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Stanislas de Guïata et ses amis (de Françoise Ligneris) résumé par Maria Isabel L.

Stanislas de Guïata et ses amis (de Françoise Ligneris) résumé par Maria Isabel L.
Renaissance Traditionnelle N°11 et 12 Juillet et Octobre 1972 Tome III et N°13 Janvier 1973 Tome IV

Dans le numéro 10, nous avons présenté rapidement Stanislas de Guaïta, aristrocrate d'origine lorraine, né en 1861 et qui vécut une fin de siècle mouvementée, traversée par les nouvelles idées socialistes et laïques, le combat entre tradition et modernité et la naissance des mouvements spirites.

Abordons maintenant les différents courants qui ont influencé Stanislas de Guaïta.

Stanislas de Guaïta et son ami Barrès arrive à Paris en 1882, le premier pour faire des études de droit et le second pour se lancer dans la carrière des lettres. Ils se mettent à fréquenter tous deux les cafés où se rassemblent les poètes et les artistiques afin de se faire connaître et rencontrent ainsi Victor Emile Michelet, rédacteur de la Jeune France, Jean Moréas, Emile Goudeau. Plus tard, son ami Barrès en faisant publier ses articles dans la Jeune France, rencontrera Leconte de Lisle , Anatole France et Bourget qui viendront agrandir le cercle d'amis. Rapidement Stanislas de Guaïta commence à recevoir chez lui les poètes dont Paul Adam, Victor Emile Michelet et Barrès. Ces soirées lui font découvrir des personnalités de tous horizons et avec lesquels ils se nouent d'amitié.

C'est l'époque où Stanislas réoriente ses lectures. Catulle Mendès lui fait connaître les ouvrages de Peladan (Le Vice Suprême 1884) et d'Eliphas Lévi (Dogme et rituel de haute magie) qui seront pour lui une véritable révélation. Il abandonne la poésie pour se consacrer aux sciences occultes. Lorsqu'il rencontre Saint Yves d'Alveydre, « il est ébloui plutôt qu'éclairé » dira Barlet. Stanislas de Guaïta aurait apprécié dans les ouvrages du Marquis d'Alveydre (Missions des Souverains, Missions des Ouvriers, Missions des Juifs) l'accent mis sur la tradition chrétienne face à celle d'Aristote et de Pythagore.

Deux ans après son installation à Paris, il reçoit tous les jeudis soir, avenue Trudaine, un cercle d'intimes (Papus, Saint-Yves d'Alveydre, Paul Adam, Barrès, Victor Emile Michelet, l'abbé Rocca, Péladan, Laurent Thailhade et Wirth un jeune magnétiseur) auquel participent également des pionniers de la science tels que le Dr Jolivet Castelot, futur secrétaire général de la société alchimique de France et les Drs Liébault, Bernheim, Deaunis et Liègeois pour leurs travaux sur la suggestion mentale. Le Dr Hartenberg rapporte que Stanislas avait « la conviction que le merveilleux et le surnaturel ne présentent que des modalités inexpliquées des phénomènes naturels et n'infirment en rien les grandes lois qui régissent la vie universelle ». Son ami Barrès abandonne le groupe en raison de divergences idéologiques. Celui-ci proclamé Prince de la Jeunesse au Quartier Latin, se tourne progressivement vers la politique et sera élu député de Nancy l'année suivante.

Stanislas de Guaïta désormais se consacre à la recherche et constitue une impressionnante bibliothèque rassemblant des ouvrages scientifiques contemporains, ésotériques, des manuscrits rares sur le symbolisme des enluminures et des manuscrits d'occultisme non publiés. Son premier livre « Au seuil du Mystère » lui donne une certaine notoriété dans le domaine des sciences occultes.

La société Théosophique créée par H.P.Blavatsky et le Colonel Olcott en 1875 dans laquelle son ami Papus a une position importante retient un moment son attention. Elle propose une recherche spirituelle dans la Voie orientale et diffuse des doctrines issues d'instructeurs secrets, de Mahatmas et de l'Inde. Son enthousiasme vis-à-vis de Mme Blavatsky apparaît dans son ouvrage « Au seuil du Mystère ». Mais deux ans après (1886), il s'écarte de ce mouvement reprochant à Mme Blavatsky d'utiliser la Voie orientale comme seule Voie de recherche spirituelle.

Il fonde alors un groupe de recherche ésotérique nommé « religion officielle de l'occident » composé de Papus, Albert Poisson, Paul Adam, Barlet, Sédir, Lucien Chamuel et qui font également partie du groupe martiniste et dans lequel on retrouve V.E.Michelet. Ce dernier se consacra au métier de journaliste et devint Directeur littéraire à l'Humanité Nouvelle, journal socialiste fondé par Auguste Hamon et fréquenta Villiers de l'Isle, et Barbey d'Aurevilly. Son ouvrage « les Compagnons de l'Hiérophanie » paru en 1930 nous livre de précieux renseignements sur les mouvements spiritualistes dont il fit partie ainsi que ses amis.

En 1886 après la parution « Au seuil du Mystère », Stanislas de Guaïta réunissait autour de lui les jeunes chercheurs de son époque. Ces « Compagnons de l'Hiérophanie » furent des amis et des disciples (V.E.Michelet, Papus, Barlet, Sédir, Wirth...). Bien qu'étant de classes sociales et d'origine différentes, ils partageaient cette même recherche qui les avait réuni dans un même mouvement spiritualiste, ce qui tranchait avec le positivisme scientifique de cette fin de siècle. Pour ses amis, Stanislas était leur Maître.

N'oublions pas qu'à cette époque, l'influence du christianisme baisse favorisant la constitution de mouvements spirituels divers. Nous verrons par la suite comment ces jeunes gens qui avaient pratiquement le même âge sont à l'origine de ces mouvements.
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# Posté le dimanche 08 octobre 2006 05:10
Modifié le dimanche 07 octobre 2007 12:26

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