Pour mieux comprendre la franc-maçonnerie, il n'est pas inutile d'étudier, de fouiller ce qu'il est possible de connaître du compagnonnage, ainsi que les thèses connues sur leurs liens, parenté, cousinage, filiation.
Les rares historiens du compagnonnage ont pratiquement admis, sans chercher plus, l'apparition vers le XII siècle, d'un devoir structuré (unique) correspondant à une organisation parfaite : le compagnonnage. Il connut cependant des scissions, conséquences d'évènements historiques.
Un devoir n'a jamais été la création soudaine et achevée de quelque génie médiéval mais, l'aboutissement d'une longue maturation.
Ainsi, au départ, vivace en Gaule, la société celte a elle-même 4 collèges d'oeuvriers. Ensuite, l'existence de corps de métiers est nécessaires (pour la guerre) ou pour palier aux besoins immédiats (constructions). Enfin, la vie continuant, avec ses nécessités mais aussi ces luxes fera perdurer ces techniques connues d'un minimum d'ouvriers qualifiés. Il paraît certain que des groupes d'entre eux ont été protégés, par le clergé des villes, par des couvents, par quelques puissants (clef de la maçonnerie de Charles Martel - Le - Mortellier).
Certains ouvriers demeurent statiques, d'autres deviennent plus mobiles en fonction des impératifs d'emplois.
En Provence, il devait y avoir une permanence de l'emploi de la pierre, terroir traditionnel de venue d'ouvriers tailleurs, par la vallée du Rhône.
Hors de ces îlots de la pierre, le reste du monde celto - germanique restait le royaume des bois.
La difficulté sera de réunir des Corps de Métiers existants autour de rites dans le but de créer un Devoir sur les schémas existants.
Il demeure outre, une tradition, quelque chose de triomphant chez ces enfants de Salomon, du Père indien, ainsi que des chiffres constants à savoir, de 1160 à 1344 la construction de 16.000 ouvrages religieux.
Les compagnons organisent dans le prolongement de leur rite (et rituels) ce qui nous laisse percevoir la notion d'Association de type obédientiel.
La pérégrination paraît être une constante de ces corps d'état, antérieure au devoir ;
A l'origine, les fondeurs étaient des ouvriers ambulants, les Sainctiers. Leur technique demeurera identique du VIII au XIVè siècle. Après cette date, on peut dire que le Secret technique sera perdu...
On sait que la fonte des cloches de Sainctiers exigeait 3 opérations principales dont la première en était le tracé, à l'aide d'un compas, lequel tracé était porté sur un parchemin.
En 1512 il y a interpénétration avec la maîtrise des horlogers, les fondeurs se font aider par un maître horloger, de même, qu'avec les serruriers et en 1609 avec les fondeurs de campanaires (art des carillons = 4 cloches).
Toutefois, dans l'autre devoir, les forgerons lors de la prise de tablier tailladaient celui-ci dans le bas (en l'honneur de Salomon).
N'oublions pas, non plus solidement maçonné dans la terre cuite, le moule d'argile durci au feu, et puis, de Tubalcaïn à Maître (Habif) Hiram, il demeure avant tout autre art la maîtrise de bronziers - forgerons.
L'assemblée de Strasbourg sera le point de départ et la création du Compagnonnage du Tour de France.
En 1469, les compagnons abandonneront « la signature » par les labyrinthes (symbole exclusivement opératif) pour la marque au compas (et l'équerre pour les premiers « accepté »).
Mais qu'était, en 1150, le devoir ?
La réunion de corps d'état (métiers) dont les ouvriers, outre de bénéficier des études et des connaissances techniques mises au point par les bénédictins, reçurent une règle. Trois points principaux pour la généralité d'entre eux :
- Ne travailler qu'au chantier de Dieu,
- S'engager à ne jamais verser le sang,
-La liberté de passage, avec la terrible phrase compréhensible de tous (à l'époque) : Noli me tangere : ne me touche pas, celle même dite par le Christ à Marie-Madeleine.