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Stanilas De Guaïta et ses amis (par Françoise des Ligneris) de Maria Isabel L.

Stanilas De Guaïta et ses amis (par Françoise des Ligneris) de Maria Isabel L.
Renaissance Traditionnelle N°10. p 99

Stanislas de Guaïta est né le 6 avril 1861 dans le château familial d'Alteville, près de Tarquimpol , dans une famille noble d'origine italienne et établie en Lorraine depuis 1800.
De l'union de François (1825-1880) et de Marie-Amélie fille du baron de Grandjean d'Alteville naquit deux fils, Antoine et Stanislas ;

Stanislas après un passage chez les jésuites à Dijon fait ses études au lycée de Nancy (1878) où il se lie d'amitié avec Maurice Barrès qui partage avec lui son goût pour la poésie. Puis, il poursuit ses études à Paris pour obtenir une licence en droit. Il fréquente alors les poètes du quartier latin, Victor Emile Michelet, Jean Moréas, Laurent Thailhade, Emile Goudeau. Il écrira son premier recueil de vers dès 1881 avec "Les oiseaux de passage" puis la « Muse noire » (1883) qui révèle son goût pour les ½uvres ténébreuses.

La même année, il fait une rencontre déterminante. Catulle Mendès lui fait découvrir le Dogme et rituel de haute magie d'Eliphas Lévi qui sera pour lui une véritable révélation. Fabre d'Olivet et le marquis Saint-Yves d'Alveydre leur ouvriront l'accès à un certain type de connaissances. Il fréquente dès lors Péladan, Eliphas Levi, Papus et les initiés de la Maçonnerie, du Martinisme et de la Rose Croix. Ses lectures concerneront la science des mages, la magie, l'alchimie et les ouvrages anciens. Il abandonnera la poésie pour s'initier au mysticisme chrétien et à l'occultisme. Rosa Mystica publiée en 1885 sont les derniers vers qu'il écrira pour se consacrer à l'occultisme.

Ainsi souvent mordu d'une impossible envie
Tournant le dos aux abîmes noirs de la vie
Que j'ai vainement explorés,
Vers l'Idéal qui fait sur moi frémir son aile,
Et ta gloire d'or, Béatrix éternelle,
Je tends deux bras désespérés !
("Les bras tendus" Rosa Mystica)

Son premier ouvrage ésotérique " Au seuil du mystère" publié en 1886 est consacré aux théories sur la lumière, les lois kabbalistiques et à la Tradition. Il constitue le premier volume des Essais des sciences maudites, ouvrage qui sera réédité deux fois en 1890 et 1894. Dans l'avant propos du premier ouvrage, il conteste les moqueries qui sont faites à l'encontre de la Haute Magie et souligne qu'elle n'est point divagation plus ou moins spirite mais s'inscrit dans la Kabbale juive. Dans la troisième édition (1894), il introduit les deux pentacles extraits de l'Amphitheatrum Sapienti½ ½tern½ solius ver½ de Henry Kunrath et des informations concernant le Martinisme et la Rose-Croix.

A cette époque, l'occultisme se développe et favorise l'apparition de charlatans, de prétendus mages. C'est d'ailleurs à la suite de certaines pratiques de l'abbé Boullan (escroqueries, mysticisme sexuel..) que Stanislas de Guaïta réunit un tribunal d'honneur pour condamner ce soi-disant mage. Il fonde ainsi en 1888 l'Ordre Kabbalistique de la Rose +Croix et devient le président du Conseil des Douze parmi lesquels on retrouve, Pélandan, Papus, Sédir, Wirth, Barlet et Michelet. Cet Ordre avait pour mission de combattre des pratiques obscures et les faux mages. Convoqué par son Evêque de Perpignan, l'abbé Boullan perdra son titre de chanoine en 1889 parce qu'il refusait de renoncer à son christianisme ésotérique.

Stanislas de Guaïta retracera l'affaire Boullan dans Le temple de Satan paru en 1891 premier volume du serpent de la Genèse dans lequel il traite de la magie noire et de l'utilisation des forces occultes.

L'amitié entre Stanislas et Péladan se dégrade à partir de 1890 pour devenir la guerre des deux Roses.
Stanislas apprend tout d'abord par ses amis l'existence du Tiers-Ordre intellectuel de la Rose Croix Catholique créé par Pélandan ; puis que ce dernier lance des mandements épiscopaux au nom de la Rose +Croix catholique aux artistes, à l'Archevêque de Paris sur les courses de taureaux et l'excommunication de l'épouse de Rothschild et enfin, qu'il signe les documents du nom de Sâr Mérodak Péladan, Légat catholique romain. En outre, ce dernier se fait nommer Grand Maître et Hiérarchique Suprême du Tiers-Ordre de la Rose +Croix du Temple et du Graal. Le Sâr Péladan n'a de cesse de faire rallier à ses thèses, qui n'ont plus rien de commun avec la Rose +Croix, les artistes. Ces provocations font réagir Stanislas et Papus qui, craignant un amalgame avec l'ordre kabbalistique de la Rose +Croix dans l'esprit du public, lui demande d'éclaircir publiquement sa position. Péladan refuse mais, cependant, un an plus tard il enverra un courrier à Papus qui paraîtra dans la revue « initiation » dans lequel il indique qu'il se consacre désormais à sa Rose +Croix catholique ».
Les déclarations entre les deux ordres se font au travers de la revue « Initiation » jusqu'au jour où le Suprême Conseil de la Rose +Croix (1893) condamne Péladan comme usurpateur

Stanislas termine la trilogie sur les sciences occultes. Après le temple de Satan, il écrit La Clé de la magie noire qui est une parodie des sorciers à travers les âges et Le problème du mal (1897) qui livre des connaissances sur la force astrale et les occultistes mais qu'il ne terminera pas puisqu'il décède à l'âge de 36 ans. C'est son secrétaire Oswald Wirth qui achèvera cet ½uvre.
# Posté le lundi 20 février 2006 13:08
Modifié le lundi 09 juillet 2007 16:33

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