Allégories et symboles dans l'«Hortus Deliciarum» de Herrade de Landsberg (de Frédéric Tristan )- 4ème Partie résumé par Caroline P.

 Allégories et symboles dans l'«Hortus Deliciarum» de Herrade de Landsberg (de Frédéric Tristan )- 4ème Partie  résumé  par Caroline P.

Renaissance Traditionnelle Tome VII
N°27 Juillet 1976. p196 & N°28 Octobre 1976. page 303


III – Les vices : La roue de la fortune et l'échelle céleste:

L'Hortus Deliciarum comporte toute une partie axée sur le combat de vices et des vertus. Ces combats sont synthétisés dans deux planches : la roue de fortune et l'échelle céleste.

La roue de la fortune :
La représentation de la roue de la fortune constitue l'une des autres illustrations de l'apport des figures païennes et principalement romaine dans l'art roman. Elle reprend le symbole de la roue solaire appelée roue de la fortune par Boèce.

Dame Fortune, richement vêtue et assise sur un trône posé sur un monticule à trois sommets, actionne la manivelle de la roue. La fortune renvoie à la cupidité humaine, à la recherche sans fin de la gloire et à l'attachement des vanités humaines, mais fortune n'est pas fidèle. Un roi en gloire perd, par le mouvement de la roue, d'abord sa richesse avant de perdre sa couronne. Mais, avide et jamais comblé, il s'accroche et réussit à revenir vers la gloire et la fortune.

L'interprétation chrétienne du symbole ancien se retrouve ici encore car Herrade, explique que l'âme qui abandonne Dieu ne sera jamais arrêtée dans sa chute et tombe toujours plus bas sous le péché sauf si celui-ci est enrayé par la pénitence.

La roue de fortune constitue un thème courant dans l'iconographie romane et se retrouve dans une représentation très proche avec le roi au sommet et dans sa chute sur le croisillon Nord de la cathédrale de Bâle. La cathédrale d'Amiens elle aussi comprend une rosace au-dessus de laquelle est figurée une roue de fortune : au sommet de la rosace , sur le cintre supérieur, se trouve un roi assis entouré sur sa droite de personnages symbolisant un mouvement ascendant, et après lui, sur sa gauche, de personnages engagés dans un mouvement de chute.

La description de l'Hortus Deliciarum se distingue de la représentation très connue à l'époque romane, donnée par Honorius Augustodunensis et son « Speculum ecclesiae », cité dans le texte de l'Hortus : il parle d'une femme attachée à une roue qui tourne perpétuellement. Tantôt sa tête s'élève, tantôt elle s'abaisse. Cette roue représente la gloire du monde emportée dans un mouvement éternel et souligne que les puissants et les riches peuvent être facilement perdre leur position sociale et être précipités dans la pauvreté.
Et n'oublions pas qu'au 12ème siècle, on promenait (à quelle occasion ? A priori il s'agirait de fêtes de carnaval) « entre brandons et torches », une roue ardente. (15)

Il en existe de nombreuses autres représentations de la roue de la fortune dans les représentations du folklore médiéval même tardif. Ainsi, dans l'une des représentations par exemple du « Roman de Renard » ou du « Roman de Fauvel ». Dans le premier, Renard représente le démon qui séduit l'humanité en favorisant les ambitions du monde. Le thème de la roue de fortune y est représenté de manière tout aussi péjorative : c'est par sa « male ars », sa ruse, que Renard triomphe et se retrouve installé au sommet de la roue de la fortune, comme le montre la représentation jointe . (16)
Dans le roman de Fauvel, Renard est supplanté par un autre animal, le cheval qui soumet ceux qui l'entourent au lieu d'obéir à ses maîtres. Une très interessante représentation » (17) place Fauvel au sommet d'une roue actionnée par Dame Fortune aux yeux bandés alors que Dame Raison, tenant une équerre et un compas met en garde les courtisans quant à l'inconstance de la Fortune.

L'échelle des vertus:
L'échelle des vertus constitue, dans un évident rappel de l'échelle de Jacob, en allégorie, une synthèse des tentations qui guettent l'homme, qu'il soit clerc ou religieux. Symbole solaire relié à celui de l'arbre, l'échelle constitue un symbole très riche, présent lui aussi dans de nombreuses cultures, et le présent travail n'a pas pour objet de le traiter par lui-même. Disons simplement que, par analogie, l'échelle de Jacob est très présente dans l'art roman, tout comme l'arbre de Jessé, les symboles du haut (le bien) et du bas (le mal) renvoyant à l'idée d'ascension, de degrés à franchir.

Des anges combattent les démons qui s'attaquent à ceux qui tentent de gravir les quinze barreaux de l'échelle. Tous les personnages se détournent de leur but, attirés par le monde matériel, ses richesses et son confort.
- le chevalier et son épouse tombent dès la début de leur progression attirés par les richesses temporelles alors que l'ermite, en haut de l'échelle chute, car comme nous l'apprends le texte : à trop bien cultiver son jardin , il néglige la prière ... .
- les religieux ne sont pas épargnés : un clerc chute à l'appel de son amie et des mets fins entreposés au dessus de son église. Un moine cloîtré, reconnaissable à sa capuche, chute, attiré par un bon lit et de la nourriture, car comme le dit le texte : le repos voluptueux du sommeil le rend mou.
En bas, à gauche, un dragon menace ceux qui tombent, il est nommé « urbes » ville, assimilée au danger.

Cette allégorie prend tout son sens symbolique mise en parallèle avec celle du Léviathan.
La divinité, Dieu, lance un hameçon dans « la mer du monde ». La ligne est composée par des médaillons représentants les prophètes et patriarches pour aboutir à un hameçon en forme de croix planté dans la mâchoire du Léviathan, monstre marin mi-dragon, mi-poisson. Le texte précise que Jésus Christ perfore la mâchoire du Léviathan ce qui fait dire à certains commentateurs (18) que la figure limbée de manière byzantine serait une représentation du Christ, alors qu'il s'agit manifestement d'une femme et donc a priori davantage d'une représentation de l'Eglise.

D'ailleurs, cette femme, bien que positionnée sur une croix n'est pas crucifiée, mais en position orante, en majesté.
La croix était parfois nommé « l'échelle des pêcheurs » (19) ou « divine échelle » et illustre bien l'idée très présente dans la culture romane que la Croix empêche le démon de poursuivre son ½uvre et délivre le genre humain de la puissance du démon . (20)

Point particulier : la représentation du « fils de joseph » : une autre particularité dans les représentations : celle du fils de joseph : la représentation de la fuite en Égypte, représentation rare en elle-même, nous montre bien évidemment Joseph tenant un âne sur lequel Marie est assise. Un jeune homme qualifié de serviteur de joseph est aussi représenté suivant l'âne. Dans d'autres rares représentations, il serait présenté comme le fils de joseph (p29)

Notes:

(15). M Davy, page 88

(16). Jacquemart Giélée, Renard le Nouvel, vers 1290-1300, Nord de la France.

(17). Manuscrits Bourdonnais, vers 1500 - 1505 « Bestiaire médiéval - enluminures », Ed BNF p 146 et 147

(18). MM Davy, essai sur la symbolique romane, ed flammarion, page 167

(19). Adam de Saint Victor

(20). Cf MM Davy , 166
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# Postato martedì 01 luglio 2008 13:04

La Nouvelle Colonnie extrait présenté par Nicole G.

La Nouvelle Colonnie extrait présenté par Nicole G.
Renaissance Traditionnelle N°53
Tome XIV Janvier 1983. p 45



Ce conte anonyme en forme de lettre se trouve dans le fonds de bibliothèque Calvet à Avignon.

Il n'est pas daté, mais il porte fortement la marque de l'idéalisme de la fin du18 éme siècle :
Après le Robinson Crusoé de Daniel Foë (1719), on pense à Voltaire, à Jean-Jacques Rousseau et surtout à Paul et Virginie qui se situait dans les mêmes parages : L'île de France où L'île Maurice. Mais quel précieux témoignage sur l'Idéalisme maçonnique français de cette période là.

Vous vous rappelez sans doute mon cher ami, que je m'embarquai à Nantes pour les Grandes Indes il y a plus de 10 ans. Après avoir doublé le cap de bonne espérance nous fumes assaillis par une tempête affreuse nous jeta sur des côtes inconnues. Vous dire ce qui se passa à ce moment terrible, je l'ignore, je n'ai jamais pu apercevoir la plus légère trace de mes compagnons.

Un vague bienfaisante me porte sur un banc de sable où je reste sans mouvement et presque sans connaissance, et accablé de fatigues j'attends à chaque instant que le flot vint me replongé dans l'abime ; l'orage se calme, les vents s'apaisent ainsi que les nuages, la nature apparait à nouveau dans tout son éclat. Je sens l'espoir renaître en mon c½ur et mon courage se réanime, à l'aspect d'un rivage qui n'était pas éloigné de mon banc de sable.

En me prosternant afin d'embrasser la terre qui daigne me recevoir, je marche pendant quelques heures. Rien d'habité, mais devant moi des arbres chargés de fruits, quelques ruisseaux serpentant dans les prairies émaillées de fleurs m'annoncent que si je dois vivre seul, la nature prévoyante pourra suffire à mes premiers besoins. Images consolantes.qui me permet d'avancer.

Déjà le jour déclin, je sens la tristesse s'empare de mon âme à mesure que le soleil se perd sous l'horizon. Tout à coup un homme sort d'un bosquet. Sa surprise égale ma joie, il veut fuir, je le poursuis, j'ai des ailes. Je suis au moment de l'atteindre. Il s'arrête et je demeure immobile.

Un mouvement dont je ne puis me rendre compte, me fit faire un signe maçonnique, on m'y répondit. J'avance la main, on me la serre et je sens l'attouchement mystérieux. Je le rends. On se jette dans les bras l'un de l'autre et mes joues sont bientôt recouvertes de baisers et de larmes suivies, d'un mouvement d'inquiétude de la part de mon inconnu. Je crois lire dans ses yeux la crainte de s'être trop avancé. Je me hasarde à lui demander êtes vous mon frère. Il m'entend et me demande le mot sacré et mille embrassements suivent cette explication. Suivez-moi et si vous êtes Maçon dans le c½ur, c'en est assez vous êtes heureux.
Déjà la nuit. Il me fut impossible de rien distinguer avant d'arriver à la cabane un peu élevée au dessus de la terre et à l'entrée de laquelle sept degrés la conduisent. Dans le séjour, une femme avait encore de la beauté, un beau garçon et une belle fille composaient sa famille. Voilà ma femme et mes enfants me dit-il. Quant à vous, en leur adressant la parole, je vous ai souvent parlé du devoir sacré de l'hospitalité, pratiquez aujourd'hui cette vertu que nous n'avons jamais pu connaître que dans la spéculation ; comme homme et comme malheureux cet étranger a des droits sur nous...

On s'empresse à me prodiguer tous les secours dont j'avais besoin. La manière dont ils m'étaient offerts ajoutait encor à leur prix. Repas délicieux, puis la proposition d'un lit de feuillage me permit de réparer dans les bras du sommeil mes forces épuisées.
Le lendemain on me donna de nouveau vêtements comme la coutume du pays. Mon hôte me prévient qu'il allait me présentait au chef, vous êtes maçon, c'est un titre respectable chez nous. Vous verrez à quoi peut servir la Maçonnerie.

En le suivant, je vis que c'était un lieu habité par des hommes et des hommes policés. Environ quatre cent cabanes alignées et partagées en plusieurs rues me parurent composées la ville de ce nouveau peuple. Etant toutes parfaitement semblables. Sauf deux plus élevées et plus considérables que les autres. Je demandais la raison de la différence. Mon hôte me répond que l'une est un Temple consacré au culte public et l'autre la Loge où les Maçons s'assemblent. Nous arrivons chez le chef, vieillard respectable, on lui donne le titre de Père, il est accompagné de six autres personnes qui sont ses assesseurs ou conseillers.

« J'ai appris dit-il votre arrivée chez nous et je bénis le ciel de ce qu'il vous a préservé du naufrage ou tous vos compagnons sont morts. Il parait qu'il vous protège d'une manière visible, continuez à mériter ses bienfaits, vous trouverez parmi nous tout ce qu'un homme sensé et raisonnable peut désirer. J'ose désirer qu'il ne dépende que de vous d'être heureux. »

Vous êtes européen et français et peut-être vos préjugés et vos goûts seront-ils des obstacles au bonheur dont nous jouissons. Mais ce qui me rassure sur vos m½urs et votre probité c'est que vous êtes Maçon.
Vous ne serez point admis à nos travaux, avant que nous soyons rassurés sur votre conduite et caractère, nous prenons pour nous même ses précautions.

Je raconte alors mon naufrage et l'on m'assura depuis que l'île était peuplée, j'étais le premier étranger portés par les flots. On m'embrassa en me précisant leur crainte de voir que les vices et les ambitions s'y introduisent et viennent troublée la paix et l'harmonie.

Voici le tableau des m½urs et du gouvernement d'un peuple extrêmement simple. Et dont les désirs se bornent à ceux de la pure nature ; qui jouit d'un ample nécessaire sans en connaître les besoins factices. Les hommes sont d'une taille au dessus de celle des européens. Leur figure est noble, souplesse et agilité de leurs membres entre qui quoique entretenu par un travail continuel n'est pas pénible.

Les femmes sont belles et leur beauté ne doit rien à l'art et ne sert qu' seconder la Nature ; leur parure n'as point été inspirée par la Vanité, mais aussi ne dérobe rien à leurs grâces. Ce n'est pas uniquement pour plaire qu'elles se parent ; mais elles le font d'une manière qui les rend encore plus aimable. Elles conservent leurs charmes forts longtemps et leur vieillesse n'est qu'un bel automne. Ici point de célibataires. On oblige personne à se marier, mais le mariage ne présentent aucuns des inconvénients que l'on rencontre dans votre société, pas de corruption.

Etre père est un beau titre, ce n'est pas pour propager seulement son existence c'est encore propager son bonheur. Le mariage est pour la Colonie jour de fête joie pour tous, la naissance de chaque enfant est célébrée comme celui de vos princes. On rend grâce au ciel du présent qu'il fait. J'ai vu un vieillard plus que centenaire expirer dans l'allégresse en serrant entre ses bras un de ses arrières petit fils qui venait de recevoir le jour.

Je ne meurs pas puisque je laisse des successeurs à la vie et au bonheur. Ici le trépas est sans horreur et sans tristesse, ce n'est pas un tribut forcé que l'on paye à la nature, c'est le triomphe d'une bonne vie. C'est l'échange d'un bonheur passager avec un bonheur immortel.

Apprenez comme ils vivent, parmi eux point de propriété, tout est en commun chaque famille à une quantité de terre à cultiver. Les fruits, les moissons, tout est déposé dans les magasins publics et distribué à proportion des besoins des individus, dés lors aucune de ces contestations multipliées qui engendrent chez vous les haines et les inimitiés, richesses et ambitions, orgueil et jalousie. Une égalité parfaite est la seule base de la Paix et de la Fraternité dont ils jouissent. Dans le temps où la main laborieuse de l'homme a confié son sein bienfaisant, les uns s'occupent aux manufactures nécessaires aux vêtements, les autres aux réparations publiques, a bâtir ou reconstruire les maisons.

On est toujours en mouvement et en activité. Le repos ne ressemble pas à l'oisiveté. On l'emploi au culte religieux. Il est infiniment simple assez heureux pour avoir à conserver les véritables idées de la divinité. Ils ont une reconnaissance certaine pour les bienfaits du grand être ; une confiance sans borne dans ses bontés. Voilà ce qui l'objet de leur hymnes et cantiques.

Leurs lois civiles ne sont pas plus compliquées, assurer et conserver les propriétés, punir et prévenir les crimes. Tel est le but que se sont proposés tous vos législateurs, ici rien de semblable ; l'intérêt particulier n'étant jamais séparé de l'intérêt public, tout ce qu'on à fait pour concilier l'un et l'autre dans votre monde social ne peut avoir lieu dans celui ci, et l'on n'est pas obligé d'occuper la moitié de la nation à veiller sur l'autre. On n'y connait point d'état de guerre intérieur, qui vous agite perpétuellement. Les procès sont ignorés, parce qu'il y à que l'intérêt général d'où dérive nécessairement le bonheur particulier.

Nous sommes tous frères, rien ne nous appartient. Tout est à la société. Voilà leur code, voilà leur lois quand à la propriété.

Vous me demandez pourquoi quels sont les ressorts puissants qu'on a employés pour établir et conserver cet ordre et cette harmonie. Un événement semblable au mien jeta il y a plus de deux siècles, trois hommes et trois femmes sur cette île que j'appelle l'île de la félicité. Ces hommes étaient maçons : Plus unis encore par les liens de la Fraternité maçonniques que par ceux du besoin, et privé de l'espoir de retourner dans leur ancienne patrie, ils adoptèrent celle que la providence leur présentait. Ils formèrent un établissement qui prospéra. La fécondité de leurs femmes répondant à celle de la terre qu'ils défrichaient. Ils sentirent qu'ils étaient nécessaires de donner une forme de constitution à la nation dont ils allaient être père. Attachés aux principes de la Maçonnerie, ils élevaient leurs enfants dans les sentiments de l'égalité et de la fraternité. Ils n'eurent pas de peine a leur persuader que devant leur existence à l'être suprême, ils étaient tous égaux à ces yeux, et que ce qui pouvez les différencier n'était que la pratique des vertus par lesquelles on pouvait l'imiter et lui plaire. Que l'amour de ces semblables étaient la première de ces vertus et bientôt nos trois premiers maçons eurent élevés des êtres dignes d'êtres initiés dans leur mystères. Ils tinrent souvent Loge. Les principes maçonniques se gravèrent dans leur c½ur et reproduisirent le bonheur de la société. Afin de transmettre et de contribuer à la perfection de l'art royal.

Même aujourd'hui, tous nos insulaires na sont pas tous maçons c'est un but qu'on propose
Telle est en abrégé, la base de ce gouvernement étonnant de maçons ce que non pu faire les Zoroastres, les Solons, les Licurgues. Je n'ai été admis dans les assemblées maçonniques, qu'après m'être dépouillé de mes préjugée européens, qu'après m'être pénétré de ces principes d'égalité, d'union et de paix, que vous prêcher dans vos loges et que vous oublier bientôt dans votre monde social.

Un étranger introduit dans le sénat à Rome s'écria qu'il avait vu une assemblée de rois.

Enfin je suis heureux, mon épouse fait mes délices et moi je fais les siens. C'est la fille de mon premier hôte. Mes enfants font ma gloire et ils ne dégénéreront point. Lorsque le grand Etre de l'univers me rappellera vers lui. Ils fermeront mes yeux ils recevront mes derniers soupirs ; et j'irai sans inquiétude les attendre dans ce séjour fortuné dont le bonheur de cette vie n'est qu'une légère image. Si j'ai quelque grâce à demander au Ciel, c'est de n'être jamais séparé de ma vertueuse épouse ; et que le même instant nous réunissent dans le sein de l'Eternel.

Communiquez ma lettre a nos frères européens, puisse t'elle les convaincre de plus en plus que la maçonnerie est le plus sur moyen de parvenir au bonheur.
On me demandera peut-être comment cette lettre m'est parvenue. Celui qui 'a écrite ne m'a point fait connaître la voie dont il s'était servi, c'est son secret et je n'ai pas cru devoir chercher à le pénétrer. Le lecteur voudra bien se contenter de cette réponse.

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# Postato lunedì 21 luglio 2008 12:59

Modificato sabato 08 novembre 2008 02:57

Jean Théophile Désaguliers (de Harvey N. Brown) résumé par Jacques F.

 Jean Théophile Désaguliers (de Harvey N. Brown)  résumé  par  Jacques F.
Renaissance Traditionnelle N°7
Tome II Juillet-Octobre 1971. p223


Dans une première partie nous est donné un bref aperçu de la vie de Desaguliers. Une déclaration viendra ensuite alimenter notre réflexion sur la nature de la franc-maçonnerie.

On apprend qu'il est né à la Rochelle. Avec son père, un pasteur huguenot, il rejoint l'Angleterre ou il fait ses études. A la fois scientifique, philosophe, inventeur, Grand Maître de la grande loge d'Angleterre en 1719, membre de la société royale, il entre aussi dans les ordres de l'église d'Angleterre.

Desaguliers apparaît donc comme un homme brillant par son savoir, mais hors document on peut facilement s'apercevoir que cet homme brille aussi de l'intérieur.

Né en 1683 mort en 1744, il est obligé, à l'age de trois, ans de fuir avec son père les évènements tragiques, vécus par les huguenots, en s'exilant en Angleterre. Il en gardera à jamais des traces qui lui donneront une soif insatiable de paix et de fraternité avec une remarquable rigueur scientifique et d'accomplissement personnel.

Malgré ses relations très influentes avec la haute noblesse, que ce soit par l'intermédiaire de Newton dont il est proche, ou par l'intermédiaire de la société royale, il se désintéresse de toute carrière honorifique ou matériellement avantageuse. Il connaît au contraire quelques difficultés d'existence mais reste malgré tout porté par la bienveillance et le perfectionnement du bien-être social et se consacre presque entièrement à des ½uvres de charité.

Initié probablement en 1717 par la loge Antiquity N° 2 de Londres», il participe, avec James Anderson, à la rédaction de la première constitution et des règlements généraux de la Grande loge vers 1722.
Qualifié de « père de la franc maçonnerie spéculative moderne », il est fortement probable que ses traits personnels aient pu marquer en profondeur la Maçonnerie en n'oubliant pas qu'il était aussi un théologien très pieux.

La deuxième partie d'ailleurs, au travers d'une de ses déclarations, Desaguliers nous expose son refus de l'athéisme comme explication de l'univers, et ce, malgré sa brillante formation scientifique. Plutôt A tendance déiste, il ne semble pas pourtant selon l'auteur opposé à admettre des athées en maçonnerie, mais la question sur la légitimité d'une croyance en initiation maçonnique reste posée. La franc-maçonnerie, d'ailleurs, ne serait elle pas l'instrument privilégié pour créer cette équerre qui nous est si chère ou l'axe vertical figurant le divin rejoint le plan horizontal de la raison humaine. Equerre que Desaguliers semble avoir approché de prés.

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# Postato domenica 27 luglio 2008 03:25

Philo musicae et Architecturae Apolloni Society présenté par Joël J.

Philo musicae et Architecturae Apolloni Society   présenté par Joël J.
« Philo musicae et Architecturae Apolloni » est une société qui a fait l'objet de nombreuses communications, notamment l'article inclus dans l'encyclopédie d'Albert G. MacKey. On en retrouve la mention dans l'ouvrage de Goblet d' Alviella « Des origines du grade de maître dans la franc-maçonnerie »(1). Sur les mentions particulières relatives à cette société, un bon nombre de communications ont été publiées dans les Ars Quatuor Coronatorum, entre 1970 et 1995. Quant aux recherches portant sur les trois premiers grades de la franc-maçonnerie « moderne », on se reportera aux articles concernant les « Essai de recherche des origines, en france, du rite écossais pour les trois premiers grades » dans les numéros N° 54-55 d'Avril et Juillet 1983, 56 d'Octobre 1983 et 57 de Janvier 1984. Les « Essai sur les origines du grade de Maître » de Roger Dachez publiés dans R.T. depuis le n°96 d'Octobre 1993 jusqu'au n°99 de juillet 1994 sont tout aussi bien recommandés, de même l'article référencé en note 3 de bas de page de la présente chronique.

Le premier catéchisme maçonnique connu a été introduit par le Grand Maître Sir Christopher Wren aux alentours de 1685. Le terme utilisé alors était « examen » (« examination ») et contrairement à ceux qui ont suivi, il était très concis. On sait que les maçons de cette époque faisaient reposer leurs modes de reconnaissance sur des signes et attouchements. Il reste néanmoins quelques questions et réponses qui ne manquent pas d'intérêt (2) :

« Q. Quel est votre nom ? ...
A. AE ( Apprenti Entré ) : Lewis ou Caution.
A. CM ( Compagnon de métier ) : Géométrie ou Equerre
A. MM ( Maitre Maçon ) : Cassia ou Gabaon »

Cette distinction dans les réponses n'indique pas de manière fiable que l'organisation du métier repose sur trois grades distinctement différenciés par des formes rituelles adaptées. Néanmoins, il s'agit bien de trois type de réponses différentes dont les éléments sont encore présents de nos jours. En ce qui concerne la distinction véritable entre le Maître de métier et l'équivalence de désignation entre le Maître et le Vénérable Maître, nous n'avons pas, à ce jour d'éléments constitutifs assez précis pour affirmer que la rituélie et la distinction étaient en place avant la première moitié du XVIIIème siècle...

Si l'on se penche sur l'étude des rituels que l'on pense avoir été pratiqués par les francs-maçons durant la première moitié du XVIIIème siècle, on devra nécessairement s'attarder sur une particularité propre à cette époque et dont la pratique n'a pas perduré ; celle de constituer des sociétés para maçonniques, et particulièrement musicales, dont les activités et l'administration dépendaient d'une Loge. La Société « Philo musicae et Architecturae Apolloni Society » est l'une de ces sociétés.

La copie du « minute book » de cette société fut offerte au British Museum par John Henderson en 1859. Il y est répertorié sous le numéro « Son. No. 23202 ». Ce document indique que la société fut fondée le 18 février 1725 à l'Auberge de la « Queen's Head », près de Temple Barr à Londres, par une Loge éponyme. Le groupe des fondateurs était conduit par Francesco Xaviero Geminiani ( Lucques 1687 - Dublin 1762 ). Celui-ci était encore « Apprenti entré » à l'époque de la création de la « Society » et n'était pas un inconnu en matière de musique. Emigré à Londres depuis 1714, ancien élève de Corelli et d'Alessandro Scarlatti, Geminiani était un compositeur virtuose et professeur de violon. Il était aussi un collectionneur et marchand de tableaux particulièrement considéré.

Néanmoins, si Geminiani n'était encore qu'Apprenti, il est fort probable de l'une de ses connaissances, membre fondateur de la Grande Loge de Londres, dite « moderne », John Clerk, Baron de Penicuik, lui aussi musicien et ancien élève de Corelli assez connu à l'époque pour ses compositions d'inspiration écossaise, fut mêlé à la création de l'association. Dans la mesure où Géminiani était « apprenti » à l'époque de la création de la Société, on peut penser que des deux anciens étudiants de l' « Accademicia Arcadia » de Corelli, c'est le Baron qui entraîna son ami en maçonnerie.

En 1903, la Loge de recherche Ars Quatuor Corronati, dans le cadre de ses recherches portant sur les anciens textes fondateurs et les structures maçonniques du XVIIIème siècle, a présenté le « minute book » de l'Association dans ses chroniques Ars Quatuor Corronatorum ( Vol.XVI ) : sous la plume de R.F. Gould, dans un article intitulé « Philo Musicae et Architecturae Societas Apollini ». La copie des travaux de la « philomusicae » qui y est commentée décline les activités de l'association. Elle comporte aussi une information particulièrement importante pour l'histoire de la franc-maçonnerie et l'étude de ses « paléo-rituels » : rien moins que la première mention explicite, connue à ce jour, de travaux maçonniques en trois grades avec élévation de l'un à l'autre.

Le répertoire de la Grande Loge de Londres signale, que la Loge « Queen's Head » à l'origine de la fondation de la société philo musique était enregistrée à l'Orient de Hollis Street près Oxford Square. C'est assez surprenant car les deux endroits sont assez éloignés l'un de l'autre et cela pourrait signifier qu'il ne s'agit pas de la même Loge ou alors qu'il y a bien une séparation formelle entre l'association et la Loge. Néanmoins, le « minute book » nous informe aussi que la Société est hébergée par la Loge et que sa réunion d'obligation a lieu une fois l'an, le jeudi suivant la Saint-Jean Baptiste. Ce registre nous offre donc une autre information importante, c'est la probable systématisation de la conversion du Saint Patron des maçons par les « moderns » et ce, depuis la fondation de la Grande Loge à la Saint-jean d'été 1717.

Relativement à l'éloignement, la question qui se pose est celle des tenues foraines et, par extension, la remise en question définitive du qualificatif de Loge appliqué aux groupes affiliés à la franc-maçonnerie spéculative anglaise. Cette indication de lieux séparés pour organiser les rencontres confirme, si besoin en était, les doutes légitimes concernant l'origine « opérative » de la franc-maçonnerie londonienne. En effet, la réalité du modèle des loges opératives – au sens que nous pouvons donner au mot loge, à la lumière de la Maçonnerie spéculative : c'est à dire, une structure permanente, réglementant et contrôlant le Métier en tous points du territoire, pourvue d'usages rituels spécifiques – est tout à fait problématique en terre anglaise : il n'en demeure simplement aucune trace. Plusieurs concordances amènent à penser que les réunions de Loges des débuts de la franc-maçonnerie spéculative n'avaient pas nécessairement, comme aujourd'hui, de lieux fixes. Pour la première moitié du XVIIIème siècle, on sait que les Loges commençaient à ce stabiliser, suivant, en cela, une coutume commencée au siècle précédant, mais se réunissaient-elles de manière régulière et selon un calendrier rapproché ? C'est ce que tendrait à confirmer les chroniques de l'association « philomusicae » relativement aux tenues de sa Loge de référence. Cette indication d'hébergement dans une taverne qui aurait servie aux deux regroupements laisse penser à une complémentarité entre la Loge fondatrice et l'association, comme si cette dernière était, en fait la façade de la première, plus discrète et, d'autre part, que l'inauguration de l'association à Temple Barr le fut à cet endroit pour des raisons pratiques, indépendantes de la régularité des réunions.

On peut aussi penser, et cela viendrait comme une indication pour d'autres sujets de recherches, que cette Association ait été fondée afin d'assurer le rôle de « colonne d'Harmonie » lors des réunions maçonniques de la Loge. Ce point mérite d'être noté dans la mesure où il incite à penser qu'il ait pu y avoir une forte complémentarité entre les structures mais aussi, pour aller plus loin, que d'autres associations para-maçonniques dont l'objet porterait sur d'autres sujets auraient pu être créées. N'oublions pas que la maçonnerie franche et acceptés se présentait comme un « facilitateur » d'échanges et de recherches, si la musique a pu servir de vecteur à ces échanges, qu'en est-il des autres arts libéraux ? Sur ce point, on sait que le « Druid Order », fondé cette même année 1717, et qui est devenu plus tard « The Ancient and Archeological Order of Druids » n'acceptait aucun nouveau membre qui ne soit pas franc-maçon. Cette disposition n'a disparue des statuts qu'en 1874, soixante an après l'acte d'Union.

Le fait que les membres fondateurs de l'Association appartenaient tous à la Loge « Queen's Head » nous permet de nous poser ce genre de questions, tant sur l'identité des deux structures que sur l'inscription de la Loge « à l'Orient(3) » de Hollis Street.

Pour 1726, on ne dispose pas réellement d'éléments rigoureux en ce qui concerne les obligations des Loges en matière de lieux de réunions à savoir Temples ou Auberges... Par contre, on sait que c'est seulement à partir de cette année que la Grande Loge de Londres commença a essaimer dans les quartiers périphériques de la Capitale. Il est de coutume de penser que ce développement est le prolongement naturel de la fréquentation et de l'augmentation des membres, ce qui n'est pas contradictoire avec le manque de stabilité. En effet, la fréquence des réunions d'obligation n'est pas liée au nombre de membres inscrits. Pour la question qui nous occupe, il est très difficile de savoir si la Société et la Loge étaient deux entités séparées car la « Philo musicae Society » est toujours présentée comme une simple association d'amateurs de musique et pas seulement musiciens, même s'ils sont tous francs-maçons. C'est ce point particulier qui permet de penser au commencements des « colonnes d'harmonie ». On sait que les rites anglo-saxons du début du XIXème siècle disposent officiellement d'un poste d'organiste qu'ils ont hérités des pratiques anciennes.

Pour ce qui concerne les Loges et leurs relations avec les « satellites » associatifs qu'elles auraient développé, on manque de documents directifs, c'est à dire portant obligation d'installation, ou informatifs, indiquant le lieux systématique de la rencontre, qui permettrait de dire avec certitude s'il existait une règle écrite ou implicite applicables aux Loges sur le fait de s'installer dans des lieux différents les unes des autres. On sait, par contre, avec certitude que les Loges prenaient le nom des tavernes dans lesquelles elles se réunissaient et que le poste de « tuileur » est un héritage de cette pratique des auberges. La porte devait être surveillée extérieurement comme on devait l'avoir fait pour veiller à la discrétion des travaux, à l'époque des « bâtiments de chantier ». Là encore se pose la question de l'identité de la Loge « Queen's Head » inscrite sur le Tableau de la Grande Loge de Londres. On vient de le dire, il n'y eut pas de véritable développement de Loges avant 1726, cela signifie qu'il n'y avait pas beaucoup de Loges à Londres avant cette date. Le fait que les minutes de la Société indique qu'elle fut fondée par les membres de la Loge implique que cette dernière existait bien avant elle. Pour certains, il pourrait bien s'agir d'un avatar de la possible et soi-disant« Loge Acception » du XVIIème siècle dont nul ne sait qui prit l'initiative de la fonder, ni pour quel motif et connue seulement par quelques lignes sibyllines dans le journal d'Ashmole abusivement citée comme un témoignage de la transition spéculative et qui pourrait bien n'âtre rien d'autre qu'une sorte de club constitué en marge de la Compagnie des Maçons de Londres, qui fut la seule guilde organisée connue en Angleterre pour le métier de maçon, et dont l'autorité ne dépassa jamais le ressort de Londres, l'Acception laisse dans l'histoire deux minces traces documentaires, en 1610, puis en 1686, en rapport du reste avec Elias Ashmole. Aucune autre structure comparable n'est connue en Angleterre à cette époque ni plus tard ce qui se révèle fort peu pour justifier d'un lien londonien entre la vieille Compagnie des Maçons de Londres et la franc-maçonnerie des « Moderns ». Cependant, Ashmole n'indique à aucun moment que les hommes dont il parle soient des batisseurs et nous savons qu'il n'existe aucun document témoignant que des personnes étrangères au Métier aient jamais été admises dans les loges opératives anglaises proprement dites. Si c'est le cas, pourquoi les membres de « Queen's Head » n'étaient ils pas présents lors de la fondation de la « Première Grand Lodge ». Cette hypothèse, bien évidemment n'est pas très fiable et notée ici simplement pour y tourner court car cette ancienne guilde ou Compagnie n'a pas laissé de traces assez convaincantes pour permettre de penser que les Loges soient passée de l'une à l'autre. Dès lors qu'elle ne se présente probablement pas comme autre chose qu'une entité fédératrice des ouvriers du bâtiment dans la Capitale anglaise, ses liens avec les fondateurs de 1717 restent, évidemment, à démontrer de manière fiable(4) .

Aucuns membres, précise l'article 17 des statuts, ne pouvait être admis dans « Philomusicae Society » s'il n'était « franc-maçon ». Cette condition à l'adhésion implique deux questions qui revêtent une certaine importance quant à l'histoire de l'Ordre : tout d'abord, dans la mesure où la Société philo musique initiait elle-même les membres non maçons et leur conféraient les grades, le terme de société n'est-il pas une substitution à l'appellation de Loge ? N'est-il pas un nom transitoire pour une Loge en formation ? Ensuite, si tel n'est pas le cas, pourquoi créer des sociétés para-maçonniques pouvant délivrer des grades alors que la Loge-mère aurait très bien pu le faire ?

En corollaire, la délivrance du troisième degré par ces structures avait-elle une valeur autre qu'administrative ?

Cette situation provenait-elle du fait que la rituélie des rencontres de Loge empêchait les « communications » ou « planches » comme c'est encore aujourd'hui le cas au rite Anglo-saxon de style Emulation ? Sachant que les modernes étaient pour grande part issus de la Royal Society et qu'ils ont créé la même année 1717, au moins trois sociétés remarquables ; la franc-maçonnerie, le « druid order » et les « antiquarians »(5) , le constat d'une pratique ritualisée à l'exclusivité de la franc-maçonnerie offrirait un angle de vue particulièrement intéressant sur ce qui deviendra le conflit entre les « ancients » et les « moderns ».

Arrivé à ce point de l'étude, on peut déduire deux théories : l'une d'elle reposerait sur le développement de la franc-maçonnerie spéculative et « scientifique ». La science ai considérablement évolué, il n'était plus possible d'étudier les choses de manière polytechnique. Chaque objet d'étude justifiait donc la création d'une société particulière qui lui soit attachée. La seconde est que la « franc-maçonnerie » ait pu avoir le rôle de garant d'une certaine « éthique » de laquelle se réclamait un mouvement « culturel » qui se serait affiché comme le dépositaire de l'état des connaissances. Une rituélie de premier abord chrétien lui aurait assuré l'impunité religieuses ainsi que celle des chercheurs qui en faisaient partie... Peut être, son objet premier était-il d'étudier un mode de fonctionnement rituel qui porterait ses participants à une ouverture d'esprit offrant une meilleure mémorisation des connaissances et compatible avec la chrétienté omniprésente de la société du XVIIIème siècle ?

De la même manière que les sciences développaient diverses spécialités, les associations parallèles pouvaient compléter l'objet maçonnique. Cela ne semble pas incohérent et le potentiel mélange des genres qui en découle expliquerait qu'une association ait pu délivrer des grades ou élever des maçons selon certaines formes en construction sans que la régularité de cette façon de faire soit mise en cause, du moins dans un contexte rituellement empirique et dans l'esprit élitiste des modernes.

Aussi anecdotique qu'elle puisse paraître, l'habitude de créer ce genre de « sociétés de concerts » semble avoir suivi les pas des francs-maçons londoniens lorsqu'ils s'installèrent en France. On remarquera a juste raison que les associations qui se créaient sur ce modèle de ce côté-ci de la manche, reprenaient une esquisse déjà éprouvée depuis le XVIIème siècle, celle des « salons ». Cette mode perdura d'ailleurs sur le continent encore longtemps après que la « Philo musicae » de Londres, dont il est question ici, ne soit dissoute. On sait, depuis fort longtemps, que le nombre de francs-maçons parmi les musiciens était particulièrement élevée en France. On sait aussi que ces réseaux et leur succès ne s'explique pas seulement par l'amitié et le clientélisme qui pouvait s'en dégager. En effet, comme le souligne Gérard Gefen(6) ;

« Dans la structure excessivement rigide de la société française, les loges maçonniques constituaient des lieux où les différences de naissance et de condition se trouvaient, du moins en théorie, mises entre parenthèses.

Cette impression d'égalité, si agréable aux membres des classes bourgeoises, ne pouvait que séduire davantage encore les musiciens. A la différence de l'Angleterre, où cette profession jouissait depuis longtemps d'une honorabilité incontestée (les membres de la Chapelle royale y étaient dénommés gentlemen), les musiciens français restaient de proches cousins de ces ilotes : les comédiens ... »

Ce qui a pu être constaté c'est que, dominées, elles aussi, par les francs-maçons, les associations françaises ont, au XVIIIe siècle, joué un rôle très important dans la vie musicale et le développement de la musique de théâtre et de cour à la fin du XVIIIème siècle. Cela est resté très en vogue jusqu'à la Révolution, notamment par le fait que le cercle fermé de la maçonnerie leur assurait à la fois un public constant et les moyens de la création d'½uvres nouvelles.

Toujours est-il que les sources aujourd'hui disponibles indiquent que durant ses deux années d'existence, la « Philo musicae Society » « fit » dix-huit maçons avant d'être dissoute le 23 Mars 1727. Cela semble une durée de vie très courte au regard de la mode qu'elle a suscité.

Il y a de fortes probabilités que cet arrêt brutal des activités ait fait suite aux protestations du Grand Maître, James Hamilton, 7ème Duc d'Abercorn, qui vilipendait avec force, depuis l'année précédant la dissolution, cette pratique de Loges-associations assez courante pour susciter des inquiétudes. Le Grand Maître insistait déjà à cette époque que seules les Loges régulières avaient autorité à recevoir et élever des francs-maçons. Cela sous-entend, bien entendu, que le grade de Maître existait bien avant la création de la philo musique. Cette situation ayant attiré l'attention de son successeur, William O'Brian, Comte d'Ichiquin, sur les inconvénient de confier à des « sociétés » le soin d'initier des maçons, il fut décidé d'interdire, en Angleterre, cette pratique de constituer des associations ou des clubs parallèles en rappelant qu'une Loge légitime se devait d'avoir reçue patente de la Grande Loge de Londres. Un autre argument était que la franc-maçonnerie, dans la mesure où elle permettait ce type de développement, ne disposait plus d'aucun contrôle sur la régularité de la transmission, pas plus sur le développement des structures qui se réclameraient d'elle.

Ce petit groupe d'amateurs de musique, on le voit, par ailleurs totalement insignifiant, aurait pu resté ignoré des historiens si les « minutes » du 12 Mai 1725 n'avaient attiré leur attention sur le fait que cette Loge ou cette Société-Loge conférait deux grades au dessus de celui d' « Apprenti-Entré » ; celui de Compagnon et celui de « Maître ». Ce qui apparaît comme une nouveauté(7) ...

« Nos bien-aimés Frères et Directeurs de cette très Vénérable Société dont les Noms figurent ci-dessous :
Frère Charles Cotton,
Frère Papillon Ball,
ont été régulièrement passés Maîtres,
Frère F. X. Geminiani
a été régulièrement passé Compagnon et Maître
Frère James Murray
a été régulièrement passé Compagnon(8) ... »


Cela fait du « Philo musicae Society minute book », détenu au British Museum, l'une et peut-être même la plus vieille trace écrite actuellement connue de l'existence d'un troisième grade. Plus encore, cela en fait un document précieux sur l'organisation de la maçonnerie avant 1730 car il implique des liens de transmissions de degrés, voire, d'initiation, tout à fait particuliers organisés qui pouvaient se développer hors Loge. Même si ces sociétés de musiques, ou autres dont l'existence ne nous est pas parvenue, n'étaient ouvertes qu'aux francs-maçons, rien n'indique que des travaux de nature maçonnique ne présidaient pas à leurs réunions. C'est, bien entendu et on l'aura compris, la raison de l'interdiction qui suivit. Néanmoins, cette pratique nous amène à nous questionner sur la nature réelle de ces sociétés... Y avait-il transfert d'autorité de la part de la Loge dont elle était issue ou bien est-il possible de conclure que la définition d'une Loge n'était pas, à cette époque, aussi claire que l'on voudrait le croire... Les éléments de réponses se trouvent probablement dans le « nomadisme » que nous avons abordé plus haut. En d'autres termes, les francs-maçons de la « philo musicae » faisaient-ils cela par habitude, par ignorance de la franc-maçonnerie ou tout simplement par le fait que les structures créées en 1717 n'étaient, pour leurs fondateurs, rien d'autre que des outils dont les formes pouvaient se reproduire ?

Si c'était par habitude, d'où venait le grade de Maître dont on connaissait déjà l'existence et la transmission du « Mot » au moins depuis le siècle précédent... et si c'était par ignorance, pourquoi ce grade plutôt qu'un autre au titre plus flatteur ? Par imitation du titre de Maître donné aux Maîtres de Musique ? C'est cette question qui amena certains historiens de la franc-maçonnerie(9) à considérer que le grade de Maître n'avait, en fait, été inventé à cette époque que pour différencier les membres de la Société de Musique des autres maçons. Cette théorie est, bien entendu, incompatible avec le choix des maçons déclaré et sans ambiguïté, d'Anthony Sayers en vue d'exercé la charge de premier Grand Maître de la Grande Loge de Londres. La principale raison invoquée pour ce choix étant sa qualité de plus ancien Maître Maçon, bien que libraire de profession, implique, ipso facto, que l'argumentaire d'une spécificité de la pratique du troisième grade relevant des associations ne tient pas. En effet, si un libraire pouvait avoir été Maître sans être Grand Maître, cela signifie que le grade existait déjà en maçonnerie spéculative et, par voie de conséquence, qu'une certaine forme de Maîtrise maçonnique était pratiquée avant 1726 et même, avant 1716 puisque l'argument de « plus ancien maître » conduit à penser qu'il s'agit bien d'une maîtrise de longue date, donc, bien antérieure à 1717.

Par contre, si ces associations musicales, ou autres, avaient été conçues comme différents outils ayant pour vocation de développer certains modes de recherche ou certaines formes de philosophie, alors, on sait que le Grand Maître de la franc-maçonnerie pouvait alors être une garantie, une référence et une protection. Dès lors, il est possible de penser que la création de ce type de société ait pour objet de systématiser l'élaboration de « colonnes d'harmonies » à usage des Loges... mais confier la musique à une structure extérieure veut pas nécessairement dire lui confier l'ensemble des prérogatives. La musique participe à l'habillage de cour et il devient logique de penser que le Maître ne saurait laisser aux courtisans le bénéfice de droits qui lui sont dévolus.

La traçabilité de la régularité maçonnique s'est trouvée perturbée par ces Associations fraternelles fondées par des Loges ou les membres de Loges. On comprend que cette « habitude », qui pourrait confirmer l'existence d'une franc-maçonnerie moderne plus « innovatrice » qu'inamovible, semble avoir été assez en vogue pour émouvoir le Grand Maître.

« En fait, les autorités de la Grande Loge de Londres semblent avoir montré tout d'abord une certaine mansuétude à l'égard de la Philo musicae. Les sept principaux officiers et fondateurs de la société furent convoqués à la tenue de Grande Loge de la Saint-Jean d'été 1725, sans doute pour régulariser la situation. Ils ne daignèrent pas répondre à l'invitation. En décembre 1725, le duc de Richmond, Grand Maître, adressa une lettre à la Philo musicae pour demander des explications sur les réceptions irrégulières de maçons auxquelles procédait la société. Les minutes de cette dernière témoignent que la requête fut considérée avec mépris, sinon avec colère : sans doute les contraintes obédientielles étaient-elles encore mal ressenties dans ces toutes premières années de la franc-maçonnerie organisée; la réaction des membres de la Philo musicae paraît cependant empreinte d'une suffisance que seule la réputation dont jouissaient leurs soirées musicales semble expliquer(10) ... »

Cette « habitude » potentielle de sociétés « fraternelles » pose encore une question : si les associations issues et/ou jumelles de Loges « faisaient » des maçons et les élevaient aux trois degrés, la légende d'Hiram y était-elle enseignée ?

Si c'est le cas, est-elle une légende maçonnique ou un mythe issu du folk-lore et introduit en maçonnerie par ces pratiques para-maçonniques ?

En effet, il n'est dit nulle part que les maçons reçus durant ces cérémonies aient été destitués de leur qualité après la fermeture de l'association ce qui signifie la régularité de la cérémonie...

*********
Notes:

(1). Aux Editions Maisnie Tredaniel – Ré-ed Paris 1990)
(2). Selon une communication donnée à la Loge de Witham Lodge, LincoIn USA en 1863, by le Rev. G. Oliver, Passé Député Grand Maître pour le Lincolnshire
(3). Le terme « à l'orient » est ici indiqué pour la bonne compréhension, néanmoins on notera que cette formule n'était pas utilisée à cette époque.
(4). Sur ce point de « Acception », Cf. l'article de Roger Dachez en ligne sur le site de Renaissance Traditionnelle « Les origines de la Maçonnerie spéculative : état des théories actuelles » in R.T. n°77 janvier 1989
(5). En fait, la Society of Antiquarians of London fut rétablie officieusement en 1707 à la Bear Tavern sur le Strand, c'est à dire à environ 2 kms de la Queen's Head Tavern, mais sa réactivation ne fut officialisée qu'avec sa déclaration de constitution officielle en 1717.
(6). Gérard Gefen in « Les musiciens et la franc-maçonnerie » - Editions Fayard, Paris 1993 (collection Les chemins de la musique)
(7). Cf. sur ce point « Des origines du grade de maître dans la franc-maçonnerie » par Goblet d' Alviella
(8). Cité par Gérard Gefen in « Les musiciens et la franc-maçonnerie » Editions Fayard, 1993 (collection Les chemins de la musique)
(9). Cf. diverses notes et communications dans AQC dans les années '80.
(10). Gérard Gefen, op. cit.
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# Postato domenica 27 luglio 2008 03:32

Modificato domenica 27 luglio 2008 03:51

Le Clergé Franc-Maçon (de Hubert de Thier) résumé par Caroline P.

 Le Clergé Franc-Maçon (de Hubert de Thier)  résumé  par  Caroline P.


Renaissance Traditionnelle
N°52 Tome XII Octobre 1982. p 255


En cours de Préparation
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# Postato domenica 27 luglio 2008 04:02