Dans la poursuite de notre approche de la maçonnerie de prince Hall, il était prévu aujourd'hui de proposer un récapitulatif des documents que Renaissance Traditionnelle et la loge William Preston nous offrent à ce sujet. Mais il m'est paru plus important dans un premier temps de m'arrêter sur ce document en particulier qui me semble incontournable.
Pour ne pas altérer la dimension et la portée de ce texte il me semble plus opportun de vous citer mot à mot les passages les plus évocateurs.
Il s'agit d'un discours prononcé par Prince Hall lui-même, daté du 25 juin 1792 adressé dans sa première intention aux frères de la loge, mais que chaque maçon peut volontiers prendre à son compte.
I. En avant-propos, René Desaguliers nous dit que c'est « un remarquable témoignage de l'état d'esprit du premier maçon noir » et de ses « solides connaissances bibliques ».
Plus précisément il nous fait remarquer « l'extraordinaire élévation spirituelle de ce texte et la pureté de son esprit chrétien ». « Aucun souffle de révolte » dit-il « devant l'injustice...mais Amour et Pardon et cela au nom du Christ et de la maçonnerie ».
Toujours selon R.D., ce discours « est imprégné du plus pur esprit maçonnique » et il fait la relation avec « ces loges de prisonniers de guerre français en Angleterre ...qui recevaient » (malgré l'état de guerre) « des patentes anglaises et la visite de maçons anglais éminents ». « C'était » pour lui « le temps d'une vraie fraternité ».
« Ces lignes ne sont pas seulement un document pittoresque...mais une mise en question de notre propre état d'esprit, de notre façon de vivre, de notre conception de voir la maçonnerie ».
« Pour Prince Hall, de toute évidence, la maçonnerie c'était l'espoir. Lequel a raison et que faisons-nous dans tout cela, aujourd'hui repliés sur nous-mêmes, lassés et blasés, encore maçons, mais si peu ? ».
II. Vient ensuite le discours en question ou Prince Hall énumère les principaux devoirs d'un maçon car dit-il « il est nécessaire...que nous définissions la raison fondamentale de ce que nous faisons ».
- « la première des choses est qu'il croie en un être Suprême qui est le Grand Architecte de ce monde visible ».
- « Ensuite nous devons être de fidèles sujets des lois du pays dans lequel nous demeurons ».
- « Le point suivant est l'amour et la bienfaisance envers toute la famille humaine en tant qu'œuvre et création de Dieu, c'est pourquoi nous devrions l'aimer en totalité... En Effet, si j'aime un homme parce qu'il est l'image de Dieu, je dois tous les aimer ».
« C'est pourquoi nous assisterons tous nos semblables en détresse de quelque couleur ou pays qu'ils soient...même s'ils sont nos ennemis déclarés ».
- « un autre devoir d'un maçon est de porter une grande attention aux tenues régulières de la loge ».
« Celui qui croit que parce qu'il a été reçu et peut se dire maçon et qui en même temps néglige carrément d'assister aux tenues de sa loge, celui là peut être certain qu'il ne fera jamais un bon maçon... car si son exemple était suivi, ou en serait la loge ».
« Et aussi certains viennent en loge d'une façon telle que parfois leur absence vaudrait mieux que leur présence ».
- « Un autre devoir d'un maçon est de tendre une main secourable à un frère, ce que nous pouvons faire de bien des manières...Sauver la maison d'un frère quand elle brûle est sûrement mieux que de lui en donner une ».
Reprenant des citations d'Augustin Prince Hall dit encore : « Rien ...n'abaisse plus l'orgueil et ne combat mieux le péché que la méditation fréquente sur la mort ».
« L'âme raisonnable faite à l'image de Dieu ne peut trouver ici bas beaucoup de distractions mais pas une satisfaction entière ; ne pas être sans afflictions mais les surmonter par la bénédiction divine ».
« Seigneur, donne moi d'abord ce que tu demandes et ensuite demandes moi ce que tu veux ».
Prince Hall termine son discours par : « Ainsi vous voyez maintenant à quel Ordre noble vous appartenez...Voici l'exhortation que je vous donne : que vous vous efforciez de vivre selon ses principes qui sont tous bons, comme vous le savez ».
Ils leur recommandent d'être des modèles et d'avoir toujours présents à l'esprit leurs devoirs envers Dieu et leurs semblables.
« Si par la Grâce de Dieu nous mettons notre vie en accord avec notre foi, nous suivrons joyeusement les tracés du compas de notre vie. Car nous aurons vécu selon le fil à plomb de la droiture, l'Equerre de la justice, le niveau de la vérité et de la sincérité ».