De l'Agent Inconnu à Phaleg - 2ème Partie : Phaleg de Dominique S.

 De l’Agent Inconnu à Phaleg - 2ème Partie : Phaleg   de  Dominique S.
à partir de l'article:
Portraits de Chanoinesses
de Françoise Haudidier.
Renaissance Traditionnelle N°48
Tome XII octobre 1981. p258


Nous avons donc vu dans la première partie de ce travail, les liens entre Jean-Baptiste Willermoz et l'Agent Inconnu. Nous avons également parlé de l'épisode qui vit la substitution du mot du premier grade Tubalcaïn par Phaleg. Pourquoi sur plus d'une centaine de propositions Willermoz n'a-t-il quasiment retenu que celle là ? Alors intéressons nous de plus près, à la fois à l'aspect historique de cette substitution et bien sur à l'aspect symbolique de ce mot de ce nom devrait-je dire, tant en regard de l'histoire Biblique, de l'enseignement de Martines de Pasqually et de la transmission de cet enseignement par le vecteur Jean-Baptiste Willermoz, au Régime Ecossais Rectifié.

Alors tout d'abord et tout simplement en terme historiques, souvenons nous quelques instant de ce que dit l'Agent Inconnu à Willermoz au sujet de Tubalcaïn : "c'est un nom d'abomination", car Tubalcaïn est "coupable des plus honteuses prévarications", qu'il n'apprit l'art du travail des métaux et la maîtrise du feu que par des voies profanatrices et sataniques. Alors que se passe-t-il lorsque Willermoz reçoit cette injonction de l'Agent Inconnu de changer le mot ? Willermoz se plonge une nouvelle fois dans les Cahiers des Grades maçonniques, ce sont ceux qui avaient été définis au Convent des Gaules en 1778, et confirmés au Convent de Wilhemsbad en 1782. En fait Willermoz parait ennuyé avec cette révélation, on peut penser que déclarer ouvertement ce changement eut été montrer que tout le travail effectué depuis des années, l'avait été sous le sceau de l'esprit pervers. Alors il va tenter la substitution "en douce", arguant que la décision avait été prise à Wilhemsbad, et donc le dimanche 5 mai 1785 le Directoire Provincial d'Auvergne avec à sa tête le Chevalier Gaspard de Savaron officialise la décision. Avant cela Savaron lu la communication de Willermoz en vue de cette substitution, écoutons le Mystique Lyonnais :

« C'est que Tubalcain qui fut fils de Lamech le Bigame et de Stella fut le premier qui ait connu l'art de travailler avec le marteau et fut habile en toutes sortes d'ouvrages d'airain et de fer, c'est pourquoi il est appelé l'inventeur, le Père de l'art de travailler les métaux... Mais on n'a pas remarqué que c'est une contradiction de donner à l'apprenti ce mot de ralliement après lui avoir fait quitter tous ses métaux qui sont l'emblème des Vices. En effet d'un côté on lui apprend que ce n'est point sur les métaux que le vrai maçon doit travailler ; et de l'autre on le met dans le cas de croire que Tubalcain le père et l'inventeur du travail sur les métaux serait le premier instituteur de la maçonnerie élevée.

Si Tubalcain fut le fondateur d'une initiation quelconque, on voit quel devrait être l'objet, et le but par ce qu'en dit l'Ecriture, et dans ce siècle où tant de maçons s'occupent de l'Alchimie, un Régime qui en connaît les dangers ne doit pas conserver un nom qui ne s'est perpétué que par l'ignorance, ou le défaut de plusieurs qui n'ont pas aperçu ce rapport et cette inconséquence, et sont encore par là liés à ceux qui s'occuperaient à imiter Tubalcain qui le premier a touché les métaux.

Si de cette observation on pousse à l'examen du temps, auquel vécut Tubalcain, on voit que c'est avant le Déluge, fléau par lequel Dieu voulut effacer de dessus la terre les ouvrages des hommes. Tout ce qui remonte à cette époque ne doit pas paraître pur, et l'on doit craindre de tenir à quelques-uns de ceux qui ont attiré la colère de Dieu sur les hommes. Si l'initiation de Tubalcain s'est propagée, elle est impure, et il paraîtra important de rompre tous les rapports avec lui, puisqu'on fait quitter aux maçons tous les métaux, emblème vrai et retenu de tous les régimes, comme pour les séparer...

C'est donc après le Déluge au temps de la confusion des langues qu'on trouve la raison de la fondation d'une initiation secrète qui a dû se perpétuer et qui est l'objet de la recherche des maçons. Une étude de la vérité faite dans des intentions pures a conduit à apprendre que c'est dans les documents de Sem qu'il faut chercher la fondation de la vraie initiation.

Sem fut béni par Noé et l'on est fondé à croire que Phaleg, fils d'Heber et descendant de Sem, qui fut père de Tous les enfants de Geber, est le fondateur de la seule vraie initiation et ce motif parait déterminant pour substituer au nom de Tubalcain, celui de Phaleg.

Cham, maudit par Noé, aura eu son initiation : tout l'atteste, et que son mot de ralliement ait été Tubalcain. Il est l'emblème des vices, et il convient aux enfants de Chanaan qui l'auront transmis ; mais on doit se rappeler qu'il est dit :
Que Chanaan soit maudit,
Qu'il soit à l'égard de ses frères l'esclave des esclaves

Jaloux de descendre de Sem les vrais maçons doivent s'empresser de se séparer à jamais des enfants de Chanaan... »

Nous pourrions donc arrêter notre travail historico-symbolique, tellement tout est dit.... Mais continuons un peu, et notamment avec la lecture du compte rendu du Directoire qui arrête « unanimement, définitivement et pour toujours :

Que le nom de Tubalcain serait supprimé et remplacé par celui de Phaleg dont on donnerait l'explication vraie à l'apprenti, que ce changement aurait lieu pour la première assemblée de la Loge de la Bienfaisance et le plus tôt possible dans celle du district.

Qu'à l'avenir il ne sera plus demandé ce mot de passe aux FF visiteurs, parce qu'on ne pourrait pas sans inconséquences les recevoir en donnant un mot proscrit. On se contentera des mots du Grand Orient de France plus secrets que celui de Tubalcain, en usant de tous les ménagements et remplissant les égards que la fraternité commande, ils se retireront et useront en tout de toutes les précautions que la prudence leur suggérera pour ne point blesser les LL. qui ne verraient pas le même danger à conserver ce mot proscrit parmi les frères du district

Afin que les LL. constituées par le Directoire n'en prétendent cause d'ignorance et ayant à s'y conformer, expédition en forme sera envoyée à chacune d'elles, les invitant à ne point s'écarter sous quelque prétexte que ce puisse être de cet arrêté fait en connaissance de cause, comme aussi à déclarer dans un court délai si elles ont mis en exécution le changement dont il s'agit.

Arrêté que la présente délibération sera envoyée à S.A.S. le Sme Eme Grand Maître Général de l'Ordre, le F. Prince Ferdinand Duc de Brunswick et à S.A.S. le Sme Frère Prince Charles de Hesse-Cassel, persuadé que ces deux illustres FF. de ce district dans le changement de mot de passe s'emploieront de tout leur pouvoir pour le faire adopter dans tous les établissements du Régime.

Pareil envoi sera fait à sa grandeur le Maître Provincial du Ressort, le Sme Frère Duc d'Havré et de Croÿ qui a approuvé les délibérations des Directoires, ayant eu communication particulière des motifs qui doivent le déterminer, le priant d'en maintenir de tout son pouvoir l'exécution.

Enfin comme ce changement tend à établir une différence essentielle, dans les recherches de la vérité maçonnique et que le mot de Tubalcain a été conservé sans y avoir fait beaucoup d'attention dans ce Régime, pour qu'il n'y ait point de différence, les autres Directoires seront invités à prendre en considération les motifs ci-dessus allégués, et à cet effet, copie en forme leur sera adressée par le Chancelier Général du Ressort, ce qui fera connaître la raison d'un changement qui à défaut de motif pourrait paraître arbitraire et trop précipité ; le Directoire d'Auvergne cherchant tous les moyens de rapprochement de la vérité, et à entretenir les liens de fraternité
».

C'est signé Willermoz aîné. Et suivi de la mention : "Expédition pour être déposée dans les archives de la respectable Loge de la Triple Union à l'Orient de Marseille, que je certifie conforme et véritable".

Ainsi aujourd'hui encore au Régime Ecossais Rectifié, et depuis 1785, puisque dans le rituel de 1782 il n'apparaît pas encore, « le mot des Apprentis qui leur sert de mot de reconnaissance est Phaleg », c'est ce mot qu'il faudrait utiliser en cas de tuilage par le Maître de Cérémonie. En effet les instructions par demande et réponses nous le rappellent : « c'est le nom du fondateur des bonnes et véritables Loges », mais surtout, [il] « sert aux Apprentis [...] à leur faire obtenir l'entrée en Loge». Nous pouvons poser là le problème du mot de tuilage à répondre lors d'une visite dans une Loge qui ne serait pas rectifiée... Certes le Frère ou la S½ur Tuileur, Couvreur ou Expert garant de la couverture de cette Loge est censé connaître tous les mots de semestres de toutes les obédiences et tous les mots spécifiques de chaque rite, mais nous savons que la perfection n'est pas de ce monde, et souvent afin de faciliter l'accès, il convient de donner le mot d'Apprenti, à savoir pour l'Ordre Rectifié : Jakin. Et c'est ainsi à peu près tout ce que l'on trouve dans le rituel, les instructions, l'instruction morale sur Phaleg...
Nous l'avons vu, l'adoption de Phaleg n'est pas apparue lors d'un Convent, elle n'a été ratifiée par aucune autorité réellement légiférante, ainsi au sein même du Régime Ecossais Rectifié contemporain, il est des courants de pensée, dont Jean Saunier (15) se fit le porte parole, tendant à vouloir supprimer purement et simplement Phaleg pour un retour à Tubalcaïn... Mais encore faudra-t-il avoir l'aplomb de s'opposer à Jean-Baptiste Willermoz...

Enfin, si l'on veut approfondir le symbolisme de ce nom, il nous faut nous tourner vers « la loi qui était conservée dans le sanctuaire du temple, et que tout franc-maçon doit méditer » à savoir la Bible, et sa lecture faite par Martines de Pasqually dont nous le savons, Willermoz fit l'enseignement sous-tendu de notre Régime Rectifié...

Alors voyons qui est Phaleg que l'on rencontre aussi sous la forme Péleg. C'est dans Genèse X et XI (16) que l'on rencontre Phaleg de la lignée de Sem qui est l'un des trois fils de Noé, mais qui surtout appartient à la lignée de Seth dont « la postérité fut nommée enfants de Dieu et non pas enfants des hommes » (17) , nous dit Martines de Pasqually. Phaleg est fils de Héber, celui là même nous dit Serge Caillet qui aurait donné l'hébreu. Arrêtons-nous un instant, car nous avons vu et nous comprenons aisément l'intérêt de se démarquer de la lignée Kaïnite porteuse d'un lourd fardeau. De la même manière, si l'on considère comme Chauvet (18) que "le récit du Déluge, correspond à la partie finale, à l'effectuation du monde, qui devait se faire sous le d'Adam(19) qui ayant failli à sa mission, sera remplacé par Noé, qui réalisera la Création telle que l'Eternel l'a voulue", ainsi on comprend aussi pourquoi c'est le Patronage d'un descendant de Sem et non pas d'un membre de la lignée de Cham qui va être choisi. On peut noter également au passage que si l'on prend pour an 1 de référence l'assassinat d'Abel par Caïn que Phaleg nait en 1757, soit 100 ans après la fin du Déluge.

Au sujet de Phaleg, les grandes lignes que l'on rencontre dans la littérature, sont les suivantes : le nom tout d'abord selon l'origine hébraïque signifie alternativement:
séparer, diviser (FaLaG) ; ruisseau, cours d'eau (FéLeG) ; moitié, fraction (FéLèG) ou enfin cours d'eau, courant, groupe ou à nouveau division, schisme (FéLaGaH), on pourra aussi voir dan la racine Phal la notion d'élection et de germination. La valeur numérique de Pélèg est 113, mais comme j'en suis bien incapable je n'insisterai pas sur les notions de valeurs numériques de type arithmosophie ou de type Guematria liées au nom de Phaleg, d'autres l'ont fait bien avant et bien mieux...

Toutefois il est un élément qu'il nous faut envisager à ce point, c'est le lien entre Phaleg et la Tour de Babel dont il fut contemporain, sans en être en aucun cas comme cela peut être écrit parfois, l'architecte. Parlons brièvement de la Tour : on trouve dans la Genèse qu'elle fut construite afin de relier la terre et le ciel, par l'humanité qui devait être unie par une seule et même langue, et en l'occurrence celle d'Adam... Dieu prenant ombrage de cet excès de zèle, multiplia les langues, ce qui fait aussi de Héber nous l'avons vu, le père de l'Hébreu (20) : dans la confusion, les hommes ne se comprenant plus, la construction s'arrêta, et les hommes furent dispersés à la surface de la terre. En fait dans la tradition juive, Phaleg, ancêtre d'Abram qui deviendra Abraham, père des croyants, Phaleg donc, prophétise ce que nous venons de décrire, à savoir la dispersion des constructeurs et ses conséquences... Phaleg est ainsi un rappel de ce que nous devons éviter, mais aussi de ce que nous avons à racheter, comme l'est « adhuc stat », comme l'est la Perpendiculaire, comme l'est l'axe Justice-Clémence... Car outre le mystère de la naissance des langues, et épisode nous montre une nouvelle fois une application de la Justice Divine à la suite d'une nouvelle prévarication... En effet, une nouvelle fois nous touchons du doigt les dangers de vouloir se placer à l'égal de Dieu, de le défier par notre recherche de la connaissance. Notons toutefois ici, que cette fois la Chute n'est pas le fait d'une personne, comme Adam ou Caïn, mais d'½uvre d'un collectif, qui n'est ici rien d'autre que l'Humanité... Alors, on nous dit souvent au Régime Ecossais Rectifié, que ce travail sur la Pierre Brute que nous sommes tous individuellement, cette recherche de la Vérité, cette quête de ce qu'il y a dans notre C½ur, va nous aider égoïstement à nous réintégrer plus vite individuellement. J'ai ici la prétention de penser, que quelque part, ce travail individuel de la pratique des Vertus, même si pour quelques uns d'entre nous ne nous permettra pas d'être canonisés, ne sera en tous cas nullement inutile, dans le sens où quelque part il contribuera à la Réintégration, même lente, de l'humanité toute entière.

Notes:


(15) Les Chevaliers aux portes du Temple. Jean Saunier (Ostabat). Editions Ivoire Clair. Paris 2005

(16) Genèse XI :
1 Et toute la terre avait une seule langue et les mêmes paroles.
2 Et il arriva que lorsqu'ils partirent de l'Orient, ils trouvèrent une plaine dans le pays de Shinhar ; et ils y habitèrent.
3 Et ils se dirent l'un à l'autre : Allons, faisons des briques, et cuisons-les au feu. Et ils avaient la brique pour pierre, et ils avaient le bitume pour mortier.
4 Et ils dirent : Allons, bâtissons-nous une ville, et une tour dont le sommet [atteigne] jusqu'aux cieux ; et faisons-nous un nom, de peur que nous ne soyons dispersés sur la face de toute la terre.
5 Et l'Éternel descendit pour voir la ville et la tour que bâtissaient les fils des hommes.
6 Et l'Éternel dit : Voici, c'est un seul peuple, et ils n'ont, eux tous, qu'un seul langage, et ils ont commencé à faire ceci ; et maintenant ils ne seront empêchés en rien de ce qu'ils pensent faire.
7 Allons, descendons, et confondons là leur langage, afin qu'ils n'entendent pas le langage l'un de l'autre.
8 Et l'Éternel les dispersa de là sur la face de toute la terre ; et ils cessèrent de bâtir la ville.
9 C'est pourquoi on appela son nom Babel, car là l'Éternel confondit le langage de toute la terre ; et de là l'Éternel les dispersa sur la face de toute la terre.
10 Ce sont ici les générations de Sem : Sem était âgé de cent ans, et il engendra Arpacshad, deux ans après le déluge.
11 Et Sem, après qu'il eut engendré Arpacshad, vécut cinq cents ans ; et il engendra des fils et des filles.
12 Et Arpacshad vécut trente-cinq ans, et engendra Shélakh.
13 Et Arpacshad, après qu'il eut engendré Shélakh, vécut quatre cent trois ans ; et il engendra des fils et des filles.
14 Et Shélakh vécut trente ans, et engendra Héber.
15 Et Shélakh, après qu'il eut engendré Héber, vécut quatre cent trois ans ; et il engendra des fils et des filles.
16 Et Héber vécut trente-quatre ans, et engendra Péleg.
17 Et Héber, après qu'il eut engendré Péleg, vécut quatre cent trente ans ; et il engendra des fils et des filles.
18 Et Péleg vécut trente ans, et engendra Rehu.
19 Et Péleg, après qu'il eut engendré Rehu, vécut deux cent neuf ans ; et il engendra des fils et des filles.
20 Et Rehu vécut trente-deux ans, et engendra Serug.
21 Et Rehu, après qu'il eut engendré Serug, vécut deux cent sept ans ; et il engendra des fils et des filles.
22 Et Serug vécut trente ans, et engendra Nakhor.
23 Et Serug, après qu'il eut engendré Nakhor, vécut deux cents ans ; et il engendra des fils et des filles.
24 Et Nakhor vécut vingt-neuf ans, et engendra Térakh.
25 Et Nakhor, après qu'il eut engendré Térakh, vécut cent dix-neuf ans ; et il engendra des fils et des filles.
26 Et Térakh vécut soixante-dix ans, et engendra Abram, Nakhor, et Haran.
27 Et ce sont ici les générations de Térakh : Térakh engendra Abram, Nakhor, et Haran.
28 Et Haran engendra Lot. Et Haran mourut en la présence de Térakh, son père au pays de sa naissance, à Ur des Chaldéens.
29 Et Abram et Nakhor prirent des femmes : le nom de la femme d'Abram était Saraï et le nom de la femme de Nakhor, Milca, fille de Haran, père de Milca et père de Jisca.
30 Et Saraï était stérile, elle n'avait pas d'enfants.
31 Et Térakh prit Abram son fils, et Lot, fils de Haran, fils de son fils, et Saraï, sa belle-fille, femme d'Abram, son fils ; et ils sortirent ensemble d'Ur des Chaldéens pour aller au pays de Canaan ; et ils vinrent jusqu'à Charan, et habitèrent là.
32 Et les jours de Térakh furent deux cent cinq ans ; et Térakh mourut à Charan.

(17) Traité su la réintégration des êtres. Diffusion Rosicrucienne. Section 266 p 384

(18) Dr Auguste-Edouard Chauvet, mort en 1946, qui connut Papus et a été proche de Saint-Yves d'Alveydre. Pendant une quarantaine d'années, il a très sérieusement étudié l'hébreu, afin de vérifier, l'idée chère à l'occultisme, selon laquelle, a une tradition universelle, correspond une langue universelle. Et Chauvet en particulier s'est attaché à retrouver cette langue universelle dans l'Hébreu et le Sanskrit. On peut penser que Chauvet a fait une découverte fabuleuse, curieusement très peu connue. Il part du principe que les lettres de l'alphabet hébreux on 4 valeurs : une valeur alphabétique, une valeur numérique, une valeur hiéroglyphique, et surtout et c'est la découverte de Chauvet, une valeur idéographique. La valeur idéographique est le fait qu'à une lettre correspond, non plus une image mais une idée, un concept, et parfois un concept extrêmement développé. Par exemple si on prend la première lettre de la Bible : le Beth, sa valeur alphabétique sera le B de notre alphabet, sa valeur numérique dans l'alphabet hébreu sera le 2. Quant à sa valeur hiéroglyphique, on s'accorde à dire que le Beth est un abri ou une maison. Chauvet nous renseigne sur la valeur idéographique, qu'il a retrouvée, qui est ici la notion de contenant universel, voire de sagesse universelle. Ces clés que Chauvet a retrouvées tout au long de ses quarante ans de recherches et de travail acharné, il les a publiées en quatre volumes : l'Esotérisme de la Genèse – Tradition Esotérique commentée des dis premiers chapitres de la Genèse. Publiés par la Société des journaux et publications du Centre – Limoges 1946, dans lesquels il démontre de manière très convaincante que les dix premiers chapitres de la Genèse sont susceptibles d'une interprétation qui ne contredit pas le sens exotérique ou littéral, mais qui développe un sens ésotérique que ce sens littéral ne donne pas, et même qu'il voile.

(19) Mais aussi des Elohim et du Serpent de la Genèse

(20) Martines de Pasqually. Op cité. Section 151. p 236


Bibliographie

- Annales Martinistes des origines à nos jours. Serge Caillet
- Martinésisme, Willermozisme, Martinisme et Franc-Maçonnerie. Papus. Editions de Chamuel. Paris. 1895.
- Bulletin Martiniste n°1, n°2 et n°5
- De l'Agent Inconnu au Philosophe Inconnu. Robert Amadou et Alice Joly Editions Denoël. Paris. 1962.
- Un Mystique Lyonnais et les secrets de la Franc-Maçonnerie. Alice Joly. Protat Frères Imprimeurs-Editeurs.
Macon.1938
- Un Mystique Lyonnais et les secrets de la Franc-Maçonnerie – Jean-Baptiste Willermoz. Alice Joly. Préface d'Antoine Faivre. Editions Déméter. Paris. 1986.
- Les Sommeils. Emile Dermenghem. Editions La Connaissance. Paris. 1926.
- Les Cahiers Verts. Bulletin 10-12 p 77. 1992. « A propos de Phaleg » par Daniel Fontaine
- René Guénon et le Rite Ecossais Rectifié. Jean-Marc Vivenza. Editions du Simorgh. Cannes 2007
- L'Esotérisme de la Genèse - Tradition Esotérique commentée des dis premiers chapitres de la Genèse. A-E Chauvet. Société des journaux et publications du Centre. Limoges 1946
- Traité sur la réintégration des êtres. Martines de Pasqually. Diffusion Rosicrucienne. Le Tremblay 2000
- La Franc-Maçonnerie Templière et Occultiste. René Le Forestier. Arché. Milano 2003
- La formation maçonnique. Christian Guigue. Lille 2003
- Les Planches de l'apprenti. Christian Guigue. Lille 2002
- Vie et perspective de la Franc-Maçonnerie Traditionnelle. Jean Tourniac. Dervy. Paris 1978
- Les Chevaliers aux portes du Temple. Jean Saunier (Ostabat). Ivoire-Clair. Paris 2005
- Episodes de la Vie Esotérique. Dr Gérard Van Rijnberk. Editions Paul Derain. Lyon 1949
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# Posté le dimanche 05 octobre 2008 08:12

Modifié le dimanche 05 octobre 2008 08:25

Le numéro double 151-152 de Renaissance Traditionnelle est paru !

Le numéro double 151-152 de Renaissance Traditionnelle est paru !
Au sommaire de ce n°151-152: les articles de:

Pierre Mollier: Avant-propos

Gaël Meigniez : Les artisans antédiluviens dans la Jérusalem céleste : La symbolique maçonnique du siècle écossais d'après une épigramme de 1690 et d'après "Saints Recreation" de Williams Geddes (1683)

Robert et Catherine Amadou : Correspondance de E.R. Saltzmann avec J.-B. Willermoz 1779-1819

Daniel Kerjan et André Kervella : Les listes de Charles-Louis Journal

Jean-Pierre Crystal : Le manuscrit Simonnet de 1744

Irène Mainguy : Probst-Biraben (1875-1957), franc-maçon haut en couleur, martiniste, théosophe et soufi

Libri Latomorum

Bonne Lecture à tous !
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# Posté le vendredi 07 novembre 2008 00:37

Nouveauté: "L'invention de la Franc-Maçonnerie" de Roger DACHEZ

Nouveauté: "L'invention de la Franc-Maçonnerie" de Roger DACHEZ
Vient de paraître aux éditions Véga:
L'invention de la Franc-Maçonnerie: Des opératifs aux spéculatifs.


Pour Les Amis Provençaux de Renaissance Traditionnelle, Roger Dachez, président de l'Institut Maçonnique de France, et historien français internationalement reconnu, auteurs de nombreux ouvrages sur le sujet est aussi et surtout le directeur de la Revue Renaissance Traditionnelle et le fils spirituel de René Désaguliers.

Longtemps dans l'esprit des maçons eux-mêmes et du public, histoire, légendes et mythes ont été confondus, concernant les origines de l'une des plus anciennes sociétés initiatiques de l'Occident.

Démêlant le vrai et le faux, le mythe et l'histoire, les certitudes et les suppositions, cet ouvrage de référence, fruit de vingt ans de recherches dont il est la synthèse, met en perspective la genèse de la franc-maçonnerie spéculative et, avec clarté et

précision, montre commet et pourquoi s'est constitué, à l'époque des Lumières, l'Ordre maçonnique.

Ainsi clarifiée et vivifiée, l'histoire vraie des origines de la franc-maçonnerie révèle une aventure humaine et intellectuelle plus riche que celle des légendes, ramenant celles-ci à leur fonction première de "mythe fondateur".

Loin de ne concerner que les adeptes de la franc-maçonnerie, cet ouvrage apporte une pierre essentielle à l'histoire des idées, éclaire avec lucidité et érudition la création de cette "mystérieuse" société de pensée et signe ainsi la fin des légendes dans ce domaine.
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# Posté le jeudi 13 novembre 2008 00:53

6 ème Salon Maçonnique du Livre 2008

Les 15 et 16 Novembre 2008, c'est tenu à Paris le 6ème Salon Maçonnique du Livre , organisé par l'Institut Maçonnique de France.

A cette occasion ont été remis 5 prix dont le Prix Humanisme à est Axel Kahn, pour «L'homme, le bien, le mal».

Le Prix Spécial du Jury, a été décerné à Roger Dachez pour son dernier livre «L'Invention de la franc-maçonnerie» dont vous trouverez la présentation dans l'article précédent.

Retrouvez les meilleurs moments en vidéo, avec notamment la visite guidée et éclairée du salon par le Président de l'IMF. Et vous pourrez même y apercevoir le stand de la Revue Renaissance Traditionnelle ainsi que ses principaux rédacteurs.

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# Posté le mardi 18 novembre 2008 10:17

Modifié le mardi 18 novembre 2008 11:46

L'Evolution de la Cérémonie et du Rituel d'Installation secrète du Maître Élu (de Harry Carr - Traduit par René Désaguliers) résumé par Dominique S.

 L’Evolution de la Cérémonie et du Rituel d’Installation secrète du Maître Élu (de Harry Carr - Traduit par René Désaguliers) résumé par  Dominique S.
Renaissance Traditionnelle N°85
Tome XXII janvier 1991. p1


Cette publication est parue initialement dans la Revue Ars Quatuor Coronatorum vol 89 de 1976 (pages 32 à 59) sous le titre "The Evolution of the Installation Ceremony and Ritual" et a été exposée par Harry Carr à la Loge éponyme le 19 Février 1976. René Désaguliers en 1991, nous propose dans cet article la traduction de ce travail, qui constitue une ½uvre colossale relativement peu controversée. De plus, la Cérémonie secrète étant très répandue en France, on peut comprendre l'intérêt d'en étudier les sources. Toutefois Harry Carr mène son étude uniquement sur les sources anglaises, alors que, souligne Désaguliers, les sources irlandaises paraissent intéressantes. Notons qu'en 1976 et encore plus près de nous en 1991 donc, quand René Guilly alias René Désaguliers traduit ce texte, les notions qui sont ainsi exposées sont complètement nouvelles.

Tout d'abord Harry Carr fait remonter l'histoire de la maçonnerie anglaise à 600 ans, incluant donc la maçonnerie opérative, et constate qu'on ne trouve trace de cérémonies d'installation ou d'élection avant la maçonnerie spéculative de 1717, même en ce qui concerne les diacres, les surveillants ou les maîtres. Les Constitutions d'Anderson de 1723 décrivent en revanche la manière de constituer, de créer une nouvelle Loge. On y trouve également, la Cérémonie d'Installation de Wharton. Nous parlons là du Duc de Wharton, Grand Maître de la Grande Loge de Londres et de Westminster en 1722-1723. C'est la plus ancienne description d'installation du Maître d'une nouvelle Loge, et que nous apprend-elle ? Tout d'abord que c'est le Grand Maître qui fait examiner le "candidat" par son député. Ce candidat est un compagnon du métier, de bonne moralité et de grande expérience, il est placé à la gauche du Grand Maître, et après un consentement unanime des frères, la nouvelle Loge est constituée, les devoirs du maître lui sont présentés et il est installé. Hélas on ne connaît ni ces devoirs, ni la cérémonie d'installation proprement dite. Puis, tous les membres s'inclinent tour à tour pour le saluer, en gage de soumission. La première des constatations est que la maçonnerie de 1723 se fait bien en deux grades, même si l'on ne sait pas dans ce cas précis, à quel grade est ouverte la cérémonie. Les membres sont sans doute maîtres et compagnons du Métier, et aucune obligation de Maître Élu n'est retrouvée, pas plus qu'un signe, un attouchement ou un mot... Harry Carr par la plume de René Désaguliers pense que cette cérémonie ne fut pas un grand succès, ne servant vraisemblablement qu'à constituer des Loges dans laquelle le Maître Élu "prenait la Chaire en conséquence". Notons enfin que si les minutes ne décrivent pas la cérémonie, elles insistent toutefois sur les "Droits d'Honneur", à savoir le montant à régler pour avoir l'honneur d'accéder à la charge.

Ce sont Les Trois Coups Distincts de 1760 (1) , qui décrivent la première cérémonie d'Installation hors d'une cérémonie de constitution d'une nouvelle Loge. On parle là de "l'obligation des officiers d'une loge", avec en premier, celle du Maître pour la chaire. La Loge semble ouverte au 3ème grade, on ne sait rien de l'élection ni des devoirs, le texte se focalisant dit Désaguliers, sur la partie ésotérique de la cérémonie. Le futur Maître est agenouillé sur ses deux genoux au sud, et prête une obligation qui reprends les idées classiques : de ne pas révéler le mot et l'attouchement, de respecter les devoirs de sa charge, et d'½uvrer pour le bien de la maçonnerie, etc, etc... sous peine de recevoir les châtiments d'Apprenti Entré, de Compagnon du Métier et de Maître Maçon ! Il est relevé par la poignée de main de Maître, l'installateur glisse alors jusqu'au coude en lui murmurant le mot et on présume, qu'il est alors installé dans la chaire. Puis a lieu l'applaudissement du Maître, décrit comme le grand signe d'un Maitre Maçon qui se fait en levant les mains au dessus de la tête, puis en claquant le tablier et en frappant en même temps le plancher des deux pieds. Un point très important est relevé par René Guilly, il semble que les Anciens et les Modernes utilisaient le même rituel d'Installation, puisque "Les Trois Coups distincts" et "J et B" (2) présentent en 1762 la même cérémonie et surtout que John Pennel reprends la cérémonie de Wharton en pour sa rédaction du Livre des Constitutions Irlandaises, mais toutefois, en sans citer Wharton... De la même manière Lawrence Dermott installé Maître à Dublin en 1746, reprends lui aussi à quelques modifications près la même cérémonie dans sa publication de "Ahiman Rezon" en 1756.

En 1775, c'est William Preston dans son "Illustration of Freemasonry" qui montre une nouvelle évolution. Il reprend l'Installation de Wharton et y insère le premier texte complet des Devoirs du Maître, très proche de celui utilisé aujourd'hui. On remet au nouveau Maître l'insigne de son office, les lettres patentes, on lui présente le Volume de la Loi Sacrée, le livre des Constitutions, les outils et les bijoux des officiers à installer, et il est félicité selon l'usage. Dès 1801 on a des traces de cette Installation, en revanche chez William Preston on ne trouve pas de mot, pas de signe, d'attouchement ou de pénalités. Ce n'est qu'à partir de 1822 dans les minutes de la Loge l'Antiquité (3) que l'on voit apparaître une nouveauté. En fait à un moment donné de la cérémonie, les Frères Maîtres Installés se retirent, et ce point va donc conforter la notion d'Installation Ésotérique. Preston emploie souvent la notion de "salle voisine", salle dans laquelle le Maître Élu est présenté au Maître Installateur, on fait l'apologie des ses qualités et de ses mérites, le secrétaire lit les Anciens Devoirs et les règlements et le Maître Élu prête son obligation. Concrètement, il en ressort qu'on ne sait pas s'il y a ou non ouverture et fermeture de cette cérémonie, et qu'elle doit se faire en présence de trois Maîtres Installés au moins. Le nouveau Maître ressort ensuite de la salle revêtu de son insigne et il est placé dans la chaire et acclamé. Puis en procession, les membres rendent hommage, marquant leur soumission, la Loge est fermée au 3ème et au 2ème grade et l'on redescend au 1er où tous les officiers sont installés.

Léger retour dans le temps, nous sommes en 1810 avec l'Installation dans la Loge de Promulgation, s'il semble selon Harry Carr, que les Modernes avaient fortement délaissé cette cérémonie, l'inverse était de mise avec les Anciens placés sous la houlette de Lawrence Dermott. En effet cette Cérémonie d'Installation fut considérée comme l'un des "Landmarks" visant à la réunification, Landmark que Désaguliers traduit volontiers par le terme "définition". Progressivement on va constater par les minutes qui nous sont parvenues que l'enseignement des Cérémonies d'Installation va se développer, du moins en théorie, car en fait il y a peu ou pas d'éléments qui permettent de dire si elles furent réellement pratiquées...

L'évolution suivante est relevée dans le MS Turk de 1816, qui constitue la troisième Instruction de William Preston dont on connaît cinq versions manuscrites, le MS Turk est la seule version complète connue. On y constate que le Maître Élu est présenté à la Loge au 2ème grade, on lui présente toujours les Anciens Devoirs, les règlements généraux, il prend son engagement qu'il signe et scelle puis les Maîtres Maçons et les Passés maîtres se retirent dans une salle d'Installation où les travaux sont ouverts au 3ème grade, puis les Maîtres Maçons se retirent, ne reste alors que le "Conseil des Maîtres Installés". Le Maître Élu est à nouveau présenté et il reçoit le "bienfait de l'Installation", il s'agenouille sur les deux genoux, et là deux Maitres Installés joignent les mains et font une voûte au dessus de lui, tous les frères s'agenouillent. A la suite de quoi une invocation est faite au Père Tout Puissant, dont il faut noter que c'est en fait la plus ancienne version d'un rituel d'Installation contenant une prière d'ouverture, qui n'est d'ailleurs que très légèrement différente de celle d'aujourd'hui. Reprenons le cours de la cérémonie, le maître Installé, prête son obligation, il est mis dans la chaire par l'attouchement et le mot, il est salué, enfin le Conseil est fermé, plus exactement ajourné. Notons ici que les notions de travaux ouverts et ajournés ne prouvent pas l'existence d'un rituel spécifique. Les Maîtres sont réintroduits et la Loge est fermée au 3ème grade, tous retournent dans la salle de la Loge proprement dite où les travaux sont fermés eux aussi. En fait cette Installation reprend en les améliorant celle des "Three Distinct Knocks" et de "J et B". Notons aussi que s'il y a bien dans cette cérémonie un signe d'appel et un attouchement spécifique, on ne trouve pas ici chez William Preston l'histoire qui accompagne ce signe et cet attouchement. On peut penser que si Preston a formalisé cette cérémonie, elle était peut-être pratiquée mais très peu, ou très mal, ou même pas du tout...

Alors avec le temps, en 1827, le Grand Maître du personnellement intervenir afin d'uniformiser les cérémonies dans le pays, voire afin d'installer comme il se devait des Maîtres de Loges déjà en exercice. Dix frères furent nommés dont le Grand Secrétaire et le Grand Archiviste pour former une commission spéciale dite "Loge ou Conseil des Maîtres Installés" qui eut pour but de tenir régulièrement des Loges d'Instruction de Maîtres Installés, ce Conseil pouvant lui-même installer des Maîtres Élus. En 1991 lorsque René Désaguliers écrit cet article dans Renaissance Traditionnelle, il n'existe qu'un seul document concernant le travail de cette structure de maîtres Installés, il s'agit des minutes du 24 Février 1827, de cette Loge ou Conseil de Maîtres Installés qui sont retranscrites pages 24 à 26. En fait on voit par ce texte que même si les points du rituel des cérémonies aux trois grades sont connus avant cet écrit, les minutes de la Loge de Maîtres Installés en fixent le déroulement. En ce qui concerne le Conseil de Maîtres Installés, proprement dit, on retiendra aussi et surtout dans ce texte les interrogations des membres de l'assemblée, aussi bien que les points restés sans réponses tout au moins pour nous (pages 28 et 29) et qui sont sous la plume de René Désaguliers :

1. La façon de forme, déclarer ou constituer un Conseil de Maitres Installés, ainsi que l'ouverture et la fermeture des travaux.
2. Le mot du Maitre en chaire et sa forme de communication éventuelle.
3. La clause pénale de l'obligation
4. L'inspection du Temple par Salomon et le rôle d'Adonhiram
5. Le salut donné par l'assemblée aux trois grades dans la Cérémonie.

Pour répondre à ces interrogations, il faut consulter ce que René Guilly regroupe sous le terme de Documents Plus Tardifs et notamment les "Henderson Notebook" littéralement : le carnet d'Henderson, qui est un manuscrit de 350 pages. En 1832, John Henderson était Député Maître de L'Antiquity n°2, et président en 1836-37 du Bureau des Affaires Générales de la Grande Loge Unie d'Angleterre. Dans le sillage des travaux du Conseil des Maitres Installés, il décrypte entre autre, dans son carnet, la troisième instruction de William Preston d'après le MS Turk que nous avons vus.

De la même manière 1838, voit la publication du Rituel pour le 3ème grade et la Cérémonie d'Installation de Georges Claret, qui est en quelque sorte le précurseur ou le père des rituels imprimés tels que ceux que nous connaissons aujourd'hui

Reprenons donc en guise de conclusion de cette première partie ces deux apports historiques pour répondre aux cinq interrogations précédentes.

1. Les deux textes confirment qu'après l'ouverture de la Loge aux 3 grades les Maîtres Maçons se retirent et au moins trois Maîtres Installés constituent par une simple déclaration et un simple coup de maillet, le Conseil des Maîtres Installés, il n'y a donc pas de cérémonie d'ouverture pas plus que de fermeture.
2. Si le mot de Maître Installé semble omis dans les minutes de 1827, on peut tout simplement penser que c'est volontaire pour des raisons de prudence.
3. Pour le signe pénal, l'omission est-elle de même nature prudente ? En fait on peut s'accorder à penser qu'il n'existe pas avant 1827 car Henderson et Claret eux, sont les premiers à y faire carrément allusion.
4. Pour l'inspection du Temple par Salomon, il n'y a rien avant 1827 si ce n'est une référence au "signe et au salut d'un Maître ès Arts et ès Sciences". Henderson parle du signe et du salut et peu de l'histoire qui va avec, Claret lui la donne en entier, introduisant aussi la Reine de Saba.
5. Enfin, la salutation au Maître Installé par les participants, semble être une innovation récente car Claret et Henderson n'évoquent qu'ne simple salutation du Maître Installateur.

Pour comprendre l'intérêt de la mise en valeur de la pratique de ces cérémonies aujourd'hui, pour en connaître l'histoire et pour en ressentir la portée symbolique, je ne pouvais terminer ce résumé qu'en citant totidem verbis René Désaguliers, alors écoutons le :

« L'Installation est, par-dessus tout le plus haut honneur qu'une Loge puisse conférer, impliquant des devoirs et des responsabilités d'une profonde signification pour l'heureux récipiendaire et la cérémonie est toujours intéressante et belle pour autant qu'elle est conduite avec la dignité et la bienséance qui s'imposent »

# Posté le dimanche 23 novembre 2008 04:38

Modifié le dimanche 23 novembre 2008 05:03