III. Essai de commentaire sur l'Echelle Sainte ou les degrés pour monter au ciel composés par Saint-Jean Climaque, Abbé du monastère du Mont Sinaï et père de l'Eglise grecque
Diverses notions sont reprises du texte initial et développées par l'auteur Pierre Stables.
Tout d'abord, il reprend une notion très frappante chez Saint Jean Climaque et qui est :
la CONVERSION, au sens étymologique du mot, je suis donc allé gratter brièvement sur cette notion, et voici ce que j'ai trouvé. L'étymologie confère deux sens au mot conversio, le premier réfère à un changement de direction circulaire, un retournement, un retour à l'origine, à la vraie foi ; le second renvoie à une transformation complète, un changement vers le nouveau. La dualité de sens complexifie donc ce mot: la conversion consiste donc, non pas à créer un esprit parfait, mais à perfectionner l'âme existante, à l'amener à regarder dans une autre direction. La vertu dont on doit user dans ce chemin n'est autre que la PRUDENCE.
Ensuite c'est autour du symbole de la vie cachée, prônée par le Saint, que l'auteur développe le parallélisme avec le SECRET des sociétés initiatiques, à la différence que dans la sociétés initiatiques le travail s'effectue de manière discontinue, alors que le saint la recommande continue. Le SILENCE peut être commun aux deux mondes, mais la notion d'ascétisme ainsi que la pénitence sont propres au monde monastique. En fait il met en évidence le SALUT, que nous devons faire nous-même et pour nous-même. Le salut des autres ainsi que l'INSTRUCTION, nécessite d'avoir atteint un certain NIVEAU SUPERIEUR D'ELEVATION SPIRITUELLE.
Elément intéressant aussi pour ma part, le fait que l'état monastique, même sédentaire, soit comparé à un PELERINAGE, mais à un pèlerinage sans vagabondage de l'esprit. Peut-être, et c'est une notion décrite dans le paragraphe 10 de Saint-Jean Climaque, afin de ne pas crouler, par renversement, sous le poids des souffrances et des misères de ceux que l'on veut aider et secourir.
Plus surprenant est le fait que l'auteur inconnu, insiste sur le fait de ne POINT DEVOILER NOS ORIGINES DE RACE JUIVE SPIRITUELLE et primordiale, un peu comme ABRAHAM, qui a abandonné sa famille, sa langue et son peuple pour suivre Dieu. A la base des trois religions monothéistes, Abraham, représente le sacrifice personnel et le sacrifice accepté par la divinité. En fait, parenthèse toute personnelle, l'auteur développe la notion de Réparateur, que l'on trouve chez Martines de Pasqually et bien évidement manifestée par Jésus.
Les paragraphes 21 et 22 du livre, sont en rapport eux, avec le REVE, support de tentations, donc démoniaque, mais aussi intermédiaire "démono-angélique", puisque Dieu y passe par ses anges pour nous toucher. Ceci illustrant également une pensée Martinesienne de liberté de choix. De ces éléments de rêve, découle la notion cette fois d'IGNORANCE, une ignorance que je qualifierai de consciente, ignorance en regard de la puissance qui nous domine, mais dont on a comprends pleinement la réalité, tant par rapport à son existence que par sa puissance. Je cite : "Le père est inconnaissable, parce que transcendant, tandis que le Fils, le Saint-Esprit, les grâces sont connaissables".
Le véritable sens de l'ÉCHELLE DU PARADIS, est donc lié à un ravissement de l'âme dans la contemplation des choses divines, à l'interprétation mystique du sens littéral des écrits, grâce à l'humilité mais c'est aussi un type d'interprétation permettant de progresser du sens littéral, apparent ou immédiat à des niveaux symboliques de signification.
SAINT BENOIT pour sa part (ne serai-ce pas d'actualité que je dirai "papale" ?), avait lui aussi un descriptif de l'échelle sainte. On ne peut monter au ciel que par l'humilité, l'exaltation pour sa part faisant déchoir dans la géhenne.
GEHENNE : Ce mot est une légère corruption de l'hébreux Gehinnon ou vallée de Hinnom. La vallée ainsi nommée était située au sud de Jérusalem, près de la porte des Potiers. Là les Cananéens, et après eux les Hébreux, sacrifiaient des enfants à Moloch en les brûlant dans sa statue. Josias, roi de Juda, ayant renversé cet autel, voulut que l'endroit où il s'élevait devint le réceptacle des immondices de la ville : on y entretenait des feux perpétuels pour consumer les substances en putréfaction et empêcher les émanations délétères qui s'en seraient exhalées. Dès lors ce lieu reçut le nom de Topheth, qui signifie horreur, et la vallée de Géhinnon fut pour les Juifs l'emblème de l'enfer. C'est pour cela que le terme de Géhenne est souvent employé pour désigner le lieu auquel les méchants seront condamnés après leur mort.
Le monde d'en bas, le monde matériel est celui où doivent régner LA SENSIBILITE, L'INTELLIGENCE et LA VOLONTE, et dont l'absence et les diverses combinaisons ont des effets menant à cette géhenne, terrestre et limitée dans l'espace. A l'inverse, l'échelle vers le haut, mène vers l'infini, nous coupe du monde des formes. Le troisième et dernier degré atteint, est selon le saint, le sommet, car il achève la figure et le symbole de la Trinité. Pour ma part, je dirai que ces trois sentiments que sont l'intelligence, la volonté et la sensibilité qui, pervertis sur terre empêche de monter, mais qui sont le passeport pour l'élévation une fois canalisés, ne sont pas sans rappeler des notions de CHERCHANT (pour l'intelligence), PERSEVERANT (pour la volonté) et de SOUFFRANT (pour la sensibilité).
