I. Présentation de Masonry Dissected
Alors, que savons-nous de la première publication et de son auteur? Tout d'abord, la première publication a lieu le 20 octobre 1730, c'est un tel succès, qu'à nouveau il faut le republier le 23 Octobre, puis le 31 (!) et plusieurs dizaines suivront tout au long du XVIIIème siècle. Il existe une copie de cette troisième édition qui est au British Museum de Londres. C'est d'ailleurs de cet exemplaire que semblent tirées la plupart des études et notamment celle des "Early Masonic Catechisms"(2) . Et que nous dit l'introduction de cette divulgation: "La Maçonnerie Disséquée, description sincère et universelle de toutes les branches de la maçonnerie, depuis ses origines jusqu'au temps présent. Telle qu'elle est enseignée dans les Loges régulièrement formées tant à la ville qu'à la campagne, selon les divers grades". Et l'introduction de rajouter ce titre que l'on pourrait qualifier de racoleur et digne de la presse people du XXIème siècle : "l'auteur décrit fidèlement la manière d'initier les nouveaux membres, aux trois grades de la maçonnerie qui sont :
- Apprenti entré
- Compagnon du métier
- Maître.
A cela s'ajoutera justification par l'auteur.
Troisième édition (je vous rappelle au passage que les précédentes ont respectivement 8 et 11 jours...)
Par Samuel Prichard, ancien membre d'une loge constituée.
Londres : imprimé pour J. Wilford, aux trois Fleurs de Lys, derrière la maison du Chapitre, près de St Paul's.1730.
Prix : six pences
A l'inverse de la majorité des divulgations, en tout cas des précédentes, celle-ci est signée. Alors, qui est donc ce Samuel Prichard, lui qui est certainement le plus célèbre des auteurs de divulgations? Il semble que ce soit un maçon, ou tout au moins un ancien maçon, on le trouve en tant que visiteur de la Loge « Le cygne et la coupe » et membre de la Loge « La tête d'Henry VIII ». Visiblement de maçon, il est devenu ancien-maçon puis anti-maçon... En effet cette divulgation a pour but de dénoncer la Franc-Maçonnerie, en tant qu'escroquerie, et il pense ainsi la démystifier , comme d'ailleurs la plupart des divulgations qui seront faites. On peut voir aisément à la lecture du texte, que les détails ne peuvent émaner que de quelqu'un connaissant très bien la Maçonnerie de l'époque. Cette publication, en trois temps, va avoir en fait l'effet inverse, et bien au-delà de démystifier la Maçonnerie, va comme on dirait aujourd'hui, en faire la publicité. Le succès est fulgurant, au point que la Grande Loge dut prendre une décision, qui perdure encore aujourd'hui, de ne réserver désormais l'accès qu'à des Frères dont l'un des membres de la Loge pourrait se porter garant. Ce qui est sur, c'est que masonry dissected, permet de bien cerner le rituel de tel qu'il fut appliqué dès 1717 et donc de facto en France et à Paris vers 1730.
Il est intéressant de noter, comme le fait remarquer Roger Dachez(4) qu'alors qu'en Angleterre cette divulgation sera la dernière avant longtemps, à l'inverse en France elle en induira de nombreuses et non des moindres comme : "La réception mystérieuse" en 1738 et le non moins célèbre "Sceau rompu" de 1745. Il faudra toutefois attendre 1743 pour qu'une traduction Française de Masonry dissected soit à son tour publiée, sous le titre de "L'origine et la déclaration mistérieuse des Francs-Maçons"(5) .
Cette traduction française est incomplète elle est de plus erronée, alors en dehors de l'intérêt que l'historien voudra bien lui trouver, il nous faut nous tourner vers d'autres traductions (6) ...
Masonry dissected se compose de 6 parties :
- La première partie fait référence à l'Historique du métier, avec des références aux arts libéraux, à la géométrie, mais aussi à Babel, à l'Egypte ou encore au Temple de Salomon.
- La seconde pour sa part a trait au grade d'apprenti, avec, l'étude des signes, attouchements, points parfaits de l'entrée, notions de secret et les deux mots de guets, c'est-à-dire le nom des deux colonnes.
- La troisième partie elle concerne le grade de compagnon, avec les nouveaux signes, mots et attouchements du grade, l'apparition de la lettre G et les deux colonnes.
- Dans la quatrième on évoque la communication de cette lettre G au centre du temple de Jérusalem, les quatre lettres du nom de la colonne B et à nouveau on revient sur la géométrie.
- La cinquième partie est dédiée au mot du grade de maître en M.B. et fait état de la parole perdue.
- Enfin la sixième et dernière constitue la justification de l'auteur suivie de la divulgation de la liste des Loges régulières.
II. Masonry Dissected au fil de Renaissance Traditionnelle
Si l'on essaie de retrouver Masonry Dissected tout au long des 145 numéros parus à ce jour, de la revue chère à nôtre c½ur de maçon : Renaissance Traditionnelle, on voit bien, au nombre répété de ses apparitions, que cette divulgation excite depuis longtemps l'intérêt des historiens de la maçonnerie. Eh bien, amusons nous donc à retrouver la trace de l'½uvre essentielle de Prichard depuis le numéro 1 de Renaissance Traditionnelle, du mois de janvier 1970. Et précisément, c'est dès le numéro 1, que l'inventaire commence...
R.T. n°1. janvier 1970. "Notes sur le Serment maçonnique du premier grade". René Desaguliers.
« C'est à partir de 1726 que le caractère opératif des textes que nous possédons s'atténue très sensiblement et les formules du serment que contiennent le "Manuscrit Wilkinson" (1727), "le Mystère de la Franc-Maçonnerie" (1730) (7) et la "Maçonnerie disséquée" de Samuel Prichard (1730) qui sont assez proches les unes des autres, tout en gardant l'essentiel de la tradition antérieure, représentant le premier état du serment de la maçonnerie spéculative. En particulier il n'y est plus question du mot du Maçon mais "des secrets" et il ne s'y trouve plus aucune clause de caractère opératif ou rappelant les Anciens devoirs ».
R.T. n°2. Avril 1970. "Notes sur le Serment maçonnique du deuxième et du troisième grade". René Desaguliers.
«Le premier point qui apparaît avec netteté lorsque l'on étudie leur histoire, c'est que primitivement les Obligations du deuxième et du troisième grade n'existaient pas et que la Maçonnerie d'avant 1730 ne connaissait qu'une seule forme du secret que l'on faisait répéter chaque fois que cela était nécessaire. [...] Cette situation se constate toujours dans la "Maçonnerie disséquée" de Samuel Prichard (1730). En effet si l'on trouve au premier grade le serment que nous avons déjà cité (8) , on n'en lit aucune autre formule au deuxième et au troisième grades. Si l'on considère le caractère complet de cette divulgation, on peut estimer que c'est là une confirmation satisfaisante de l'inexistence de ces serments ».
Dans ce même article René Desaguliers nous précise un peu plus la façon de prêter serment telle que Masonry dissected la décrit, et ce en droite ligne des obligations des Old Charges : « [...] Alors qu'un des plus Anciens tienne le Livre afin qu'ils ou qu'il posent ou pose la main au-dessus du Livre ; alors on doit lire les Règles(9) ".
R.T. n°4. Octobre 1970. "Notes sur le Serment maçonnique : Conclusion II". René Desaguliers.
En ce qui concerne le sens du mot donné à la prestation de serment, on note qu' "[...] en Angleterre le mot obligation (10) a eu tendance à se substituer à celui de oath (11) , terme beaucoup plus fort. Mais ce n'est pas une clause de style, car le contenu du serment n'en change pas pour autant. Ainsi le "Manuscrit Wilkinson" (vers 1727) où apparaissent pour la première fois beaucoup de traits propres à la Maçonnerie spéculative dit : "The solemn obligation of a Mason". Prichard dans sa "maçonnerie disséquée" (1730) reprend le terme en l'explicitant : there I took the obligation (or oath) of a mason. [...] ce qui montre que les deux mots sont très proches. Le terme oath a continué d'être employé en Angleterre au XVIIIe siècle, simultanément avec celui d'obligation. Mais dans les rituels Emulation, par exemple, le mot oath a disparu.»
R.T. n°75-76. Juillet-octobre 1988. "1730 ou1739 ? Un "Détail" de l'histoire Maçonnique". Guy Verval.
En 1987, parut le livre de Guy Verval sur le Rite Ecossais Rectifié (12) . Roger Dachez, dans une sublime note de lecture au sujet de l'ouvrage (13) , que je vous invite à parcourir, devait relever une divergence quant à la présumée date de l'inversion des mots de reconnaissance, à savoir 1730 ou 1739. Ceci devait donner lieu à une passe d'armes d'historiens, dans le numéro suivant et au travers de deux articles, qui eu égard à la date historique, ne pouvaient occulter l'influence de Masonry dissected sur la théorie de l'inversion... Alors qu'en fut-il de cette "Affaire du détail"? Guy Verval tout d'abord nous dit que : « [...] L'année 1730 fut particulièrement fertile en événements spectaculaires, qui vit la publication de deux divulgations des secrets des Maçons ! Le 15 août 1730 parut dans le "Daily Journal" le Mystère de la franc-maçonnerie qui révélait les mots Boaz et Jachin. [...] Mais le pire devait suivre. Le 20 octobre 1730, le même "Daily Journal" publiait le pamphlet de Samuel Prichard, Masonry dissected, qui contenait la première relation de la légende d'Hiram. Et le 15 décembre de la même année, le député Grand Maître Blackerby signala un pamphlet publié par un certain Pritchard qui prétend avoir été régulièrement initié...pour empêcher les loges d'être trompées par de faux frères, ou des imposteurs, il propose... qu'aucune personne, quelle qu'elle soit, ne puisse être admise dans les loges à moins qu'un membre présent de la loge ne se porte garant de la qualité maçonnique du Frère visiteur (Gould II, p386.)»
R.T. n°75-76. Juillet-octobre 1988. "1730 ou 1739 : Une fausse énigme ?" Roger Dachez.
De cette joute émane des éléments forts instructifs pour nous : « [...] en effet, le 15 décembre 1730, le Député Grand Maître évoque nommément la divulgation récente de Prichard, beaucoup plus précise et "dangereuse" que le document précédent (NDLR : The Mystery of Free-Masonry). Il affirme notamment que le livre est "une chose dépourvue de sens, et indigne d'être prise en considération". Cependant, "afin de garantir les Loges contre tout abus par de faux frères ou par des Imposteurs : il a été proposé que jusqu'à nouvel ordre de la Grande Loge, nul ne pourra être admis dans aucune loge sans qu'un Membre de la Loge, présent à cet instant, ne se porte garant que les Frères Visiteurs sont maçons réguliers, et que le nom de ce membre soit porté en face de celui de Visiteur sur le livre de la Loge, laquelle proposition a été adoptée à l'unanimité." Voilà effectivement de sages mesures [...] (et) propres, apparemment, à assurer la sécurité des loges ! »
En ce qui concerne « [...] la distribution différente des mots des deux premiers grades [...] reprenons les points essentiels. Masonry Dissected de Prichard, publié à la fin de 1730, nous présente la première divulgation complète et détaillée d'un système à trois grades achevé. Or, si l'on examine attentivement les deux premiers grades de ce texte, on peut observer, fait ordinairement méconnu, que les deux mots J. et B. sont donnés ensemble à chacun des deux grades, quoique dans un ordre inverse. Il est clair que dans le système décrit par Prichard, il n'y a pas deux mots séparés, l'un étant attribué au premier grade, l'autre au second. On remarquera que si "le mot est Jachin" pour le Compagnon, ce mot a déjà été donné dès le premier grade. Il n'y a donc pas, ici de secret propre au Compagnon.
Un point important est dès lors d'apprécier le degré de crédibilité de la divulgation de Prichard quant aux usages de la Première Grande Loge, vers 1730. Ce problème est d'ailleurs très général, et concerne toutes les divulgations. On peut ici faire remarquer que fut publié au début de 1731 un pamphlet intitulé "A Defence of Masonry"», en réponse au texte de Prichard. Ce deuxième texte, qui s'efforce avant tout de justifier la Maçonnerie très durement attaquée par Prichard, ne conteste à aucun moment la véracité de la divulgation. Ce texte fut en outre repris dans l'édition de 1738 du "Livre des Constitutions", ce qui semble lui donner une sorte d'approbation officielle. Du reste, le procès-verbal de l'Assemblée trimestrielle de décembre 1730, tout en affirmant que le livre de Prichard est "une chose dépourvue de sens", semble prendre très au sérieux, on l'a vu, les risques qu'il fait courir aux loges. On peut donc légitimement se demander si, peu avant 1730, La Première Grande Loge attribuait bien un mot spécifique à chacun des deux premiers grades.
Un autre phénomène important est la diffusion du grade de Maître, sous l'égide de la Grande Loge, au début des années 1730. [...] (et) même si les deux premiers furent encore, pendant longtemps conférés en une seule soirée, [...] on pourrait alors supposer que le système présenté par Prichard était une sorte de transition, témoignant peut-être d'un partage en cours, encore inachevé, entre les deux premiers grades. La redondance de Jachin pu, dès lors, rapidement apparaître peu satisfaisante. L'étape suivante aurait ainsi conduit au système actuel. Cette mutation, quelles qu'en aient été les modalités réelles, se serait produite nécessairement au début ou vers le milieu de la décennie 1730. »
R.T. n°78. Avril 1989. "Mahhabone, Mac-Benach". Roy A. Wells. Traduit par René Desaguliers
Dans le cadre de l'étude du mot de Maître, bien évidemment Masonry Dissected trouve sa place, mais il ne nous semble pas hélas indiqué d'en faire trop état ici...
R.T. n°99. Juillet 1994. "Essai sur les origines du Grade de maître". Roger Dachez
« L'importance de la divulgation de Prichard n'est pas seulement de révéler pour la première fois, nous l'avons vu, un système en trois grades culminant avec le grade de Maître- The Master's part. Son originalité profonde est de proposer la première version connue et cohérente de la légende qui devait désormais constituer le c½ur de ce grade : le légende d'Hiram. » En effet on retrouve à la fin du Manuscrit Graham (1726), trois légendes, celle des fils de Noé, celle de Betsaléel et de la construction du Temple de Salomon par l'architecte Hiram. « [...] La simple lecture de ces trois récits impose une constatation immédiate : leur superposition nous donne presque intégralement, en substance, la légende d'Hiram telle que la rapporte pour la première fois Prichard en 1730. [...] il faut ajouter qu'en dehors de la question du troisième grade et de celle de la légende, une autre vient se poser à nous celle du mot en M. [...] Il reste que le premier texte à nous proposer un mot possédant un sens clairement indiqué est celui de Prichard (qui nous dit) [...] The Builder is smitten. »
R.T. n°110-111. Avril-Juillet 1997. "Naissance des hauts-grades : le grade de Maître et « les autres grades »". Roger Dachez
En guise de conclusion et de récapitulatif de ce maigre travail personnel mais qui symbolise bien le gigantesque travail fait par les auteurs de la revue, écoutons encore Roger Dachez :
« Masonry dissected,[...] occupe dans l'histoire des divulgations une place ambiguë. On lui a prêté des significations souvent contradictoires, et le rôle qu'il a joué dans l'évolution du premier système maçonnique anglais n'est toujours pas dénué de toute obscurité.
Avec Masonry dissected, on passe de divulgations presque confidentielles, intéressantes pour l'historien, mais dont nul ne peut affirmer qu'elles eurent un réel impact sur le public, à une publication qui va rencontrer une fortune sans précédent, avec au moins une trentaine d'éditions anglaises jusqu'à la fin du XVIIIè siècle, et huit autres en Ecosse. Le texte eut aussi un destin continental. Dès lors, il convient de rechercher en quoi Masonry Dissected diffère notablement de toutes les divulgations, manuscrites ou imprimées qui l'ont précédée.
En premier lieu, c'est le premier texte qui distingue clairement trois grades « séparés et distincts », comme on aura désormais coutume de le dire en Angleterre. C'est même, plus encore, le premier texte qui emploie le mot degree (grade), pour désigner ces trois étapes du Métier. Dans aucun texte antérieur une telle terminologie n'avait été employée.
S'agissant des origines du grade de Maître, l'analyse des trois catéchismes d'Apprenti-Entré, de Compagnon du Métier et de Maître, montre une sorte de redistribution d'un matériel déjà connu, avec l'adjonction d'un thème nouveau.
On peut prendre comme indice de ce procédé, la question des mots des deux premiers grades. On sait en effet qu'ils ne furent pas toujours séparés, et qu'à diverses époques de l'histoire du Métier, en Ecosse notamment, l'Apprenti-Entré recevait simultanément ces deux mots, dont l'ensemble indissociable constituait le Mot du Maçon.
Or Prichard dans son catéchisme d'Apprenti-Entré, révèle d'emblée les deux mots, selon un ancien usage. [...]
On note dès lors avec curiosité que dans le catéchisme de Compagnon du Métier- cette fois le Fellowcraft est bien nommé-, on nous apprend que pour ce grade « le mot est Jachin », ce qui, assurément, ne devait pas être une grande révélation pour le nouveau-reçu à ce deuxième grade...
Il est surtout important de noter que les C... P... du C..., attestés dès 1696 dans les textes écossais pour la réception de Compagnon du Métier, sont ici attribués au maître.
Il apparaît donc d'une part, un élément essentiel de la cérémonie écossaise du deuxième grade d'un système en deux grades (les C... P... du C...) a été transféré dans le troisième grade d'un nouveau système en trois grades, mais que le deuxième grade de ce nouveau système toujours dénommé Compagnon du Métier (Fellowcraft), se trouve ainsi essentiellement vidé de sa substance traditionnelle. Il est curieux d'observer qu'on tente de le remplir avec deux lettres J. pour le mot Jachin, lequel ne s'est cependant complètement détaché du grade d'apprenti-Entré, et G. dont on trouve ici le premier commentaire maçonnique.
Toutes ces remarques suggèrent fortement un caractère en gestation, non encore parvenu à son état de stabilité définitive, peut-être encore ouvert à diverses options. L'extraordinaire popularité de la divulgation de Prichard contribuera précisément à fixer cet état. Sans cette divulgation, imposée par les circonstances, le destin de la Maçonnerie symbolique eut peut-être été différent.
Prichard a donc réalisé une sorte de première synthèse, en fixant un système en trois grades, dont un début de pratique semble documenté à partir de 1725 environ, et en opérant pour ce faire une redistribution d'un contenu traditionnel déjà connu, mais jusque là réparti en deux grades. Cependant, l'apport essentiel de Prichard est, bien sûr, le premier exposé connu de la Légende d'Hiram qui devient alors le centre du troisième grade.
Or cette dernière innovation est absolument majeure, car c'est avec elle que prends corps le premier de tous les grades maçonniques identifiables, à être fondé sur une « légende » qui lui donne tout son sens et commande même son exécution rituelle. Les deux grades précédents –ou le grade original dédoublé- ne représentent rien de tel. En instituant autour d'une légende un grade supplémentaire, le système de Prichard décrit introduit donc bien –ou consacre-, sur le plan phénoménologique, un grade d'une nature nouvelle, quelqu'en soit le contenu. Comme tous ceux qui lui feront suite, ce grade s'éloigne de la simplicité des grades du métier, auquel il n'appartient plus, et fait d'une légende le fondement de l'enseignement maçonnique ;
Tous les grades qui le suivront, en effet, adopteront cette règle et cette structure. On peut ainsi affirmer que l'histoire des origines du grade de Maître se situe dans l'histoire des hauts-grades, et que ce grade de maître est ainsi à n'en pas douter, le premier d'entre eux.
(1): Le Manuscrit des Archives d'Edimbourg, Le Manuscrit Chetwode Crawley et le Manuscrit Kevan (1696-1714)
(2): Douglas Knoop, G. P. Jones, and Douglas Hamer, (Manchester: University of Manchester Press, 1963)
(3): « ... j'espère que cette divulgation donnera entière satisfaction et aura l'effet voulu en empêchant tant de gens crédules d'être attirés dans une société aussi pernicieuse ».
(4): « Le mystère des "Trois coups distincts" : les inconnues d'une divulgation anglaise ». Loge d'étude William Preston (LNF). 1997
(5): Texte intégral dans l'article suivant.
(6): Recherches en cours
(7): The Mystery of Free Masonry
(8): Cf. Renaissance Traditionnelle n°1 p. 10
(9): Tunc unus ex senioribus teneat Librum ; tunc Praecepta debeant legi
(10): Obligation, devoir, engagement.
(11): Serment
(12): "La spécificité du Rite Ecossais rectifié". Thuilier diffusion. Bruxelles.
(13): Notes de Lecture. Renaissance Traditionnelle n°70. Avril 1987 p156
