grade. A savoir que ce sont le côté droit et le genou droit qui sont dénudés.
Le candidat fait deux voyages. Il va monter sur la seconde marche pour prêter ses obligations, mettant cette fois ce genou droit dénudé en terre, et c'est donc le pied gauche qui viendra en équerre.

Dans ce serment, il faut noter bien sur ce "cable-tow", traduit parfois par câble de remorque, mais que les pratiquants du Rite Français Traditionnel reconnaîtront sous le terme de câble de hallage. Cette distance du câble est de 3 miles, c'est-à-dire 5 km, distance en-deçà de laquelle un frère devra impérativement répondre aux appels à la présence de la Loge. Le candidat reçoit alors le signe, le mot de passe : Jachin, puis l'attouchement décrit une nouvelle fois avec un certain flou, qui ne serait se démentir aujourd'hui, notamment en terme anatomiques, où métacarpiens, articulations et phalanges sont allègrement mélangés donnant ainsi de nombreuses variantes...

Le catéchisme nous instruit que le salaire est reçu en chambre du milieu, puis il développe l'étude des colonnes en références aux Chroniques (2) . Enfin est interprété le chant des compagnons.

L'auteur nous gratifie, alors une nouvelle fois d'un paragraphe qui semble le réjouir et intitulé : Comment reconnaître un maçon et connaître son grade en buvant avec lui en compagnie, sans que personne ne puisse rien y voir sauf les maçons. Ainsi c'est par une divulgation à laquelle on peut apporter du crédit que nous en apprenons une fois de plus, sur les us et coutumes des Francs-Maçons de l'époque. Si la personne faisait passer sa chope en travers de la gorge après avoir bu on savait qu'elle était apprenti, et le la même manière en travers de la poitrine pour un Compagnon ou du ventre pour un Maître. Cette habitude était aussi appliquée en Loge, ce qui nous rappelle des notions exprimées par Roger Dachez, que ces maçons là, avaient l'habitude de boire et fumer en Loge. Toutefois on peut se poser la question de savoir si l'auteur ne mélange pas la Tenue avec les agapes rituelles qui se tenaient dans le même local et après la Tenue proprement dite. Toujours est-il que l'on voit bien la description de la santé, sur un rythme (1,2,3) donné par le Maître, avec des verres qui sont reposés en même temps et une dénomination de "faire feu".

Enfin, et une nouvelle fois, le pamphlétiste attaque la Maçonnerie, il argue que recevoir un homme franc-maçon le conduit à sa ruine ! Il développe tels certains journaux actuels les "affaires" entre maçons et l'absence totale d'entraide telle qu'elle est censée être appliquée. Il reconnaît toutefois (ouf !) la présence de quelques hommes bons au sein de la Fraternité.

Le Grade de Maître


Cette troisième partie nous apporte de nouvelles informations, à savoir que le "ni nu ni vêtu" cette fois est appliqué la poitrine et les deux bras nus, les deux pieds nus et bien sur toujours dépouillé des métaux. Le mot de passe est Tubal Caïn, et le candidat au troisième grade ne fait qu'un seul voyage.
Confié au 1er surveillant il est amené aux pieds de l'escalier, il fait le signe d'apprenti et un pas sur la première marche, puis le signe de Compagnons et deux pas sur la deuxième marche, enfin trois pas sur la troisième marche. C'est les deux genoux dénudés au sol et les deux pointes du compas posées sur la poitrine à gauche et à droite, qu'il prête ses obligations.
On le tuile de nouveau sur le nom des deux colonnes et lui est alors racontée la Légende d'Hiram, connue depuis au moins trente ans et évoquée par Samuel Prichard. Ici ce sont trois des quinze compagnons qui participent à la construction du Temple de Salomon, Jubela, Jubelo et Jubelum qui désirent le mot de Maître sans pour autant l'avoir mérité et assassinent Hiram par trois coups : de Règle à 24 pouces à la gorge, d'Equerre sur la partie gauche de la poitrine, de maillet ou de marteau taillant à la tête.
Notre auteur anonyme, cite en exemple les français, qui placent un Frère allongé et grimé de faux sang dans le dos du récipiendaire et pendant la prise d'obligation, ce faux cadavre est enlevé afin que le candidat puisse y être couché à sa place ensuite...
Quatre groupes de trois compagnons partent à la recherche d'Hiram, aux quatre points cardinaux. Les trois scélérats sont retrouvés, et exécutés chacun selon les sentences d'un des trois grades.
Le corps et relevé et la première parole prononcée est "Ô Lord my God !", "Ô seigneur mon Dieu !", avec les deux mains au dessus de la tête, ce qui est le grand signe des maîtres maçons. Notons que le corps est relevé par les cinq points du compagnonnage, et en murmurant "Mahhabone" ce qui signifie "presque pourri jusqu'à l'os" et qui constitue le mot de Maître.

L'instruction au grade de Maître, est classique, mais on relèvera cette annotation finale qui aujourd'hui encore est revendiquée par certains maçons en ce qui concerne les hauts grades: "Ceci clôt le degré de Maître, et c'est suffisant dans toutes les Loges ; pourtant certains vont au-delà des degrés ci-dessus et sortent ainsi des règles de la Maçonnerie"...

Avant d'exposer un tuilage général permettant l'entrée en Loge, le dernier paragraphe développe l'installation des officiers de la Loge et en particulier du Maître avec notamment le mot, mais fidèles à ce que nous avons dit en préambule, nous ne la traiterons que le jour où le temps sera venu pour nous... Je dirai donc : à suivre...


Notes:

(1): Juges, 12

(2): II Chroniques 3 ; 15
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# Posté le dimanche 28 octobre 2007 03:38
Modifié le lundi 25 février 2008 12:41

Le numéro double 147-148 de Renaissance Traditionnelle est paru !

Le numéro double 147-148 de Renaissance Traditionnelle est paru !
Au sommaire de ce n°147-148: les articles de:


Pierre Mollier: Avant-propos

Roger Dachez: Divulgations et catéchismes maçonniques en France de 1737 à 1751. I - La Divulgation de Hérault: La réception d'un Frey-Maçon, 1737

Pierre Mollier: malte, les Chevaliers et la franc-maçonnerie

Robert et Catherine Amadou: Correspondance de F.R.Saltzmann avec J.-B. Willermoz 1779-1819

Jacques Tuchendler: La Mère Loge Ecossaise de France et l'hôtel de Bullion

Les travaux de la Grande Loge Générale Ecossaise de France. Transcription de son registre

Pierre Petitjean: Rite Français Traditionnel. Quelques documents


Bonne Lecture à tous !
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# Posté le jeudi 01 novembre 2007 11:30

Cette religion dont tous les hommes conviennent (du Fr. Charles-Albert Reichen) résumé par Dominique S.

Cette religion dont tous les hommes conviennent  (du Fr. Charles-Albert Reichen) résumé par Dominique S.
Renaissance Traditionnelle N°38 Tome X Avril 1979. p100

Une nouvelle fois et en préambule, je souhaiterai rappeler que la façon de procéder dans le présent exercice consiste à résumer un article paru dans le Revue Renaissance Traditionnelle. C'est-à-dire à essayer de respecter au mieux la pensée de l'auteur. De plus la découpe de ce résumé respecte celle de la publication de l'article.

Charles-Albert Reichen tout d'abord, est né le 18 août 1907 à Pontarlier, après des études supérieures menées à Lyon, Besançon et Paris, il vient s'installer à Lausanne où il est professeur de philosophie. Editeur et animateur de Jeunesse-Magazine, il rédige de nombreux essais, des biographies ainsi que des études sur la musique, la philosophie ou les sciences et fait paraître un recueil de poèmes "Rythmes inactuels" (1963). Ses principaux ouvrages sont : "Histoire de l'astronomie" , "Histoire de la physique" , "Histoire de la chimie", "L'art musical et son évolution" et "La fin du monde est pour demain". Charles-Albert Reichen décède le 17 juin 1992.
Il est traducteur de nombreux ouvrages de langue anglaise et c'est à ce titre qu'il intervient dans ce numéro 38 de Renaissance Traditionnelle d'avril 1979. En effet il se propose de décortiquer de manière universitaire les traductions de certains textes en revenant sur certaines erreurs de type "faux-amis", et prends comme exemple :

LE TEXTE DES SACROS-SAINTES CONSTITUTIONS D'ANDERSON [QUI] NE FAIT PAS EXCEPTION A LA REGLE

En effet, traduites de multiples fois et hélas souvent par des traducteurs novices, de nombreux contresens ont souvent été écrits. Afin de remettre le texte dans son contexte historique, Reichen en profite au passage, pour dater la Franc-Maçonnerie d'avant 1717. Il en veut pour exemple un Laird Auchinleck, accepté en Loge opérative à Edimbourg en 1600, ou encore le non-moins célèbre Elias Ashmole initié lui à Warrington en 1646. Donc :

LA FRANC-MACONNERIE SPECULATIVE EST ANTERIEURE A 1717

Elle est liée à l'histoire des Stuart, dans son évolution, sa régression, et bien sur son exil en France à Saint Germain en Laye plus précisèment, qui vit la naissance de la Loge "La Bonne Foy", induisant sur le continent la multiplication des ateliers et des systèmes de hauts grades. L'auteur toujours, donne la date du 8 décembre 1663, pour date de tentative de création de la première Grande Loge, par justement des Stuartistes, puis celle de 1717 que nous connaissons et qui constitue la fondation par la dynastie de Hanovre de la première Grande Loge.

C'est bien sur le pasteur James Anderson, qui va rédiger les premières Constitutions, pasteur presbytérien (1) endetté et qui fut rémunéré pour son travail de rédaction. Ce dernier s'appuie sur deux manuscrits : le Regius 1390 et le Cookes (sic) 1410, cet ouvrage est dédicacé à Lord Montagu Grand Maître de la Grande Loge en 1721/1722, et devant lequel je cite : "le Frère Désaguliers s'aplatit avec une si pénible obséquiosité"... Vous l'aurez compris le ton de l'article est assez acerbe, et cela va continuer avec, bien que limité au premier paragraphe des dites Constitutions, par : les "maladresses du pasteur Anderson [...] causes de maints malentendus". Alors allons-y !

"Un maçon est tenu, par sa qualité même, d'obéir à la loi morale et, s'il entend bien l'art, il ne sera jamais un stupide athée ni un libre penseur irréligieux."

Reichen relève quelques expressions, et tout d'abord l'expression anglaise "Tenure", traduite ici par qualité ou statut. Puis "Stupid atheist" stupide athée et non pas athée stupide, dit l'auteur, en gros, pour stupide: il ne s'agit pas d'un adjectif, qui comme on le sait dès la classe de 6ème est inversé par rapport au français, mais d'un épithète faisant ici corps avec le mot. Il semble que l'image, le cliché soit classique au XVIIIème siècle, et ce concernant: un négateur de la Divinité, un blasphémateur en état d'ébriété ou d'un membre des Hell Fire Clubs (Club du Feu de l'Enfer) traditionnellement athée et dévoué au Malin. Enfin la formule "Irreligious Libertines" correspond à des penseurs un peu dandies, et l'auteur cite entre autre Grimm et Helvétius (2), qui tentaient d'expliquer l'homme et l'univers par des théories pratiques et mécaniques influencées par la nécessité et le hasard.

" Toutefois, bien que, dans les anciens temps, les maçons fussent requis, dans chaque pays, de pratiquer la religion, quelle qu'elle fût, dudit pays ou de ladite nation, il est maintenant considéré comme plus opportun de ne les astreindre qu'à cette Religion dont tous les hommes conviennent, laissant à chacun ses propres opinions, c'est-à-dire d'être hommes de bien et loyaux ou homme d'honneur et de probité, quelles que soient les sectes religieuses (denominations) ou confessions (persuasions) qui les puissent distinguer."

Les mots anglais importants sont donc "denominations" et "persuasions". Alors denominations d'abord: il semble absurde pour l'auteur de le traduire par dénomination car au XVIIIème et en Anglais il s'agit purement et simplement d'une secte, sectes qui semblent fleurir au temps d'Anderson ! Il y avait les conformistes qui respectaient les 39 articles de l'Eglise Anglicane et les non-conformistes. Sont cités dans l'article : les Presbytériens, les Anabaptistes, les Antinomiens, auxquels l'auteur rajouterait bien de nos jours (NDLR : en 1979) Mormons, Pentecôtistes et Témoins de Jéhovah, tous dignes dans un grand élan de tolérance de la part d'Anderson, de faire partie de la Franc-Maçonnerie.

Ensuite persuasions, c'est-à-dire les différentes confessions. Pour Anderson il semble que ce soient les Protestants et les Catholiques, éventuellement les Orthodoxes s'il en avait entendu parler ce qui ne semble pas sur, ou à titre historique : les Coptes, les Sociniens et les Sabéens, mais en excluant c'est sur les Juifs, et a fortiori mahométans, bouddhistes et autres taoïstes. Ainsi on peut dire que cette religion dont tous les hommes conviennent est assez limitative... Anderson ne pouvant comme c'était le cas pour tous en ce temps là, concevoir la Franc-Maçonnerie que Chrétienne.

L'INTERPRETATION QUE L'ON DONNE AUJOURD'HUI DE SA PENSEE L'AURAIT SCANDALISE

En effet il nous faut considérer simplement que le but d'Anderson est d'éclairer simplement ses contemporains sur quelques termes un peu vagues, d'où d'ailleurs une mise au point en 1738, afin de préciser encore la pensée parfois maladroitement exprimée du compilateur.

Outre les erreurs de sens en ce qui peut concerner la religion, Reichen revient ensuite de nouveau sur les erreurs de traduction présentes en grand nombre : et notamment "Lord" qui classiquement veut dire Seigneur et est traduit souvent comme tel, mais qui dans ce contexte ici correspond au "Maitre des ouvrages".

Enfin dernier exemple, en ce qui concerne les exclus de la maçonnerie, il s'agit selon Anderson des "bondmen, women, immoral or scandalous men", dont ont trouve fréquemment la traduction : esclaves, femmes et hommes immoraux et scandaleux. Un, il n'y a plus d'esclaves au moment de la rédaction des Constitutions, du moins en Angleterre, et d'autre part il n'est pas sur que ces dames apprécièrent, même à l'époque, la mise sur un pied d'égalité de tous ce petit monde ... En fait, cela dépeint simplement les m½urs un peu légères du temps, perturbant un peu les salons, et que l'on ne souhaitaient pas voir corrompre la maçonnerie, comme le dit l'auteur, entrainant "les mêmes difficultés que celles dont les Ateliers mixtes nous donnent parois l'exemple".

Dernière phrase de conclusion que je vous livre tel quel : "Moralité : laissez aux traducteurs professionnels le soin et la responsabilité d'interpréter les textes difficiles ou mal écrits. A chacun son métier ! C'est du moins ce que dit le proverbe !"


NOTES :

(1). Le régime presbytérien synodal (ou presbytéro-synodal) est l'une des formes d'organisation des Églises protestantes, c'est la plus usitée au sein des Églises réformées. Ce système suppose une complémentarité des niveaux local et national, une soumission mutuelle consentie. Le niveau local de gouvernement de l'Église est celui des Anciens du consistoire, dit aussi Conseil presbytéral (du grec presbuteroi, les plus anciens, désignant déjà les responsables de la cité ou de la communauté). Il est directement responsable de la vie spirituelle et matérielle de la communauté, et, généralement, nomme et révoque le(s) pasteur(s). Il participe aux frais communs définis par les synodes. Le niveau du gouvernement de l'union est celui des synodes, composés de pasteurs et de délégués des conseils presbytéraux.

(2). 1715-1771. Au sein des encyclopédistes et des matérialistes de son siècle, Helvétius développe un sensualisme matérialiste, où l'intérêt seul dirige les jugements et considère l'éducation comme l'élément constitutif principal de l'esprit des humains, qui sont, selon lui, tous susceptibles de s'instruire également. Il est fortement inspiré par Locke, dont il lit très tôt l'Essai sur l'entendement humain. Ses idées sur la constitution de l'esprit humain en seront nettement influencées. Il veut dépasser cependant toute idée de Dieu en défendant un athéisme relatif. Il considère la croyance en Dieu et en l'âme comme le résultat de notre incapacité à comprendre le fonctionnement de la nature, et voit dans les religions, notamment la religion catholique, un despotisme n'ayant comme but que le maintien de l'ignorance pour une meilleure exploitation des hommes. Souvent présenté comme un physiocrate et un philosophe matérialiste, Helvétius est pourtant plus à rapprocher d'un philosophe nominaliste et déiste. On trouve dans ses textes plusieurs références à Dieu et à son existence : « l'être suprême », « l'éternel », « le législateur céleste » sont des expressions qui reviennent plusieurs fois dans son ouvrage De l'Homme ; il y définit même Dieu comme étant « la cause encore inconnue de l'ordre et du mouvement ». La raison de cet amalgame est en partie due à la récupération politique de ses textes, qu'il s'agisse de discréditer son ½uvre (jésuites, jansénistes, le pape Clément XIII ou encore le pouvoir royal de Louis XV) ou d'en faire un penseur incontournable du socialisme scientifique (marxistes). Ainsi, si Helvétius est anti-chrétien, il ne nie pas l'existence d'une force dans la nature et il défend même l'idée d'une philosophie plutôt positive dans cette religion une fois épurée de son fanatisme, superstitions et institutions. Il était par ailleurs franc-maçon et membre de la loge des Neuf S½urs. (Le matérialisme est un système philosophique qui n'admet pas d'autre substance que la matière : il s'oppose notamment à la religion et à la notion d'âme immatérielle. Selon le sensualisme, toutes nos connaissances et nos idées découlent des sensations, dont elles ne sont que la combinaison de plus en plus complexe. Le sensualisme s'oppose à l'activité spontanée de l'esprit).
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# Posté le dimanche 04 novembre 2007 12:59
Modifié le samedi 05 janvier 2008 09:02

Notes sur le serment maçonnique du premier grade (de René Désaguliers) résumé par Cendrine B.

Notes sur le serment maçonnique du premier grade (de René Désaguliers) résumé par Cendrine B.
Renaissance Traditionnelle N°1-2 Tome I Janvier 1970. p3

LES TEXTES ECOSSAIS :

Il existe 3 anciens textes, tous d'origine écossaise traitant du rituel maçonnique, il s'agit du manuscrit des Archives d'Edimbourg (1696), du manuscrit Chetwode Crawley (1700), et, du manuscrit Kevan (1714-1720).

Ces textes, sont identiques dans le fond puisque ils sont issus d'un original commun. C'est pourquoi il y a peu de divergences si ce n'est parfois des erreurs de traduction. A partir de ces textes, il a été établit un serment commun pratiqué en Ecosse durant la période de 1696-1714.

Toutefois, René Desaguliers précise qu'il existe un autre document, ayant été adopté par l'Angleterre en 1663, sur un serment plutôt d'origine opérative, que l'on retrouve dans les anciennes constitutions de 1722, et, qui fût publié par J.Roberts.
Il est à noter, que ce serment serait issu d'un mouvement en dehors de la dynamique de la réforme Andersonienne.

D'autre part, le serment est prononcé sur la bible, au nom de Dieu et de saint Jean, mais également, sur les outils de la Franc-Maçonnerie. Si celui-ci venait à être trahi, l'entrant devra en répondre devant dieu, le jour du jugement dernier.

Pour René Desaguliers, le serment détermine la condition préliminaire indispensable dans la communication des secrets. En effet, rien ne doit être révélé sous quelque forme que se soit sous peine de châtiments corporels abominables. De ce fait, ce secret ne peut être partagé qu'avec les autres maçons entrés. C'est par conséquent, l'un des éléments dont a hérité le serment au XVIIIème siècle qui sont les paroles de celui qui vient d'être reçu.

Ainsi en 1745, dans « le sceau rompu » le jeune récipiendaire doit répondre à ce qui lui permet d'être reconnu en tant que maçon, à savoir ses signes, ses marques, et, au point parfait de son entrée bien que cette dernière expression soit souvent difficile à comprendre et à interpréter.

Qui plus est, à cette époque, dans la deuxième partie du serment, en dehors du fait qu'il doit garder les clés de la loge sur son honneur et à son corps défendant, afin, de ne rien dévoiler. puisque si il y avait une révélation sa gorge serait tranchée jusqu'à la racine.
Le jeune apprenti promet également d'être au service de son maître, et, de tous ces frères en se rendant disponible du lundi matin au samedi soir. A l'issue de cet engagement, l'ensemble de la loge donne le mot à l'apprenti entré.

En décortiquant cette dernière partie du texte, il apparaît 2 aspects bien distincts et fondamentaux pour la Franc Maçonnerie spéculative du XVIII siècle.
A savoir, une première partie héritée de la maçonnerie opérative puisque la notion d'apprenti induit une professionnalisation en se mettant au service de sa corporation quels que soit le jour.

Un second point qui est la notion de l'importance de l'engagement et du serment, en vertu de quoi si celui-ci était trahi apparaît une notion de châtiment.

Ainsi, se dégage l'importance de la communication et de la transmission du mot et de ce fait « du secret » majeur, puisque il permet l'accès de l'apprentissage du jeune maçon, et, par la suite concédera à sa progression et à l'accession au mot du compagnon, voire à d'autres secrets.

Enfin, ce document permet de faire ressortir l'importance de ne rien dévoiler, ni à l'écrit, ni à l'oral, des secrets transmis.
L'interdiction de trahir sa parole en révélant le mot de l'apprenti reste antérieure à l'écriture puisque celle-ci s'est répandue assez tard.
Du reste, René Désaguliers précise qu'il est normal de trouver une modification du serment précisant de ne rien révéler à l'écrit compte tenu de l'évolution de la société surtout dans les milieux ouvriers.

Toutefois la parole reste symbolique dans sa promesse du supplice, puisque, c'est par elle que l'on atteint la langue à sa racine en tranchant la gorge du traître. C'est la description que l'on a retrouvée par exemple dans « le mystère de la Franc-Maçonnerie » 1730.
Ces éléments qui ont évolué dans le temps sont relativement différents des originaux, mais, se retrouvent au sein des instructions de l'apprenti des loges Française jusqu' à la fin du XVIII, et, sont actuellement présents dans les rituels Anglais.

De même, la confirmation de ce châtiment se retrouve dans les instructions de l'apprenti au c½ur des 3 textes Ecossais.
En effet, la clé de la loge est la métaphore de la langue du maçon qui lui permet les mots et les signes de reconnaissance lui permettant à la fois l'ouverture de la loge, la reconnaissance de la fraternité en tant que tels, mais aussi, la solidarité immédiate.
C'est ce que l'on retrouve dans le cadre de l'engagement du jeune apprenti lorsqu il prononce son serment. Ainsi, cette promesse confirme l'interdiction absolue de relever sous quelque forme que ce soit les secrets, et, surtout les mots.
Il est toutefois intéressant de noter que les supports qui pourraient être utilisés pour dévoiler ces secrets sont relativement récents et sont des illustrations « folkloriques ».

René Désaguliers, insiste sur la certitude que cet héritage provient de la Franc-Maçonnerie opérative. De plus, cette étude concerne uniquement le jeune entré qui finalement ne connaît qu'une seule partie du mot, et, non pas d'autres secrets. En effet, s'il connaissait la totalité du mot, il accèderait sans doute un jour à d'autres secrets professionnels ou pas.

L'EVOLUTION DU SERMENT D'APRES DES ARCHIVES CONNUES.

Le manuscrit d'origine anglaise Sloane (1700) mentionne impérativement de ne rien dévoiler à l'écrit, directement ou indirectement, et de garder secret tout ce que les maçons, et, de surcroît les surveillants auront révélés, cette confidence ne pouvant être partagée qu'entre frères.
Ce document souligne également de respecter les obligations des constitutions, et, bien entendu de garder les secrets fidèlement sous peine d'avoir la langue tranchée à sa racine.
C'est pourquoi l'entrant promet sur le livre sacré et sur les outils, et, souhaite que Dieu lui vienne en aide pour le voir et l'aider à tenir ses engagements.

Ce texte témoigne d'une tradition commune avec les textes écossais, cette transmission est toujours d'actualité à notre époque.
Par ailleurs, l'analyse de ce document permet de faire ressortir l'élargissement du secret et notamment du mot maçon. En effet, cela s'applique à tout ce que les maîtres estiment devoir être non révélé, cette idée n'existant pas dans les textes précédemment étudiés. De plus, il y a une obligation de faire références à la constitution notamment aux Anciens Devoirs puisque ceux-ci étaient lus lors des réceptions.

Après 1723, dans deux textes, « le grand mystère des Francs-Maçons révélés » (1724) et « l'institution des Francs Maçon » (1725) émerge une nouvelle condition qui se trouve être un concept inédit. Il s'agit de la solidarité envers tous ses frères en fonction de nos moyens et de nos possibilités et au nom de ce qui a été transmis par l'ancienne et noble science.

Enfin, dans le « manuscrit Graham » (1726) se retrouve tous les points du serment et des anciennes obligations des précédents textes comme bien évidement de garder puis de cacher les secrets.
Mais, c'est surtout la solidarité qui s'élargie à un devoir de fraternité, d'amour, et de secours pour ses frères, mais aussi, pour son prochain, toujours en fonction de ses possibilités et sans compromettre les intérêts de celui qui agit. C'est pourquoi, l'entrant s'abstiendra de vouloir mentir, commettre des adultères....

C'est à partir de 1726, dans les archives que nous avons, qu'il apparaît une diminution de l'aspect opératif dans les serments, mais, aussi un changement dans la formulation de ceux-ci.

Ainsi, dans le « manuscrit Wilkinson » (1727), « le mystère de la Franc- Maçonnerie » (1730), et, « la maçonnerie disséquée » (1730) documents relativement similaires, mais, qui conservent pour chacun d'entre eux des textes préexistants, on note l'apparition du premier état du serment maçonnique spéculatif.
De plus, on constate que le mot maçon n'est plus utilisé, mais que l'on emploie le terme des secrets. D'autre part, on peut soulever un autre point, puisque disparaît la spécificité opérative car il n'existe plus de référence aux anciens devoirs.

Ainsi, dans les écrits de Samuel Prichard, la référence aux anciens devoirs est bien occultée. Toutefois, on continue de promettre évidement de respecter son serment en présence de dieu et de la vénérable assemblée. Il apparaît également cette notion, de ne de ne jamais révéler les secrets et les mystères de la Franc Maçonnerie et des maçons, sous quelque forme que se soit, sauf, à un frère. De plus, si ces secrets étaient dévoilés, le châtiment serait tout autant terrible que dans les anciens textes.

En analysant la période, après la publication de ce serment, on constate dans les manuscrit Anglais tels que « Dialogue entre Simon et Philippe » 1740 et « Joachin et Boaz » 1762 qu'il a peu évolué et n'apporte pas de variation notable.
En revanche en France, dans les plus anciens textes, on repère une évolution qui est intéressante sur bien des points et qui ne sont pas à négliger.

En effet, l'aspect fondamental qui prime au premier abord est l'évolution de la prise à témoin de Dieu, qui est du reste une des caractéristiques Anglaise permettant de respecter sa promesse sur sa foi de gentilhomme avec l'aide et au nom du Grand Architecte De L'Univers qui est Dieu.
On le constate aussi, dans d'autres références littéraires telles que « le sceau rompu » 1745, « le maçon démasqué » 1751 ou encore dans le rituel de 1758 « Elément de la maçonnerie »

Cependant, il apparaît en 1765, dans le serment d'un manuscrit écrit apparemment de la main de Jean-Baptiste Willermoz, cette simple phrase : « je promets devant le grand architecte de l'univers ».Celle-ci va être récupérée en 1801 par le G.O.D.F qui s'en servira dans l'édition de son premier rituel qui sera « le régulateur maçon ».Elle sera prononcée dans cette obédience jusqu'à une modification du contenu du rite et sera même éliminée de celui-ci à partir de 1877. Ainsi dés 1765, cette phrase reste plus que présente dans les rituels, et notamment dans les premiers rituels du Rite Rectifié rédigé par Monsieur Thibault fils en 1781, après le couvent des Gaules, et, dans le Rite Ecossais Ancien et Accepté que l'on peut lire dans « le guide des maçons écossais » 1830

D'autre part, il est intéressant de souligner et de comparer au moins 2 aspects de ce serment qui sont :
- la bible et les évangiles
- l'évolution propre du R.E.R

En effet, en Ecosse et en Angleterre la bible reste un des moteurs indissociable de l'orchestration du serment.
Dès lors, dans tous les manuscrits traitant de l'engagement, on prête serment avec l'aide de Dieu et de la bible qui nous soutiendront dans notre tâche. C'est ce qu' on lit dans « le manuscrit Sloane » le serment se prononçant par le contenu de ce livre, mais parfois, la formule varie de manière légèrement différente, ainsi dans « Le grand mystère des francs-maçons révélé » 1724, on lit dans la phrase du rituel cette petite modification : par le contenu de l'écriture sainte, ou encore en mentionnant la sainte bible comme dans « le grand mystère ouvert à tous » 1726 , « la confession du maçon » 1727 , ou « la maçonnerie disséquée » 1730...
Par contre au XVIII siècle, dans les premières sources Françaises tels que « la divulgation du préfet de police Herault » 1738, « le secret des francs-maçons » 1744 ..., l'engagement est prononcé avec l'aide de dieu et sur les évangiles, la plupart du temps identifié par celui de Saint Jean.

Cependant il existe toutefois des exceptions, en effet l'évangile n'est pas forcement mentionné, C'est ce que l'on peut par exemple observer dans « le sceau rompu » qui ne fait référence qu'à la bible, ou dans cet autre exemple « les instructions d'Honoré Renard » dont les propos restent évasifs en ne parlant que de livre de la loi.

De plus, dans « le régulateur maçon » du G.OD.F, 1801, on constate l'absence de la bible et de l'évangile puisque ce n'était pas d'usage. Toutefois, ce n'est pas une généralité puisque dans la loge Jeanne d'Arc à l'Orient d'Orléans l'apprenti prête serment sur l'évangile, le compas et l'équerre.

Pour terminer sur ce premier point, traitant de la bible et des évangiles, certains rituels Français comme « le guide des maçons écossais » 1830, s'inspire de la tradition faite outre manche, c'est à dire la bible, ainsi l' évangile est absent du fait de cette répercussion.

D'un point de vu, purement propre à l'évolution du Rite Ecossais Rectifie (R.E.R), les rituels de 1780 mentionnent à propos de la promesse prononcée de ne jamais révéler les secrets de la franc-maçonnerie toujours avec l'aide de Dieu.
Toutefois, cette partie tient une place moins importante dans l'engagement du maintient des secrets en comparaison avec d'autres points beaucoup plus cités. D'autre part, le fait d'obéir aux lois de l'Etat n'est pas innovateur puisque cela l'était déjà dans « le grand mystère des Francs-Maçons révélé » 1724 qui spécifiait d'être fidèle au roi.
Par contre il apparaît un élément précurseur dans les rituels, qui se traduit par la disparition pure et simple de toute représailles sous quelques formes que se soit.

Dans la forme définitive de 1785-1787, la structure de ce rituel, au niveau des devoirs a subi une évolution qu'il est intéressant de considérer et d'étudier. Celle-ci se démarque par les modifications suivantes.
Avant même de prêter serment et d'être le garant des secrets, il est demandé au futur maçon d'être croyant, voire pratiquant, comme cela était le cas à cette époque, et de rester fidèle plus particulièrement à la chrétienté.
Il réapparaît également dans cet engagement, une répression morale par le fait d'être mis à l'écart et de ne plus avoir de fierté si la promesse était trahie. De plus, on peut souligner le fait que le châtiment physique a été éliminé comme cela l'a été en Angleterre. Toutefois, cette absence amène une difficulté dans la connaissance de ce rituel, mais aussi, pour l'accomplissement d'une certaine gestuelle.
Ainsi, pour mieux comprendre la disparition du châtiment physique, il est induit dans l'éthique de ces nouveaux rites, de se referer à l'ancien serment qui permettra de comprendre les mystères de l'ordre, c'est pourquoi en 1782, le convent général de Wilhelmsbad, indiqua que celui-ci devait être conservé dans les instructions.
De cette façon, dans l'ancienne formule du serment des apprentis, l'existence d'un châtiment physique que l'on connaît est bien présent. Dés lors, il correspond en tout point à ce que l'on retrouve dans les documents décrivant les serments.
Toutefois, René Desaguliers tient à préciser, que cet ancien texte ne correspond pas aux premiers rituels rectifiés du Convent des Gaules de 1778, en effet, l'origine de cette formulation est imprécise mais fait partie en gros de la tradition spéculative.

CONCLUSION CONCERNANT L'ETUDE DU SERMENT

Cette étude nous a permis de mettre en évidence dans le serment de la Franc- Maçonnerie opérative l'importance du secret notamment celui du mot de l'apprenti, même, si parfois cette perspective peut nous paraître étonnante, voire difficilement compréhensible.
Qui plus est, le signe qui l'accompagne est sans doute issu d'une très ancienne transmission, dont sa visualisation permet d'appréhender les représailles qui s'y raccrochent.

De ce fait nait la certitude que sans engagement il n'y a pas de terme et dans la logique des choses ni de maçon, ni de réception.
C'est pourquoi, le serment est, et demeure un élément indispensable et fondamental pour toutes initiations. Parfois, et, selon le contexte, il peut exister des serments sans cérémonie, mais, le contraire est une absurdité et va à l'inverse de la tradition, voire de la transmission.

Au niveau individuel, le serment a revêtu plus ou moins de l'importance selon les origines et le pays où il est prononcé.
Ainsi, dans les pays Anglo-saxon, on lui donne plus de valeurs et on ne peut pas promettre n'importe quoi comparativement aux pays latins où l'on accorde à celui-ci moins de rigueur.
De telle sorte que, ceux qui les rédigent doivent faire attention de ne pas faire preuve de zèle et d'autorité.
De ce fait, le serment au fil du temps a subi des transformations aussi bien dans sa forme que dans ses contenus, et au delà de ce constat, a permis l'émergence d'une multitude de nouvelles clauses Celles-ci s'éloignent du sens premier initial qui est le secret du mot, pour revêtir un sens plus symbolique lié à la franc-maçonnerie spéculative.

C'est pourquoi, il existe des landmarks qui sont les garants d'une morale dans la rédaction d'un serment. Ces garde fous permettent d'éviter tout abus et d'éviter des clauses trop abusives, comme se fut parfois dans des obédiences, autant sur un plan maçonnique, que sur un plan profane. Dans ce sens pour qu'un serment soit respecté et appliqué il faut qu'il soit le moins contraignant possible pour éviter sa dévaluation.

LES OBLIGATIONS FONDAMENTALES ET COMPLEMENTAIRES DANS LE RITE FRANÇAIS TRADITIONNEL.
Lors de la rédaction des rituels du Rite Français traditionnel, c'est de manière spontanée et incontournable qu'il a été rédigé un serment issu de cette étude et de ces réflexions.

En ce qui concerne la structure de celui-ci, les rédacteurs de ce texte ont distingué 2 nécessités.
Une obligation fondamentale qui comporte la notion de garder les secrets et de ne pas les divulguer sous quelques formes que se soient, la divulgation étant liée au châtiment, elle hérite de la tradition opérative.
Et Une obligation complémentaire qui regroupe l'idée de fraternité, mais aussi, de ne pas révéler l'appartenance de ses membres, ainsi, que les statuts et règlements.
De plus elles sont liées l'une à l'autre, et sont la base du fondement du serment.

Pour conclure voici en résumé le texte du serment qui se pratique dans le Rite Français Traditionnel.

Au niveau des obligations fondamentales :

L'entrant s'engage devant le Grand Architecte De L'Univers qui est Dieu, et sur l'Evangile de Saint Jean sur lequel est posé une épée, mais également, en présence de la respectable Loge. Ainsi, il prononce de cette façon son engagement sur son honneur, et de son plein gré de ne rien révéler et de ne rien dévoiler de ce qui lui a été confie, ou qui lui sera dit, des secrets de la Franc-Maçonnerie passés ou à venir.
Cette obligation ne peut se partager qu'avec un frère reconnu en tant que tel.
De plus, l'entrant s'engage à ne jamais écrire sous quelque forme que se soit ces secrets, et n'engagera personne à le faire. Il veillera à ce que cela soit respecté dans les mesures de ses capacités. Le récipiendaire fait cette promesse sans arrière pensée, et si celle ci était rompue il s'ensuivrait des représailles indescriptibles.

Au niveau des obligations complémentaires.

Le futur Apprenti s'engage toujours sur l'évangile à aimer ses frères fraternellement et à ne pas divulguer sans leur autorisation leur activité maçonnique. Et il promet aussi, durant toute sa vie de maçon de respecter les statuts, les règlements de son obédience et également de tout ce qui régit les règles et obligations de sa loge.
Il conclu en invoquant l'aide de dieu et de l'évangile, afin, que sa promesse et ses obligations ne soient jamais trahies et qu'il puisse les appliquer.

Epilogue


A travers la recherche du travail historique de René Desaguliers, on peut souligner que les serments avant et après la réforme Andersonniene ont été rédigés en prenant compte des anciennes obligations.
Il est important de noter que ces serments ont évolué dans leurs contenus et tiennent compte de la progression de la société notamment lors de « la démocratisation de l'alphabétisation » dans les milieux les plus simples.
Ensuite ces serments vont être transmis et vont pratiquement ne plus subir de modifications notables, et c'est sous ces formes aujourd'hui que s'effectue la parole donnée, gardienne des secrets de notre engagement quels que soient les rites.
Dès lors, l'engagement en France ou Outre Manche va reprendre tout ce qui fait la valeur du serment, et de la parole donnée toujours avec l'idée d'une croyance religieuse d'origine judéo-chrétienne, puisque cette promesse se fait selon l'origine de la nationalité de l'entant sur la bible ou l'évangile.
C'est pourquoi, notre auteur /notre frère considère que le serment dépasse le temps et les frontières. Il est le lien invisible entre tous les maçons puisqu il s'agit d'un héritage commun.
De plus, c'est également un élément indissociable et indispensable lors de toute réception. Ainsi, sans lui, l'authenticité que l'on accorde à ces cérémonies ne peut être qu'une pale reproduction de la valeur que l'on accorde à la transmission et aux contenus que cela inclus.
C'est pourquoi, cet engagement est, et doit rester la clé de voûte de l'héritage universel de la transmission maçonnique et de ses secrets.
Ce n'est que de cette manière que s'effectuera naturellement la transmission comme elle s'est toujours effectuée et que cette fraternité survivra à notre passage sur terre.
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# Posté le samedi 24 novembre 2007 01:54
Modifié le vendredi 07 décembre 2007 07:28