L'Initiation (de Françoise des Ligneris) résumé par Cendrine B.

 L'Initiation (de Françoise des Ligneris)  résumé  par  Cendrine B.


Renaissance Traditionnelle
N°36 Tome IX Octobre 1978. p 264


En cours de Préparation
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# Posté le dimanche 27 juillet 2008 04:06

L'énigme du "Carré magique" (de Henir Martin) résumé par Caroline P.

 L'énigme du "Carré magique" (de Henir Martin)  résumé  par  Caroline P.


Renaissance Traditionnelle
N°46 Tome XII Avril 1981. p 91
et
N°52 Tome XIII Octobre 1982. p 292


En cours de Préparation

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# Posté le dimanche 27 juillet 2008 04:10

Modifié le dimanche 27 juillet 2008 04:43

Jacob Boëhme ou la difficulté du Discours sur Dieu (de Pierre Deghaye) résumé par Cendrine B.

 Jacob Boëhme ou la difficulté du Discours sur Dieu (de Pierre Deghaye)  résumé  par  Cendrine B.


Renaissance Traditionnelle
N°31 Tome VIII juillet 1977. p 165


En cours de Préparation
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# Posté le dimanche 27 juillet 2008 04:16

Hommage à Déodat Roché (de Lucienne Julien) résumé par Cendrine B.

 Hommage à Déodat Roché  (de Lucienne Julien)  résumé  par  Cendrine B.
Renaissance Traditionnelle N°36
Tome IX octobre 1978. p276


Il est nécessaire de faire connaître et reconnaître qui fût l'écrivain Déodat Roché qui est né le 13 Décembre 1877 dans l'Aude dans la petite localité de Corbières.

Sa famille issue de la petite bourgeoisie locale est originaire de ce village depuis le XIIème siècle.
Sa mère est qualifiée d'une extrême gentillesse. Son père est un notaire désargenté qui est reconnu également pour sa bonté. De plus, ce dernier s'intéresse à la philosophie et l'histoire des religions, et c'est un militant engagé qui pense qu'il est souhaitable que les salariés soient payés proportionnellement au travail effectué et auquel doit s'adjoindra une couverture sociale afin de permettre aux travailleurs de bénéficier de l'accès aux soins, grâce à une assurance maladie.

Déodat Roché et Lucienne Julien

Le jeune Déodat quant à lui est d'une intelligence vive. Il poursuit des études secondaires mais, accepte difficilement la discipline militaire de son lycée. Puis, à l'Université de Toulouse, celui ci obtient une double licence en droit et en philosophie.
A l'âge adulte, il garde de son enfance et de sa jeunesse le souvenir des promenades matinales autour des discussions philosophiques, spirituelles ou sociales effectuées avec son père.
Celles ci étaient faites sur les chemins de la campagne avoisinante permettant de découvrir au passage le patrimoine de la région.
Son père le marquera à vie étant à la fois son parent, son confident, son ami et son maître.
Notre écrivain poursuivra jusqu'à la fin de sa vie ses excursions, devenant au fil du temps un homme calme et réservé contrastant avec l'enfant coléreux et impulsif qu'il était.
Il se marie à 25 ans avec une jeune bourgeoise Héraultaise sans fortune particulière, mais ayant de grande qualité de c½ur et d'esprit.
Après 8 ans de vie commune, celle ci va mourir brutalement en 1838. Cela va être pour son époux une perte douloureuse. D'autant plus, que cette jeune femme lui était d'un grand soutien et d'une grande aide dans ses recherches ainsi que dans les tâches matérielles.
La mère de Roché Déodat prendra le relais puis, mourra de vieillesse après la guerre de 1945.

D'un point de vue professionnel, il fait carrière dans le droit. Il devient magistrat dans différentes régions de France. Et il reste quelqu'un de très engagé dans la défense des travailleurs notamment lors de grandes grèves du XIX ème siècle.
Puis, il est nommé haut fonctionnaire de la magistrature de la région du Languedoc Roussillon (Carcassonne, Castelnaudary, Bézier) jusqu'à la fin de la seconde guerre mondiale.
Il arrête son activité professionnelle à 68 ans. En effet, le gouvernement de Vichy lui impose sa retraite lui reprochant de s'occuper d'histoire de religions et de spiritisme.

Parallèlement à cette carrière professionnelle, il est initié conjointement avec son père au grand Orient de France. Il y gravira tous les échelons jusqu'aux hauts grades. De plus, Il sera élu pendant plusieurs années consécutives Vénérable Maitre de la loge de Carcassonne.

A la fin de ses fonctions professionnelles, il se retire à Arques. Il va alors se consacrer entièrement à son ½uvre car il dispose dorénavant du temps nécessaire pour ses recherches.
Néanmoins, il reste un homme actif et s'engagera comme son père dans la politique. Il sera élu à l'unanimité plusieurs fois de suite maire de sa commune, puis, en 1944 conseiller départemental. C'était un élu qui essaya d 'être le plus juste possible s'attachant à des décisions sociales et environnementales.
Par son action et son engagement, il gagnera la reconnaissance et l'estime de tous y compris celles de ces opposants.

Mais revenons à l'½uvre de cet homme et à son parcours initiatique.
Nous avons vu que c'est aiguillé par son père, que très tôt il s'intéresse à l'histoire des religions. Et il s'attache dans un premier temps à celle de l'Egypte ou celui du Dieu Irano-Indien Mithras (1).
De plus, c'est sans nul doute lui, qui au travers de son gigantesque travail, a réactualisé à partir de 1942 un mouvement de pensée oublié et qui de nos jours attise bien des questionnements et des recherches qui est celui du Catharisme.

D'autre part c'est dés 1896, que Roché Déodat porte le choix de ses lectures sur des auteurs tels que Fabre Olivet, Edouard Schuré, Léon Denis et bien d'autres spécialistes de l'Ésotérisme.
Ceci permet à notre Homme de s'orienter et d'élargir son champ sur d'autres horizons.
Et notamment, il axe son travail sur l'histoire des religions tels que les rites du christianisme, la source de la morale ou le Bouddhisme.
Cette étude l'amènera à s'engager dans des sociétés et des groupes ésotériques. D'autant plus, qu'en 1899, âgé de 29 ans, il est reçu Franc maçon.
Cette réception dans l'ordre est signifiante pour lui. En effet , il poursuit le désir authentique de poursuivre sa quête en allant à la rencontre de l'autre, et en s'efforçant au mieux d'apporter de l'aide mais aussi, de croire à la construction d'une société véritablement fraternelle, tout en étant respectueuse des différences de chacun.
Au cours de la même année, il est reçu dans l'ordre Martiniste.
Et c'est à travers l'½uvre de Louis Claude de Saint Martin qu'il découvre la voie manichéenne et retrouve une analogie avec la conception de l'école Cathare originaire d'Origène en Bulgarie.
En effet, la théorie de cette école est d'expliquer que la liberté de l'homme est la conséquence du péché originel qui l'a fait chuter. Et si celui ci se trouve dans son état actuel, c'est parce que des forces ténébreuses l'ont poussées à la faute l'amenant à la prévarication.
Ainsi, si l'homme veut retrouver son état antérieur. Il doit le faire par sa propre volonté lui permettant de retrouver par la voie de la spiritualité cet état perdu. C'est l'une des solutions qui l'amènera à se retrouver de nouveau dans la cour Divine.

D'autre part on sait que très tôt, il s'intéresse à l'histoire des croisades, son village étant lié historiquement à la route des croisés.
Ces recherches et découvertes vont être le catalyseur dés 1897 de sa passion pour la gnose.
Il va alors se pencher durant toute sa vie et durant tous ces loisirs sur l'½uvre des grands gnostiques et plus particulièrement sur celle de Valentin. Mais, ce n'est qu'en 1899 qu'il va rencontrer et entretenir des relations privilégiées avec le chef de l'église gnostique Fabre des Essarts.
Par ailleurs, c'est aussi au cours de cette année 1897, qu'il va créer un journal relativement éphémère « le réveil de L'Albigeois »
Cette publication est contemporaine à d'autres éditions comme la revue « Montségur » à Rennes le Château. Et aussi à celle un peu plus tardive de « die gnosis », parue à Vienne sous la direction de l'anthropologue Rudolf Steiner que Roché Déodat rencontrera en Suisse qu'en 1922. Toutefois avant cette rencontre importante, il aura effectué un long parcours initiatique et psychologique.
C'est au cours de ce cheminement, qu'il croisera le Docteur Encausse qui l'éclairera sur la Franc-Maçonnerie. Les échanges entre les 2 hommes permettront à notre cherchant de répertorier des documents décisifs établissant la filiation manichéenne de la Franc-Maçonnerie.

Mais revenons à sa mission qu'il considère comme essentielle.
Il consacra toute sa vie et ses loisirs à démonter et à révéler que le véritable visage du catharisme est l'héritier du Manichéisme.
A travers son travail sur ce sujet, il s'évertue de dégager la philosophie, l'idéal moral et social de cette société qui lui parait d'une importance considérable. De plus, à chaque édition de ses livres ou à chacune de ses publications, il les aura au préalable remaniés ou réécrits en fonction de l'avancée de ses recherches.
Du reste aujourd'hui, l'une de ses ½uvres les plus connues est « l'église romaine et les Cathares Albigeois » qui paraît en 1929.
Il souhaitait à travers son travail rétablir une vérité sur les Cathares qui fut tronquée par les affabulations et les accusations diffamatoires de l'Inquisition puis, de l'Eglise.
Ainsi à travers l'ensemble de son travail, il a su déterminer que les Cathares étaient eux aussi un maillon appartenant à la grande famille des sociétés initiatiques.
Afin de poursuivre son ½uvre, il publie en 1948 un discret bulletin connu sous le nom des "Cahiers d'Etudes Cathares".
Aujourd'hui, ceux ci sont de renommée mondiale et lus à travers le monde dans de nombreuses universités. D'autant plus, que les 36 premiers numéros sont introuvables ou d'une valeur inestimable.
Enfin, il continuera de publier sur ce sujet de nombreux livres ou revues, et créera une société de réflexion sur les Cathares. Pour finir sur cette immense implication de cette homme passionné du Catharisme, il interviendra jusqu'à la fin de sa vie dans des conférences sur ce chapitre devant un public attentif.

A ce titre et pour l'ensemble de son ½uvre, il est sans doute important de rendre un hommage à cet homme qui au XX ème siècle a voulu rendre ses lettres de noblesse à un monde oublié permettant un éclairage sur la société médiévale et sur celle de la communauté Albigeoise.
Ce fut un long parcours. Il rencontra souvent le mépris, l'incompréhension et fut pris pour un illuminé. De plus, de nombreux auteurs ne le remercièrent jamais, alors qu'ils s'inspiraient de son ½uvre pour étayer leurs publications.
Roché Déodat ignora ces vicissitudes et cette incompréhension. C'était un homme bienfaisant résolument tourné vers les autres. Il croyait en l'avenir et en la sagesse des hommes de bonne volonté pour rétablir les exactitudes.
Et c'est sans doute là son unique obsession. Il souhaitait permettre à ces semblables de pouvoir être éclairés afin, de connaître la Vérité et la Lumière qui reste éternelle.


(1) Culte de Mithras : Il s'agit d'un Dieu Indo-iranien dont le culte monothéiste connut son apogée à Rome vers le III ème siècle de notre ère. Le mithraïsme était une religion initiatique dont le mystère est représenté par un taureau. Elle est très populaire surtout dans l'armée. Et elle est une concurrente importante du Christianisme.
Son culte se situait autours de l'actuel solstice d'hiver. Elle fut ensuite totalement interdite par l'église romaine.
Lors de l'initiation les adeptes au cours d'agapes, s'aspergeaient du sang du taureau sacrifié et se traçaient réciproquement une croix de cendre sur le front et le dos des mains. «Source Wikipédia ».


UN HOMME, UNE VIE, UNE PASSION, UN DESTIN.

Il est né le 13 décembre 1877 à Arques dans le département de l'Aude et meurt le 12 janvier 1978 à 99 ans dans le village qui l'a vu naitre.

Il est souhaitable de mieux connaitre cet homme en s'intéressant à sa vie et à son ½uvre, lui qui fit redécouvrir et reconnaitre au grand public au cours du XX siècle une civilisation oubliée et méconnue « les Cathares ».
Du reste, on peut constater dans sa biographie, que notre homme s'intéresse très tôt aux civilisations de sa région natale et notamment comme je l'ai dis précédemment aux Cathares.
A ce titre, il est reconnu rapidement comme un grand érudit sur la question du catharisme.

Si la démarche de l'historien épris d'anthroposophie, de philosophie, d'histoire, de spiritualité est parfois aujourd'hui contestée dans ses interprétations de cette civilisation.
Son travail et sa passion ont néanmoins ouvert les portes de la recherche, du questionnement et de l'histoire.
L'ensemble de son travail qu'il revoit et corrige constamment jusqu'à sa mort en fonction de l'évolution de sa propre recherche, reste une base d'étude importante dans de nombreuses universités et dans de nombreux pays s'intéressant ou étudiant le catharisme.
On peut dire qu'il fut un homme passionné et humain qui ½uvra jusqu'à la fin de sa vie dans bien des domaines. Il faut sans doute rappeler qu'il fût aussi un homme impliqué dans la vie publique, politique et sociale puisqu'il fût maire, conseiller général du canton de Couiza, magistrat, philosophe, anthroposophe, franc maçon et historien du catharisme.
Mais peut être devrait on rappeler qui sont les cathares.

QUI SONT LES CATHARES ?(2)

L'étymologie de ce mot vient du Grec katharós (« pur »).
Ces sont des hommes et femmes adeptes d'un mouvement religieux chrétien médiéval.
Leur nom a été donné par les ennemis de ce mouvement, jugé hérétique par l'église catholique et adopté tardivement par les historiens.
D'autres sources rappellent que ce nom proposé pour la première fois par le moine Eckbert de Schönau (en Rhénanie correspondant à l'heure actuelle à l'ouest de l'Allemagne), serait un jeu de mot associant ces hérétiques avec des adorateurs du diable (cactus), représenté sous la forme d'un chat blanc ailé.

Néanmoins, les adeptes de ce mouvement se nommaient eux-mêmes « Bons Hommes », « Bonnes Dames » ou « Bons Chrétiens », mais étaient appelés « Parfaits » par l'Inquisition. Celle-ci désignait ainsi, « les parfaits hérétiques », C'est-à-dire ceux qui avaient reçu « le consolament », à travers l'imposition des mains et faisaient la prédication par opposition aux simples « fidèles » hérétiques.
Cette mouvance religieuse se concentre en France et particulièrement en Occitanie, notamment dans les comtés de Toulouse, Bézier, Carcassonne, Castelnaudary...
Le catharisme subit une violente répression armée à partir de 1208, lors de la croisade contre les Albigeois, puis vivent une répression après le IV Concile de Latran en 1215 durant plus de 100 ans.

Mais, revenons-en à notre érudit en civilisation cathare Monsieur Déodat Roché.
Et à travers ce petit condensé de ce que fût la vie de Déodat Roché (1 bis), que nous pourrions peut être nous faire une idée plus précise de tout le travail d'une vie de ce passionné.

Il fut très jeune préoccupé par les questions spirituelles et ésotériques de son époque et de celui du XX siècle.

En 1890, il étudiait à 13 ans avec son père les auteurs occultistes de son époque qui étaient entre autres, Fabre D'Olivet, G. Papus, Edouard Echuré, Sedir...
A quatorze ans, il prit conscience de la tragédie qui s'était déroulée dans sa région au XIIIe siècle résultant de la Croisade catholique contre les Albigeois.
C'est le point de départ de son intérêt et de sa passion pour l'histoire et les doctrines des Cathares.

En 1896, (19 ans), il s'affilia au « Groupe indépendant d'études ésotériques » du docteur Gérard Papus d'Encausse (13 juillet 1865- 25octobre 1916) et, entretient une correspondance avec Sédir né Yvon le loup (1871-1926).
En 1899, (21 ans), il s'affilia à l'Église gnostique universelle, sous le nom de « Theodoros ». En 1901, il sera ordonné diacre sous la distinction de « Tau Theodoros », puis nommé en 1903 à Carcassonne « évêque gnostique ». Toutefois, peu de temps après, il prit ses distances avec cette église dont il trouvait les enseignements figés.

Parallèlement à son implication et son désir d'étudier l'ésotérisme ou l'histoire de la religion.
Il poursuit des études de droit où il s'avère talentueux bien qu'il soit un élève avec un caractère bien trempé.
Il va même s'inscrire simultanément en fac de lettre et poursuivra pendant de nombreuses années de doubles études. Après une licence de Droit, il obtint une licence en philosophie avec un travail de fin d'études intitulé « Plotin » qu'il présenta en 1903.

Malgré un emploi du temps chargé, il se passionne et s'implique toujours autant dans ce qui l'anime déjà depuis plusieurs années.
Ainsi, notre homme continue à s'intéresser à la philosophie et devient membre actif de différentes revues et associations ayant trait à la spiritualité.
Dans les années 1908, il est reçu Franc maçon où il restera actif et impliqué jusqu'à sa mort. Il est initié au G.O.D.F dans la R.L « les vrais amis réunis » et gravira tous les échelons jusqu'aux hauts grades. Il sera durant de nombreuse année le vénérable de cette dernière.
Dans la continuité de ses recherches axées sur les cathares. Il fonde avec le docteur Louis Sophrone Fugairron la revue « le réveil des Albigeois » dont la publication fut stoppée en 1904.
L'année suivante toujours étudiant, il devint avocat. Puis, il réussit avec succès l'examen en 1906 à la magistrature où il va exercer en premier lieu à Limoux puis à Carcassonne.
Il deviendra un brillant Juriste, puisqu'il sera en 1923 le vice président du tribunal de Castelnaudary, puis en prendra la présidence en 1939.
Simultanément, il s'engage dans la politique. Il est élu Maire de son village de 1925 à 1935 où il démissionne avant la fin de son mandat. Il est aussi élu conseiller général du canton de Couiza.

Conjointement à peu prés à ces années, en Nov 1921, il découvrit l'½uvre de Steiner et lui écrit pour le rencontrer.
Les deux hommes le font en septembre 1922 à Dornach après une nombreuse correspondance. A la suite de cette rencontre, il devient membre de la société anthrosophique Rudolf Steiner et en 1924 poursuit dans cette voie en devenant membre de l'Université libre de la science de l'esprit.

Mais, n'oublions pas que parallèlement à cette période, sa carrière professionnelle se déroule dans la magistrature jusqu'à la seconde guerre mondiale.
Celle ci sera ensuite interrompue en 1941, par le régime de Vichy qui le radie du barreau en raison de son appartenance maçonnique et son intérêt pour l'histoire des religions et de spiritisme.
En 1945, il quitta définitivement la scène politique et juridique.

A partir de ce moment, il put se consacrer pleinement à ses recherches et activités liées au catharisme.
Il créa, « les Cahiers d'études cathares » et « la Société du Souvenir et des Etudes cathares » avec Lucienne Julien qui fût sa femme et sa secrétaire.
Elle assura sa succession pendant plus de 20 ans après la mort de son mari.
Ces deux initiatives donnèrent naissance, dès 1948, au premier regroupement de personnes de tous horizons, intéressées par la grande hérésie, en un temps où l'Université ne s'y intéressait pas encore.
A travers cela, Déodat Roché sut réunir autour de lui d'éminentes personnalités telles que Simone Hannedouche, Réné Nelli, Fanita de Pierrefeu, Lanza Del Vasto, Fernand Niel...

Mais Simone Hannedouche fut la principale collaboratrice de Déodat Roché aux Études cathares dès 1949 jusqu'en 1971. Ainsi, chaque année à partir de 1956, lui et elle organisèrent et animèrent les camps d'été de l'Estagnol dans la vallée des Hautes Corbières.
Le séjour d'été de la Société du souvenir et d'études cathares était un lieu de rencontres, d'échanges, de vie communautaire et de conférences.
Les journées commençaient par une méditation avant le lever du soleil. On y faisait aussi de la musique, du chant, des cours de peinture, etc. Ces camps d'été ont rassemblé quantité de personnes motivées par une recherche spirituelle.

Notre homme fut aussi à l'initiative sous le couvert de la Société du souvenir et des études cathares d'une stèle commémorative. Celle-ci se trouve au pied de l'éperon roché de12OOm appelé « le pog de Montségur » et où l'on trouve à son sommet un château de style cathare surplombant le village de Montségur. Elle fut inaugurée le 21 mai 1961.

Depuis 1996, la maison de Déodat Roché au c½ur du village d'Arques a été transformée en une exposition dédiée au catharisme.

Ainsi, après avoir entre aperçu tout le travail de cet homme. Il y a à mon sens un point sur lequel il faut s'attarder et qui est sans doute l'apothéose de ses recherches.
Il s'agit de cet immense travail qui va le faire reconnaitre internationalement comme un grand spécialiste de la question cathare. Cet accomplissement est la traduction et l'interprétation du célèbre manuscrit de Dublin.

Ce rituel, publié au début des années soixante par Théo Venckeleer dans la Revue Belge de Philologie et d'Histoire, est un fragment de texte occitan inclus dans un document plus volumineux.
Ce manuscrit, portant la côte « 269 », faisait partie d'un fond de documents Vaudois rassemblés au XVIIe siècle. Il fut reconnu comme d'origine cathare qu'au siècle dernier. Il est daté de la seconde moitié du XIVe siècle, ce qui est tardif pour un ouvrage cathare.

Déodat Roché en attribuait la rédaction à un auteur cathare influencé par les positions des garatistes de l'église de Concorezzo (3). Celui date du XIV siècle, c'est-à-dire de la fin du catharisme.
Il aide à la compréhension des rites et croyances propres à l église cathare, dont l'influence demeure jusqu'à nos jours dans les églises gnostiques qui ont conservé le rite du consolament ou consolamentum.
L'enseignement et la transmission de ce rituel comportait une tradition orale complément indispensable aux rites et aux ascèses.

Une grande partie de ce manuscrit traite de cet apprentissage et dans l'interprétation ésotérique continue du « Notre père « représentant une fidèle tradition gnostique.
« Ce rite du consolament, ou consolamentum » permet un véritable passage entre l'état de croyant et celui du parfait ou parfaite cathare devenant ainsi l'événement le plus important de la vie cathare. D'un point pratique, il s'agit en fait d'un baptême spirituel effectué par le touché que seule un parfait cathare pouvait transmettre et faire.

Ce sacrement est donné par l'imposition des mains (4) à travers des rites s'apparentant à l'église primitive. Ce baptême contrairement à celui de Jean n'utilise aucun élément matériel tel que l'eau et l'onction d'huile.
Dans un premier temps, le croyant faisait « Melhorament » qui signifie « reconnaissance du parfait croyant ».
Le récipiendaire se mettait à genou, s'inclinant 3 fois mains jointes par terre. Parfois, la cérémonie consistait à 3 génuflexions en disant « bénissez nous seigneur, priez pour nous. »
Puis, le croyant demandait alors «Conduisez nous à bonne fin». Le parfait ou la parfaite répondait alors «Dieu vous bénisse. Nous prions Dieu pour qu'il vous fasse bon chrétien ou bonne chrétienne et vous amène à bonne fin».

Après avoir fait « le Melhorament », le croyant à genoux se voyait réciter les bénédicites, par 3 adore mus (5 bis) et 7 pater par le parfait qui tenait la bible sur la tête. Ensuite, on lisait le début le l'évangile de Jean. On faisait alors, une imposition des mains qui était opérée par le parfait et tous les croyants présents à cette cérémonie.
En cas de guerre, les croyants pouvaient contracter « la Convenenza, » permettant ainsi de recevoir le Consolamentum même en ayant perdu la parole. (Du mot Occitan signifiant «accord», la Convenenza était un pacte permettant de recevoir le Consolamentum même si l'on avait perdu la parole.)

CONCLUSION

Cet homme marqua par son empreinte ses recherches sur la civilisation cathare, sur son engagement spirituel, sociale philosophique et maçonnique.
S'il se consacra exclusivement à la recherche historique et philosophique autour du catharisme. Je me permets de rappeler dans cette conclusion qu'on lui doit, incontestablement d'importants grands travaux sur le sujet telle que la traduction et l'interprétation du célèbre manuscrit de Dublin et de nombreuses publications et conférences.
Pour terminer sur l'hommage que j'ai voulu retranscrire ici à propos de cet homme. J'ai choisi à ce titre de rappeler ce qu'un site cathare dit de lui.
« Si la démarche de l'historien et de l'exégète épris d'anthroposophie est parfois aujourd'hui contestée dans ses interprétations »
« Honnêteté du philosophe fait l'unanimité ainsi d'ailleurs que la foi du véritable croyant qu'il fut » « On le nomma longtemps à tort, le dernier pape cathare, terme qu'il récusait énergiquement n'ayant reçu aucune filiation d'une religion dont il disait qu'elle avait disparue mais qu'il était possible d'en rechercher l'essence ».

NOTES / REFERENCES

1 et 1 bis) Roger Déodat

-Différents sites traitant sur les cathares et reprenant des extraits de la biographie de cet homme. (Wikipédia, cahier cathares, chemins cathares, www.catharisme...

2) « les cathares » encyclopédie wikipédia

3) Eglise de Concorezzo et ses membres appelée Garatistes du nom de l'évêque Italien considérée comme hérétique par Rome qui créa cette église en 1180 après la disparition en Lombardie de l église Cathare. (Source cathare.net).

4) Le sacrement du parfait cathare.(source glossaire du catharisme).
Jean Duvernoy distingue le baptême des Parfaits, passage pour intégrer l'ordre des Parfaits, du baptême des Consolés, permettant aux mourants la rémission de leurs péchés. Bien que les rituels sont identiques, il est important de les distinguer du fait que les personnes ayant reçu le Baptême des Consolés et survivant à leurs blessures devaient le recevoir à nouveau pour intégrer véritablement le plan des Parfaits.

5) Extraits d'interrogatoires des Cathares à l'époque de l'inquisition (source glossaire du catharisme).
a)«... Alors, à la demande de ce parfait, je me donnai à Dieu et à l'Evangile, et promis de ne plus désormais manger de viande, ni d'½ufs, ni de fromage, ni de gras sauf l'huile et les poissons, de ne plus jurer ni mentir de toute ma vie, et de ne pas abandonner la secte par peur du feu, de l'eau ou d'un autre genre de mort. Quand j'eus promis tout cela je dis le Pater Noster à la manière des parfaits. Quand je l'eus dit, les parfaits m'imposèrent le Livre sur la tête, et lurent l'Evangile de saint Jean. Après l'avoir lu ils me donnèrent la paix «prièrent Dieu, en faisant beaucoup de génuflexions.»
Extrait de Le dossier de Montségur : interrogatoires d'inquisition 1242- 1247. Déposition de Guillaume Tardieu de la Galiole
Textes traduits et présentés par Jean Duvernoy

b) Consolamentum «... pour le cas où nous serions blessés à mort et ne pourrions parler, qu'ils nous recevraient et nous consoleraient, bien que nous eussions perdu la parole. Et ces parfaits promirent et firent alors le pacte avec moi et les autres femmes qu'ils nous recevraient et nous consoleraient, bien que nous ne puissions parler.»
Extrait de Le dossier de Montségur : interrogatoires d'inquisition.
Déposition de Adalaïs, veuve d'Alzeu de Massabrac
Textes traduits et présentés par Jean Duvernoy

5 Bis) Après trois Adore mus, le Parfait disait alors : «Gratia Domini nostri Jésus Christi sit cum Omnibus vobis. Benedicite, parcite nobis, amen. Fiat secundum verbum tum. Pater et Filius et Spiritus sanctus parcat vobis omnia peccata vestra».
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# Posté le jeudi 18 septembre 2008 00:47

Modifié le samedi 31 octobre 2009 02:14

De l'Agent Inconnu à Phaleg - 1ère Partie : Jean-Baptiste Willermoz et l'Agent Inconnu de Dominique S.

 De l’Agent Inconnu à Phaleg - 1ère Partie : Jean-Baptiste Willermoz et l’Agent Inconnu   de  Dominique S.
à partir de l'article:
Portraits de Chanoinesses
de Françoise Haudidier.
Renaissance Traditionnelle N°48
Tome XII octobre 1981. p258




« Où ai-je appris à écrire ? Dans le Silence d'une retraite, accablée d'une
longue maladie et ne considérant qu'un dépérissement prochain. J'ai cru à la
batterie qui me surprit et effraya ma raison. Seule, et en présence du Tout-
Puissant, j'ai invoqué mon ange gardien, et la batterie m'a répondu. Voilà le
Commencement. Alors je le confesse, et je me le suis souvent reproché ».

Marie Louise de Vallière à Jean-Baptiste Willermoz, 26 Juillet 1806






Madame de Vallière dite Marie-Louise de Monspey (1)



Nous sommes, tard dans la nuit, le Mardi 5 Avril 1785, Jean-Baptiste Willermoz et deux de ses proches : l'imprimeur éditeur Perisse Duluc et, car on ne le saura jamais, soit Paganucci comptable de son état, soit le lieutenant-colonel Gaspard de Savaron (2) , ces trois personnes, reçoivent ce soir là, une bien étrange visite assortie d'une bien étrange révélation, qui encore aujourd'hui marque le Régime Ecossais Rectifié...

En effet, un messager, qui n'est autre que Pierre-Paul-Alexandre de Monspey se présente à eux. C'est un gentilhomme beaujolais, Commandeur de l'Ordre de Malte, membre de la Loge La Bienfaisance, Loge créée par Jean-Baptiste Willermoz, il est Chevalier Bienfaisant de la Cité Sainte (Paulus eques a Monte Alto) et Grand Profès. Il apporte à Willermoz 11 cahiers rédigés par sa s½ur Marie-Louise de Monspey dite Madame de Vallière, qui sous l'emprise d'une force extranaturelle et sous l'emprise de ce qu'elle appelle des "batteries", sortes de coups qu'elle reçoit dans son corps, écrit ce qu'un être supérieur lui fait écrire. Ces cahiers sont destinés à Willermoz lui-même, qui dans un premier temps est surpris, mais qui très vite eu égard à la foi qui est la sienne, eu égard à ses croyances et aux pratiques qui lui ont été enseignées par Martines de Pasqually ne peut douter de la véracité de ce miracle, qui de plus tombe bien, dans un contexte où en 1785 son système maçonnique est encore loin d'être stable...

Tout d'abord, parlons de Remiremont, c'est une petite ville de 8000 habitants aujourd'hui, et qui se trouve près d'Epinal. Cette petite ville présente la caractéristique de pouvoir suivre sans interruption, son histoire pendant quatorze siècles, depuis le monastère fondé au début du VIIème siècle dans cette montagne vosgienne, en passant par le plus prestigieux chapitre féminin noble d'Europe du XVIIIème siècle jusqu'à la ville actuelle. Abbesses et chanoinesses, " les Nobles Dames de Remiremont " ont laissé partout dans la ville leur empreinte prestigieuse...

En ce qui concerne l'histoire de Remiremont et de son Chapitre, je vous renvoie bien sur, pour ceux que cela intéressera, à l'article de Renaissance Traditionnelle : "Portrait de Chanoinesses" (3) qui reprend le travail de Françoise Haudidier (4) et vous pourrez trouver en notes, une histoire abrégée (5) de ce même chapitre. Alors, que nous dit cet article, en fait le Chapitre était "une maison d'éducation pour filles qui n'avaient pas forcément la vocation religieuse, qui constituait un refuge pour des veuves, des amoureuses déçues, des princesses sans fortune, mais à qui l'abbaye dispensait à toutes, les honneurs dus à leur rang. » Mais revenons à cette étude lorsqu'elle traite des chanoinesses de Monspey, car Mme de Vallière est l'une des ces Chanoinesses.

Elles sont filles du comte Joseph-Henry de Monspey originaire de Vallière en Beaujolais. Vous allez voir dans la présentation des cinq s½urs les difficultés de recherche, car les prénoms des s½urs sont très proches les uns des autres... On apprend de plus, que la seconde, va fonder une sorte, nous dit Françoise Haudidier, une sorte de république pastorale inspirée de l'Astrée (6) ce roman fleuve du XVIIème, donnant pour rajouter un peu plus à la confusion, des surnoms de bergers ou de héros à chacune de ses s½urs ! Confusion renforcée par le fait qu'outre les prénoms ressemblant, le père leur donnera aussi un nom correspondant à l'une de ses terres. On retrouve donc :

Marie-Louise de Monspey dite "Eglé de Vallière" ou encore Madame de Vallière. C'est, je dirai, celle qui nous intéressera par ailleurs, elle est l'ainée des cinq s½urs qui toutes entreront au Chapitre et feront preuve à l'image des fameux cahiers d'une foi catholique puissante. Elle nait en 1731, mais n'entrera que la dernière au Chapitre en 1776.
Marie-Louise-Catherine de Monspey dite "Bergère Annette" ou "Annette de Charentey", née en 1734 et qui entre au chapitre en 1765
Marie-Reine-Aimée de Monspey ou "Laure de Vury", née en 1736 et entre au chapitre en 1766.
Pauline de Monspey ou "Pauline d'Arma" devenue chanoinesse en 1772, et
Catherine-Elise de Monspey ou "Sylvie d'Arigny" entrée elle en 1775 où elle succombera 7 ans plus tard de brûlures...

Les cinq s½urs passent pour avoir été des poétesses, la Maison de Monspey étant dite "chérie des muses" par Alice Joly, on sait leur intérêt pour la culture et la lecture de l'époque. Ce sont à la fois des bienfaitrices, qualifiées de "Bonnes fées" des pauvres, mais aussi de, on peut le dire avec une connotation qui nous est chère, de véritables "cherchantes", curieuses de tout en ce temps des Lumières. Elles lisent Buffon, "grattent" du côté des expériences de Lavoisier ou de celui des expériences de physique de l'abbé Nollet. Elles portent aussi et surtout, pour nous, un grand intérêt aux sociétés Mystiques Lyonnaises, au sein desquelles : les courants s'intéressant au magnétisme et aux guérisseurs, courants dans lesquels Mesmer (7) , le Marquis de Puysegur (8) et autres Cagliostro occupent une part prépondérante.
Nous l'avons dit Marie-Louise de Monspey entre au chapitre en 1776, elle est âgée de 45 ans, on sait qu'elle ne fait que de courts séjours à Remiremont.

Nous venons de voir, certains des centres d'intérêt des Chanoinesses de Monspey, alors nous allons nous y arrêter un peu. En 1780 va naître en France un engouement pour ce que l'on va appeler le Magnétisme Animal, ici à Marseille par exemple, le célèbre Vénérable Maître de La Triple Union, pas Patrick F, l'autre Claude-François Achard, médecin de profession travaillera le Mesmérisme, le magnétisme, le somnambulisme et leurs applications médicales, et c'est dans le même esprit à Lyon, que le Dr Dutrech chirurgien du dépôt de mendicité et le Chevallier de Barberin officier d'artillerie vont fonder la Société de la Concorde, mettant au point ensemble des techniques de soins destinées aux indigents. Alors, il est intéressant de noter ici au passage, que le Commandeur de Monspey appartient à cette société et qu'il influera sur celle-ci, au point d'en modifier les techniques en supprimant par exemple les baquets, les attouchements et autres impositions des mains, ainsi que les musiques, qui étaient des vecteurs de guérison, et ce, au profit des sommeils somnambuliques. Notons enfin que comme le Commandeur de Monspey, Jean-Baptiste Willermoz participa également à la Concorde, mais ce dernier ne fut jamais un leader comme il le fut généralement partout ailleurs. (9)

Alors, parlons des manifestations, qui sont ressenties par Madame de Vallière. Elle les appelle nous l'avons dit : les "Batteries", elles surviennent spontanément, sans mise en condition, ces manifestations s'emparent de la main de la Chanoinesse induisant une écriture automatique tout en laissant libre son esprit, pour tout ce qui n'est pas de la manifestation, et lui laissant de plus, la possibilité d'arrêter la séance à tout moment. Nous le savons en Franc-Maçonnerie il existe différentes batteries : celles des maillets ou des coups frappés à la porte, mais qui au Régime Ecossais Rectifié sont souvent différentes des autres rites, notamment en raison des sources liées aux Elus Coëns de Martines de Pasqually et à son arithmosophie. En fait ces batteries décrites par L'Agent Inconnu, ne sont pas toujours les mêmes et lui permettent entre autre de déterminer à quelle classe d'esprit appartient celui qui s'adresse à elle, mais aussi confortent Jean-Baptiste Willermoz et les siens dans leurs croyances... Enfin on remarquera que, par chance, seuls les esprits supérieurs et bénéfiques ont contacté l'Agent.

Les cahiers originaux, ceux manuscrits par Mme de Vallière, ne nous sont pas connus, seules les transcriptions qui en ont été faites sont en la possession des différentes archives. Mais imaginons-nous de nouveau ce mardi 5 avril 1785, Willermoz et ses "témoins" vont examiner ces cahiers pendant 4 jours (10) , confortant leurs croyances en l'enseignement de Martines de Pasqually que l'Agent Inconnu corrobore, et notamment en ce qui concerne la chute Adamique et les possibilités de Réintégration. Ces textes, il convient aussi de le noter, font l'Apologie de l'Eglise catholique et en particulier du Pape. Au terme de ces 4 jours, Willermoz convaincu que l'Agent détenait la "Doctrine de la Vérité", Willermoz donc obéit à l'injonction qui lui est donnée, à savoir de réunir la société secrète dite L'Initiation, celle des "ouvriers de l'onzième heure". En tant qu'Elu, Willermoz aura le choix de soumettre aux 11 membres de la société, les textes de Madame de Vallière, tout du moins ceux qu'il désire leur soumettre pour la méditation et la recherche, en revanche, il ne doit en aucun cas en modifier la teneur. Même la cérémonie d'inauguration fut décrite par l'esprit, et l'on peut aisément l'imaginer, que Willermoz, cet amoureux des rituels comme on le sait, la respecta sans doute à la lettre. Et voici entre autre ce qu'on peut y lire :

« 10 Avril 1785, en loge Assemblée des onze frères élus, lorsque la loge générale aura fini sa séance, le frère Willermoz ayant appelé en particulier chacun des frères, dès le jour précédent, sous la condition expresse de ne communiquer cet avis à aucun frère ; il aura soin de porter, avec ce cahier les 3 qui contiennent la doctrine dont il fera l'exposition et ceux qui contiennent les trois grades qui termineront la séance. » On le voit, il y a d'abord une Tenue que je qualifierai de bleue, et derrière une Tenue regroupant les quelques privilégiés... A la fin du même mois, ils seront déjà à peu près 24 à se réunir en deux fois, c'est-à-dire qu'à peu près tous les frères lyonnais en font partie dès le début et fin juillet ils sont un peu moins de 50... On ne connaît pas la liste exacte de ceux qui firent partie des Initiés, ce qui est sur c'est que certains Francs-Maçons ne furent jamais appelés pour y participer et que d'autres refusèrent l'appel comme par exemple d'Hauterive, Savalettes de Lange ou l'Abbé Fournier (le dernier secrétaire de Martines de Pasqually) qui n'en firent jamais partie. En revanche il est fort intéressant de noter que Louis Claude de Saint Martin fut enclin à se soumettre aux "Lois de la Chose", et que, fait souvent méconnu, Saint Martin va même aider Willermoz à mettre en forme les écrits de L'Agent Inconnu, afin que chaque Initié y ait un accès facilité.

L'Initiation elle-même, celle dispensée au sein de cette société, durait 4 à 6 semaines, sous la forme de révélations et d'instructions sur la doctrine, surtout si les impétrants n'étaient pas maçons ce qui impliquait qu'ils reçurent tous les grades rectifiés jusqu'à l'Ordre Intérieur. Notons aussi quelques points : le premier c'est qu'à l'inverse de la cérémonie d'inauguration qui avait été soigneusement dictée par l'Agent, la cérémonie d'initiation elle, ne répondait à aucun rituel, elle n'était constituée comme nous l'avons vu, que de formation et d'instruction ; second point : que l'adhésion à la société était gratuite, et enfin, que la société n'essaima pas, même si des frères étrangers ou éloignés reçurent l'enseignement...

Au sein de cette société, Willermoz est dénommé le "Sacerdos", et on l'a vu on ne connaît que le nom de quelques membres présent à l'Inauguration, citons : Paganucci, Grainville, Millanois, Monspey bien sur, Savaron et Braun, tous sont Grand Profès et Elus Coëns (11) . Cette première réunion se tint chez Savaron, les 3 cahiers concernant les rites, le règlement et les trois grades ne sont pas connus, en revanche on connaît les 4 cahiers concernant la doctrine. A partir de cette première réunion, Jean-Baptiste Willermoz va être très occupé, il en délaissera même son travail magnétique sur les sommeils de Melle Rochette. De 1785 à 1788, Mme de Vallière envoie 162 messages à Willermoz, seulement 45 furent sélectionnés pour instruire les Frères, et seuls 14 sont en possessions de la Bibliothèque Municipale de Lyon (12) . Ces 14 messages décrivent la "Doctrine de Vérité", mixant un catholicisme fervent classique pour l'époque, du magnétisme, de l'enseignement de Martines de Pasqually et de la Franc-Maçonnerie. Dans ces cahiers on doit noter et c'est important, que le message délivré, tente d'une part de "dévaloriser" si l'on peut dire, ou de minimiser l'importance du personnage clé de la légende du troisième grade, d'autre part à l'inverse, tente de revaloriser le Grade d'Elu de même que les grades de vengeance que Willermoz avait tant décrié, et enfin et surtout de substituer le mot de passe du 1er grade à savoir Tubalcaïn !

Nous reviendrons plus avant sur la substitution de ce mot par Phaleg, mais d'ores et déjà, que nous dit l'Agent Inconnu sur Tubalcaïn ? Tubalcaïn est placé sur le même niveau qu'Adam en ce qui concerne la chute et la perversion de l'homme. Il est qualifié d' "agent diabolique" et portant les "vices charnels". Ainsi ce nom utilisé entre autre, dans les initiations Egyptiennes promues par Cagliostro, quelque part le rival de Willermoz, devait être supprimé au profit de Phaleg, fondateur des Loges et donc de la Maçonnerie, sorte de chaînon manquant d'une filiation allant de Salomon à Jésus et aboutissant à l'Agent lui-même, rien que ça... ! Le 5 Mai 1785, invoquant la lignée Kaïnite et le patronage des forgerons et donc son lien aux métaux, Jean-Baptiste Willermoz remplace Tubalcaïn par Phaleg, sur décision de la Régence Ecossaise de Lyon et par Arrêté du Directoire d'Auvergne.

Revenons maintenant à l'enseignement dispensé par la société. On sait que L'Agent avait appuyé l'authenticité de ses propos, sur la base même, que l'initiation qu'il développait, correspondait à celle de l'Eglise primitive et était de plus, conforme à un manuscrit grec de la bibliothèque du roi, manuscrit de Saint Jean Chrysostome qui aurait été ramené par le moine Sosthène. Hélas malgré les instructions précises de l'Agent et les recherches de quelques frères, le manuscrit s'avéra introuvable... En fait, avec le temps, Jean-Baptiste Willermoz se rendit vite compte que les promesses de l'Agent Inconnu seraient difficiles à tenir et notamment en ce qui concerne les enseignements sensationnels promis, au sujet de textes Bibliques ou de ceux des pères de l'Eglise... Dès 1786, les rapports entre Willermoz et Mme de Vallière se gâtent, car Willermoz ne pouvait s'empêcher de corriger les erreurs et les imperfections de l'Agent qui concernaient la Maçonnerie et les Elus Coëns. A la fin de cette même année 1786 la publication des cahiers va stopper, et les membres de la "Loge Elue et Chérie" vont devoir attendre jusqu'en janvier 1789 pour obtenir un cahier. Mais le travail de l'Agent ne stoppe pas lui, au point que Jean-Baptiste Willermoz y adjoint la présence de sa somnambule préférée : Mademoiselle Gilberte Rochette, ce qui induira une sorte de guerre d'influence ou peut-être même de séduction entre ces deux femmes, car on sait par ailleurs que certaines séances de sommeils, peut-être particulières, aboutiront au mariage de Melle Rochette avec l'un des neveux de Willermoz...

De la même manière c'est avec Louis Claude de Saint Martin, que cet épisode de la Société des Initiés laissera des traces au niveau de la relation entre le Philosophe Inconnu et le soyeux Lyonnais, avec de nombreuses disputes qui vont aboutir à un quasi sentiment de pitié de la part de Saint Martin envers son ami, au fur et à mesure que les miracles se faisaient attendre, et surtout lorsque Willermoz allait essuyer un nouvel affront que nous allons voir... En effet à l'occasion du 3ème anniversaire de la Loge, l'Agent édicta la "Règle pour le 3ème anniversaire" dans lequel il prévoyait d'envoyer dorénavant les messages au rythme de deux fois par mois à cette fois, sept récipiendaires (13) et non plus au seul Willermoz qui se voyait ainsi humilié et relégué au même niveau que d'autres Frères lambda. Willermoz ne publia pas cet envoi, maintenant l'Agent dans un silence relatif...

Le 10 octobre 1788, Willermoz convoque une assemblée extraordinaire de la Société des Initiés, et dans son discours il avoue à ses condisciples les avoir abusés, car lui-même avait été abusé et crédule. Il revient sur ce qu'il a cru être un miracle, le travail qu'il avait accompli et fait son mea culpa, tout en expliquant avoir mené l'expérience le plus loin possible et essayé de faire le tour complet de la question... Et puis dans cette assemblée, vint le moment de parler de Madame de Vallière : avec tout d'abord 13 lignes de précautions d'usage, louant ses qualités individuelles et humaines, mais suivi d'une diatribe démontant complètement son système et ses qualités ésotériques et mystiques ainsi que ses prétendus pouvoirs, dénonçant la manière avec laquelle l'Agent Inconnu avait imposé ses décisions sans laisser quelque libre arbitre que ce fut. Dans ce discours, Jean-Baptiste Willermoz en profite comme on dirait aujourd'hui pour "charger" celui qu'il nomme l'"ami de l'Agent", à savoir vous l'aurez compris, le Commandeur de Monspey, supposé avoir commandité les pensées et les écrits de l'Agent et s'étant attribué un rôle prépondérant... Toujours aussi habile, Willermoz obtint l'aval de ses frères afin d'instaurer un nouveau mode de fonctionnement à venir, en ce qui concernait Madame de Vallière, son rôle et son action désormais limités. Malgré ce constat d'échec, la société continua à se réunir le lundi et l'Agent maintint ses envois notamment sur le thème de Jésus Christ... mais 1789 approchait et tous les frères allaient vivre des évènements encore plus préoccupants !

Alors en 1789 justement, où en est-on de la situation politique des frères lyonnais impliqués dans notre affaire ? Et bien comme tous les maçons on en retrouve dans chaque camp : élus du Tiers Etat, du Clergé ou représentants de la Noblesse et tous majoritairement heureux du changement censé faire naitre une société nouvelle ! Mais à Lyon comme ailleurs la crise allait succéder à l'euphorie, crise économique, notamment pour les soieries, mais aussi crise sociale et politique. Et là la discorde vint à la Loge chère à Willermoz, la "Loge élue et Chérie de la Bienfaisance". Car l'idée qu'avait eut Willermoz était d'essayer de débattre en Loge des projets de l'Assemblée Nationale et ce fut un échec cuisant. L'ambiance allait se dégrader petit à petit, et en décembre 1789 Saint Martin démissionne de la Bienfaisance, tout en demandant paradoxalement, à garder un lien et à suivre l'évolution de l'Initiation. Sur ce dernier point Willermoz ne devait pas répondre car en fait depuis septembre, l'Agent n'avait plus donné de nouvelles... Début 1790, l'ambiance continue de dégringoler à La Bienfaisance avec des heurts entre les frères pour des raisons politiques et les rôles joués par chacun dans la vie profane.... En février Jean-Baptiste Willermoz se retire. Alors, pourquoi avoir développé cet épisode historico-maçonnique, qui certes est très important dans l'étude et la vie de Willermoz mais qui semble sans lien avec notre Agent Inconnu ? Et bien, parce que c'est précisément à ce moment que l'Agent décida d'atteindre une nouvelle fois nôtre Mystique Lyonnais.

Nous sommes à ce moment là, près de cinq ans après la première révélation, le 10 Mars 1790 précisément, Marie-Louise de Monspey intime l'ordre à Jean-Baptiste Willermoz de quitter sous 24 heures, toutes ses fonctions et d'abandonner tout pouvoir au sein de la Loge l'Initiation au profit de Jean Paganucci. Comme le lui confiera Perisse Duluc, les aristocrates que sont les de Monspey n'avaient semble-t-il pas pardonné à Willermoz son patriotisme... Drôle d'ordre surnaturel me direz-vous! La réaction de Willermoz n'arrange pas les choses : il veut bien quitter ses fonctions, mais en aucun cas rendre les cahiers d'instructions qui avaient été écrits à son attention, et ce bien sûr au grand dam de L'Agent Inconnu et de Paganucci... Toutefois, il concède de leur rendre ce qui n'avait jamais été rendu public et les cahiers de l'an 1789, mais il garde tout le reste, et notamment une confession et des documents intimes de Mme de Vallière...

En 1790 toujours et en 1791, l'Agent Inconnu qui s'était quelque peu relâché, redevint prolixe, écrivant à Paganucci une quarantaine de cahiers, qui vont de l'exégèse à la Maçonnerie, en passant par des analyses sociétales. En 1792, c'est cette fois l'analyse littéraire et le commentaire de l'½uvre de Louis Claude de Saint Martin, le Philosophe Inconnu qui est faite. Mais on le sait au regard de l'histoire, la Révolution Française toujours en marche eu raison pour un temps, de la Franc-Maçonnerie Française en général et de la Franc-Maçonnerie Lyonnaise en particulier... Présent dans tous les camps, de nombreux Frères y laissèrent la vie, et Willermoz lui-même ne dût qu'à la Divine providence de ne pas y laisser la sienne... En 1793, c'est au tour de Mme de Vallière et de son frère le commandeur de Monspey d'être arrêtés et d'être emprisonnés à Macon. Là rodés aux avis médicaux qu'ils avaient l'habitude de dispenser et aux traitements permis par leurs supposés dons surnaturels, ils purent exercer leurs talents en captivité, ce qui leur valu la vie sauve et la libération. De retour au Château c'est avec l'un des rares survivants, Perisse qu'ils reprirent leurs activités, Perisse devenant après Willermoz et Paganucci mort pendant la Révolution, le troisième dépositaire du message, mais cette fois seul dépositaire et surtout seul membre de la Loge Elue et Chérie.... Entre 1794 et 1799 c'est toutefois 73 cahiers qu'il va recevoir. Il meurt en 1800 et sans dépositaire, les missives célestes cessèrent, et devinez qui hérita des textes... Jean-Baptiste Willermoz bien sur !

Pendant 6 ans, jusqu'en 1806 donc, les deux parties encore vivantes en présence, à savoir les de Monspey d'une part et Willermoz de l'autre, les deux parties vont purement et simplement s'ignorer. En 1806, nous sommes donc 16 ans après la première rupture entre eux, et 21 ans après la première révélation, Willermoz tente un nouveau rapprochement, sans doute afin de définir et de préserver l'avenir des archives. Il propose à Mme de Vallière de tout lui rendre et de ne garder que les instructions de 1785 et celles de Perisse. La lettre qu'il lui adresse est habile, en fin stratège qu'il est, il fait pendant 8 pages, montre d'obséquiosité, de flatterie, il s'excuse... Mais hélas, Marie-Louise de Monspey a la ranc½ur tenace, et dans sa réponse elle l'accable et réclame rien moins que la totalité des cahiers ! Willermoz insiste et tente de retourner l'Agent, qui de nouveau répond et cette fois en invectivant le Lyonnais ! La querelle recommençait ! Mais à force de persévérance et de persuasion, on constate que la correspondance de Mme de Vallière change de ton, pour finalement abonder dans le sens de Willermoz auquel elle confie les documents, ce qui fera dire à Willermoz que finalement il y a peut-être un vrai miracle dans cette affaire...

21 ans après le début de leur collaboration, la dernière lettre du 4 novembre 1806 mettait fin à la relation entre Jean-Baptiste Willermoz et Madame de Vallière qui mourut en 1814.

Si l'on essaie d'analyser l'Agent Inconnu, c'est une fois de plus Alice Joly qui nous aiguille fortement. La forme d'écriture est fort différente des autres personnages de l'époque, mais aussi différente de celle des somnambules, des médiums ou de celle des spécialistes de l'écriture automatique. Sa "mise en condition" d'écriture était très différente aussi, en aucun cas provoquée par des mécanismes extérieurs. Alors intéressons nous à l'analyse que fit faire Alice Joly à la Société Lyonnaise d'histoire de la Médecine. Nous sommes en 1958 14) , la psychiatrie comme la psychanalyse ont encore de grands progrès à faire, mais le diagnostic tombe : « délires d'influence à thème mystique », « écrits classiques d'aliéné, avec dessins, déformation de la graphie et des mots, portant l'évidence d'une fuite dans les idées, quand ce n'est pas incohérence ». Concrètement il ressort de l'analyse que la Chanoinesse, célibataire et cinquantenaire, semble perturbée par sa sexualité comme cela est classique dans les cas de délires en phase ménopausique. Il est également habituel de voir décrit d'une part cette sensation de force extérieure qui pousse à écrire, et cette notion de ressenti de coups frappés de l'intérieur mais venus d'ailleurs. Bien sur les médecins ne sont pas dupes de la présence et de l'influence du Frère de Mme de Vallière, son "autre moi-même" comme elle dit. Si l'on analyse l'évolution psychologique chronologique de l'Agent, on voit aussi qu'elle suit des schémas classiques : une phase anxieuse douloureuse au début et une amélioration vers la joie et la paix avec le vieillissement. On sait aussi que des périodes de graves troubles politiques comme les guerres ou en l'occurrence la Révolution, ou bien des cataclysmes sont propices aux accalmies dans de tels troubles du comportement au long court.

Alors Marie-Louise de Monspey, Madame de Vallière, L'Agent Inconnu, n'était elle qu'une folle ? Y-a-t il eu volonté d'escroquerie ? Ou simplement crédulité ? Peut-être, et sans doute ne le saurons-nous jamais... Mais ce qui est sur, c'est que l'on ne peut douter de l'élan mystique des hommes de désir Lyonnais, Willermoz à leur tête. On ne peut douter de leur Foi, de leur croyance en l'amélioration de l'homme au travers des vertus. Et en tout cas, il nous faut maintenant nous tourner vers la partie cohérente du message de l'Agent Inconnu, cohérente au regard de l'enseignement sous-tendu au Régime Ecossais Rectifié, celui de Martines de Pasqually, cette cohérence pour les Frères Rectifiés et qui partout ailleurs en maçonnerie est aberration, c'est cohérence c'est Phaleg, mais encore va-t-il falloir nous en expliquer...

Notes:

(1) Tableau propriété de la famille de Monspey. Publié dans le Bulletin Martiniste n°1. 1982

(2) Ancien lieutenant-colonel à la retraite, Gaspard eques a Solibus, Grand Profès, visiteur général de la IIème Province avant Willermoz

(3) Renaissance Traditionnelle n°48 – Octobre 1981. p 258 – Tome XII. Cet article est tiré des Actes des journées d'études Vosgiennes des 17 et 20 avril 1980.

(4) Françoise Haudidier est Conservateur Honoraire des Musées de la ville de Remiremont, auteur de nombreux ouvrages sur ces musées et notamment sur une superbe collection de peintures hollandaises du XVII° dont elle demeure la spécialiste. Cet article est tiré des Actes des journées d'études Vosgiennes des 17 et 20 avril 1980.

(5) La communauté religieuse féminine, était, au départ vouée à la prière et à la méditation, elle s'est ensuite transformée en chapitre noble. La Lorraine a connu quatre établissements de ce type, mais l'illustre Chapitre Saint-Pierre de Remiremont fut de loin le plus renommé par son ancienneté, sa richesse et la qualité de son recrutement. L'histoire commença en 620 avec la création par Romaric (noble de la cour d'Austrasie), et Amé, (moine prédicateur disciple de Saint-Colomban) sur le Saint-Mont, sommet montagneux qui domine la vallée de la Moselle, du premier monastère féminin de Lorraine.
Après avoir obéi à la règle colombanienne, les moniales adoptèrent, deux siècles plus tard, celle plus souple de Saint-Benoît, en même temps qu'elles s'installèrent dans la vallée. La richesse foncière de l'abbaye de Remiremont est l'un des éléments de sa puissance et de son prestige. Au Moyen-âge, ses domaines restent les plus importants parmi ceux de la région. Ils constituent une véritable enclave à l'intérieur des territoires du Duc de Lorraine. L'abbaye dépendait directement du Saint-Siège pour le pouvoir spirituel et de l'Empereur pour le temporel, mais tous deux éloignés, le véritable chef de l'abbaye, restait l'Abbesse qui portait le titre de "Princesse d'Empire". L'abandon de la règle bénédictine et l'évolution vers un mode de vie plus souple et plus agréable, acquis par la sécularisation, témoigne en fait de l'origine sociale de ses membres, issus de la meilleure noblesse (toute postulante devait faire preuve de seize quartiers de noblesse, sans mésalliance).
Le chapitre était une sorte de maison d'éducation au XVIIIème siècle pour les jeunes filles de haute noblesse issues de Lorraine, de France, de Franche Comté, d'Alsace et du Saint Empire. La sécularisation (affirmée au XIVème siècle) permettant de ne faire ni v½u, ni profession religieuse, les dames bénéficiaient d'une grande liberté d'action. Sorties des offices et obligations religieuses, elles vivaient en femmes du monde dans l'aisance et le confort de leurs maisons particulières.
En 1789, la Révolution est en marche, rien ne peut l'arrêter : abolition des privilèges et des droits seigneuriaux décidés par l'Assemblée cette année-là, puis décret du 13 Février 1790 décidant la suppression des monastères. Le Chapitre perd alors son existence légale et les Chanoinesses
sont obligées de partir. Le 7 Décembre 1790, les scellés sont apposés sur l'église abbatiale.
http://www.ot-remiremont.fr/pages/visiteville/visitevillehistoire.html
Voici à quoi ressemblait l'organisation politico-religieuse du Chapitre par rapport à la ville :
La Dame Abbesse est le Chef spirituel et temporel du chapitre. Elue à scrutin secret parmi les chanoinesses, son élection devait ensuite recevoir la confirmation du souverain pontife.
La Dame Doyenne proposait les nouvelles chanoinesses, faisait une enquête sur les candidates, recueillait les voix et prononçait les ordonnances.
Le Dame Secrète avait la direction de la sacristie et la responsabilité de la décoration de l'église.
Le Maire : Désigné par l'abbesse sur une liste proposée par les notables de la ville.
Le Grand Eschevin : Second officier municipal. Choisi par le Maire sur une liste de 3 candidats présentés par les bourgeois de Remiremont avec avis de l'Abbesse. Il était receveur de l'octroi de la ville et président de la justice ordinaire (tribunal civil et criminel).
Le Doyen : nommé par le Maire, c'était un huissier-exécuteur des décisions du conseil municipal.
http://shw68.free.fr/patrimoi/colonge/colonge.htm

(6) L'Astrée est un roman pastoral publiée de 1607 à 1627, par Honoré d'Urfé.
¼uvre littéraire majeure du XVIIe siècle, l'Astrée est parfois appelé « le Roman des romans », d'abord par sa taille, qui fait qu'on le considère comme le premier roman-fleuve de la littérature française (5 parties, 40 histoires, 60 livres, 5 399 pages), mais aussi par le succès considérable qu'il a eu dans l'Europe tout entière (traduit en un grand nombre de langues et lu par toutes les cours européennes). Les trois premières parties sont publiées en 1607, 1610, et 1619 et lorsque d'Urfé meurt en 1625, son secrétaire Balthazar Baro aurait achevé la quatrième partie et lui aurait donné une suite (1632-1633). Mais selon Larousse (1863), les cinquième et sixième parties auraient été composées par Pierre Boitel, sieur de Gaubertin, et éditées en 1626.
Il serait difficile, voire impossible d'établir une sorte de résumé de L'Astrée, car ce livre n'est pas qualifié sans raison de roman-fleuve ou d'½uvre à tiroirs. Notons tout de même qu'il est constitué de 5 parties, de 40 histoires, de 60 livres et de 5399 pages. Mais le fil rouge de ce livre reste l'histoire d'amour parfaite entre l'héroïne (qui a donné son nom au livre) Astrée et Céladon (personnage qui a donné son nom à un type de céramique, propre à la Chine et à l'Extrême-Orient). Il s'agit de deux bergers foreziens. Les perfidies de certains personnages, les ambitions politiques d'autres, les mésaventures amoureuses des deux héros constituent la grande partie de ce roman extrêmement dense et complexe, qui contient diverses autres péripéties vécues par des personnages n'ayant aucun lien avec l'histoire centrale, mais qui illustrent par leurs vies, celles vécues par les protagonistes principaux.

(7) « Franz Mesmer : Cet homme de nationalité Autrichienne prétendait pouvoir agir sur le corps en maîtrisant un fluide vital particulier qui reliait les planètes, les forces cosmiques, aux corps vivants. Par le moyen de passes et d'un appareillage spécialisé, dont le fameux baquet, il dirigeait ce "fluide" et traitait ainsi diverses sortes de maux. Pour former des émules il avait fondé la Loge de l'Harmonie qui n'empruntait la force maçonnique que pour sacrifier 0 la mode et conserver ainsi le sceau du secret une science non destinée au vulgaire ». (Christian Guigue in Travaux de la Loge nationale de recherches Villard de Honnecourt n°17. p293. 1988)

(8) En fait ce sont les trois frères Puységur qui firent l'expérience et la découvert qu'une fois endormi et magnétisé, un patient conservait la capacité de répondre dans son sommeil, lui permettant même des possibilités de visions particulière. C'est ce qui fut dénommé le Somnambulisme ou Sommeil.

(9) La Concorde bien que n'appartenant pas au groupe des Loges rectifiées, compta rapidement en son sein de nombreux CBCS. Christian Guigue fait remarquer (op. cité.) que si Willermoz ne fut pas considéré comme l'un des brillants magnétiseurs de cette société qu'il avait rejoint, Jean Millanois (premier avocat du Roi à la Sénéchaussée de Lyon, eques a Quatuor Palis, Grand Profès et fidèle de la première heure), Jean-Antoine de Castellas (doyen de l'Eglise, Comte de Lyon, eques a Bannes a Molleo, et CBCS) et le Commandeur de Monspey semblaient eux "extrêmement doués".

(10) Notes de Jean-Baptiste Willermoz dans Les Sommeils. Emile Dermenghem. Editions La Connaissance. Paris. 1926. page 120 : Notes du 10 au 20 avril 1785 « J'avais reçu le mardi soir, 5 avril, un dépôt d'instructions étonnantes, confié à mes soins personnels pour fonder à Lyon une nouvelle association ou classe maçonnique distincte et particulière. J'employai les quatre jours suivant entiers 6, 7, 8 et 9 pour en prendre connaissance». Nous pouvons d'ailleurs noter à ce sujet, que le soir du 5 avril Willermoz eut avec le Doyen Castellas une séance de sommeils avec la crisiaque Mademoiselle de Rochette, séance qui débuta à 8h15 du soir, et qui semble assez courte. On peut donc penser que la rencontre avec le Commandeur de Monspey eut lieu tard dans la nuit et après cette séance. D'autre part si, le 7 avril à 10h30 et le 8 avril à 10h1/4 du soir toujours, eurent lieu des séances, il n'yen eut point le 6 avril, lendemain de la révélation, journée durant laquelle on peut présumer que Willermoz s'employa à analyser les cahiers...

(11) Pour les 4 autres formant les onze, Alice Joly propose de les choisir entre Périsse-Duluc, de Castellas, Le Chevallier de Rachais ou l'un des deuxfrères de Willermoz.

(12) Ceux du 6 au 30 Avril 1785

(13) Millanois, Paganucci, Grainville, Monspey, Castellas, Périsse, et Willermoz

(14) 26 Mars 1958
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# Posté le jeudi 18 septembre 2008 00:54

Modifié le jeudi 18 septembre 2008 01:25