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La parabole du moulin à prières (de Arnold H. Schwengeler) par Paul V.

La parabole du moulin à prières (de Arnold H. Schwengeler)  par Paul V.
Renaissance Traditionnelle N°10. p 96

En Chine, Le Maître du Monastère le Moule de la Tradition « le Vénérabilissime », un vieux sage buriné comme une momie, porteur de la longue tresse traditionnelle recevait toujours le futur Empereur « Je Pense » qu'il instruisait des bonnes m½urs et des coutumes héritées du passé.
La tradition sécurisait le peuple.

Celui de notre histoire portait le numéro 5971. Il n'y avait pas de rapport avec l'ancienneté de la fonction mais plutôt avec le degré élevé de sa raideur mentale.
Par un matin brumeux Je Pense s'y rendit. L'ancien le reçut dans la pièce la plus retirée, s'adonnant à son plaisir favori, faire tourner son moulin à prières. Quant-il eût fini, il dit 5971.
avec satisfaction. Il consentit à s'intéresser à Je Pense.

Imbu de sa propre sagesse, il ne croyait que dans sa propre vérité : seul le passé comptait, tout événement appartenait au passé pour définir l'avenir.
pour tout le reste il répondait « Cas bis ». Le monastère en était la preuve immuable.

Je Pense s'imaginait que seul les fondements comptaient car l'édifice est toujours bâti sur eux. Le Vénérabilissime réitéra « Cas bis » que seul la façade importait.

Un morceau du plafond se détacha et la pièce sembla toute s'écrouler.
Le futur Empereur évita les plâtres qui tombaient, quand la poussière retomba dans la pièce, il vit Le Vénérabilissime couvert de gravas, la tresse très longue et très ancienne était une perruque. Celui-ci ahuri, faisait tourner son moulin à prières comme seul secours avec une tête vide et poussiéreuse.

Je Pense prit congé et sortit, l'air était pur et le soleil brillait.
« Souvent les perruques sont trompeuses et font oublier qu'un crâne se cache dessous.
Les façades sont trompeuses, elles font oublier que les maisons sont en ruines.
Il en est de même quand la tradition remplace l'esprit vivant par des moulins de prières.
Les prières ne préparent pas l'avenir.
Dieux n'exhausse que les prières que nous adressons nous-mêmes ».

Un moulin à prières n'est qu'une machine, aujourd'hui je pourrai mettre un magnéto numérique pour dire des prières à ma place sans le c½ur ni l'esprit.

Ce qui est voyant est loin de la réalité intérieure.
Les fondements sont invisibles.
L'ombre ou la lumière, dans la parabole le matin brumeux ou l'air pur et le soleil.
Dans cette histoire, la visite dans la pièce obscure du passé et le retour à la lumière du soleil ne laisse aucun doute sur l'opinion de l'auteur, le présent se construit sur le passé maie il n'est qu'un repère pour le futur. La coutume est issue des hommes, la tradition sécurise, le futur se construit dans la lumière des actions. Etre, penser, agir, tout est dit dans cette parabole.
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# Posté le samedi 18 février 2006 10:39
Modifié le mardi 03 juillet 2007 03:57

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